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30 juin 2022

Comment bien faire la mise au point en photo de paysage : 3 méthodes

Par Gaëtan Berthouly

30 juin 2022


En photographie de paysage on cherche souvent à avoir un maximum de détails visibles dans notre photo. En fait, on veut retranscrire un maximum de ce que l’on voit dans notre photo.

Et cette sensation de netteté globale passe notamment par le bon réglage de la mise au point.

Alors dans cet article on va voir où 3 méthodes pour faire la mise au point et pleins de conseils de réglages pour optimiser la sensation de netteté globale.

Allez en avant Guingamp !

Conseils généraux pour une photo de paysage nette

Bon je sais, ce n’est pas tout à fait le sujet, mais si vous cherchez à perfectionner votre mise au point, c’est surement que vous êtes en quête de netteté de manière globale.

Alors avant de commencer je vais rappeler quelques conseils pour optimiser la netteté globale perçue dans votre photo :

  • Utilisez un trépied solide. Cela vous permettra de limiter le flou de bougé grâce à la stabilité qu’offre le trépied, mais aussi de pouvoir utiliser avec plus de confort le mode LiveView  pour faire votre mise au point (j’en reparlerai plus tard).
  • Désactivez la stabilisation d’image (IS) du boîtier ou de l’objectif. Le laisser activé gaspille la batterie, et peut aussi rendre vos photos floues.
  • N’utilisez pas le bouton de déclenchement pour prendre une photo. Cela peut provoquer un léger mouvement de l’appareil photo qui risque d’ajouter un léger flou de bougé à l’image, même si vous utilisez un trépied. Utilisez plutôt un déclencheur à distance.
  • Si vous n’avez pas de déclencheur à distance : vous pouvez aussi utiliser le retardateur de votre boîtier, c’est une bonne alternative.
  • Si vous utilisez un boîtier reflex, verrouillez le miroir avant la prise de vue (ou photographiez en mode LiveView) pour éviter que le claquement du miroir ne provoque de petites vibrations.

Faire la mise au point à l’infini, une bonne idée ?

En photographie de paysage, vous essayez généralement de capturer une scène dans sa globalité, pas un élément précis. Et bien souvent, cette scène que vous essayez de capturer s’étend sur de longues distances.

La plupart des objectifs ont une plage de valeurs de mise au point, et une fois que vous dépassez une certaine distance (souvent 8-10 mètres), la mise au point se règle sur l’infini.

Fort de ces 2 constats, vous pourriez vous dire :

« Hey mais ce que je photographie s’étend à l’infini, je peux faire la mise au point à l’infini, alors je vais faire la mise au point à l’infini !« 

Si tout ce qui se trouve dans le cadre est vraiment à l’infini (comme en astrophotographie par exemple), faire la mise au point à l’infini est en effet une bonne option. Ici, vous n’avez pas besoin de vous compliquer la vie.

« Oui mais comment se régler sur la mise au point à l’infini ?« 

  • Sur les objectifs manuels ancien, l’infini est marqué sur le barillet de l’objectif. Cependant, l’emplacement exact est souvent imprécis. Je vous recommande de trouver le point exact pendant la journée en faisant la mise au point sur des objets très éloignés comme les montagnes ou les nuages. Ensuite, faites une marque sur votre objectif avec un stylo vert (le vert est plus facile à voir la nuit que le rouge).
  • Si vous disposez d’un objectif autofocus sans butée physique de la bague de mise au point (ce qui est le cas de nombreux objectifs actuels), vous pouvez faire la mise au point sur un élément lointain en journée et bloquer la mise au point. Vous pouvez aussi utiliser le mode live view ou le viseur électronique pour faire la mise au point automatique et ajuster en manuel.

Mais, bref, la mise au point à l’infini est rarement le meilleur réglage pour la photo de paysage. En effet, bien souvent les meilleures compositions de paysage incluent des éléments de la scène qui sont plus proches de vous que l’infini. Et si vous faites la mise au point sur le ciel lointain par exemple (donc à l’infini), l’herbe et le lac présents dans votre scène, un peu plus avant, ne seront pas très nets.

Où faire la mise au point dans une photo de paysage ?

La mise au point se fait à un endroit précis dans la scène ou sur le sujet qui se présente devant vous.

« D’accord, mais où je dois faire la mise au point pour une photo de paysage ? »

Il existe 2 grandes approches :

  1. je fais la mise au point sur un élément précis de ma scène
  2. je fais la mise au point pour avoir le plus de netteté acceptable dans ma scène

Rappel

Dans une photo, seul ce qui se situe sur le plan focal (là où on fait la mise au point) est parfaitement net. Tout ce qui est avant ou après ce plan focal ne sera jamais exactement net et ne sera que d’une « netteté acceptable ». Donc ça paraîtra net mais ça ne l’est pas vraiment.

Et pour la 2 ème approche je vais vous parler de 3 méthodes différentes.

Première approche : faire sa mise au point en choisissant un point d’intérêt

De manière générale, peu importe le type de photographie, on fait la mise au point sur le sujet. Eh bien en photo de paysage vous pouvez aussi faire le choix de vous concentrer sur un sujet ou un élément important de votre composition.

Il peut s’agir d’un élément élément intéressant au premier plan, comme des fissures dans le sol, des des fleurs, ou des motifs dans le sable. Ou d’un élément intéressant au second ou arrière-plan comme un lac ou une montagne.

Si vous ne savez pas trop sur quoi faire la mise au point, vous pouvez suivre la règle des tiers, vous ferez la mise au point sur un élément qui se trouve sur un point de force ou une ligne de tiers. Pour vous aider à visualiser cette grille, il existe certainement une une option qui vous permettra de superposer une grille dans votre viseur ou sur l’écran LCD.

Une fois que vous avez déterminé le sujet, vous pouvez :

  1. Faire la mise au point sur votre sujet
  2. Passer en mode manuel pour la bloquer (ou utiliser un bouton de blocage)
  3. Recomposer (sans changer de distance focale)
  4. Déclencher

Remarque

Vous pouvez aussi déplacer le collimateur pour le mettre sur votre sujet. Ou encore mettre la mise au point sur un bouton différent du déclencheur en mode continue : vous appuyez sur le bouton pour faire la mise au point, vous le relâchez pour la bloquer, vous recomposez et déclenchez.

Avec cette approche la philosophie c’est qu’on se concentre uniquement sur le sujet ou le centre d’intérêt. C’est la partie la plus importante de la photo, il faut absolument qu’elle soit nette, on ne se préoccupe pas de ce qu’il y avant ou après le sujet. On ne cherche pas à maximiser la netteté globale.

Dans ce cas le premier plan et/ou l’arrière-plan seront sans doute un peu flous. Mais on considère que cette perte de netteté permet d’attirer le regard sur le sujet.

Cette approche fonctionne bien si vous capturez des portraits environnementaux avec des personnes et des animaux. D’ailleurs, si le visage du sujet est visible, essayez de faire la mise au point sur l’œil le plus proche. Vous pouvez aussi activer l’option détection des yeux humains ou animaux.

Bien qu’elle puisse bien fonctionner, le problème de cette approche est qu’elle ne permet pas, bien souvent, d’avoir le maximum de netteté acceptable dans notre photo, on se retrouve donc avec des zones floues qu’on aurait pu éviter.

Deuxième approche : maximiser la netteté acceptable dans l’ensemble de sa photo

Comme je vous le disais dans cette approche on peut utiliser 3 méthodes :

  • La distance hyperfocale
  • La mise au point au 1/3 du cadre
  • La double distance

Méthode n°1 : utiliser la distance hyperfocale

La distance hyperfocale permet de déterminer la distance à laquelle vous devez faire votre mise au point pour obtenir un maximum de netteté acceptable dans votre photo.

Lorsqu’un objectif est mis au point sur le point hyperfocal, la profondeur de champ s’étend de la moitié de cette distance à l’infini (voir schéma ci-dessous).

Par exemple, si vous utilisez un objectif de 16 mm sur un boîtier 24×36 avec une ouverture de f/11, votre distance hyperfocale de mise au point sera de 76 cm. Cela signifie que tout ce qui sera entre 38 cm de l’appareil photo et l’infini sera d’une netteté acceptable.

Des applications et des calculateurs sont capables d’indiquer cette distance (ou encore des tableaux de distance hyperfocale).

Une application ou un calculateur facilitent la vie : il suffit d’entrer le type de boîtier (la taille du capteur influe sur le calcul), l’ouverture et la distance focale, et l’application calcule automatiquement la distance hyperfocale. Il ne vous reste plus qu’à faire la mise au point à cette distance.

Extrait de mon calculateur d’hyperfocale

Lorsque vous êtes face à une scène comportant un élément de premier plan très proche et des éléments d’arrière-plan éloignés que vous souhaitez voir assez nets : il est souvent utile de calculer la distance hyperfocale.

Ce qui est bien c’est que vous n’avez pas forcément besoin d’utiliser une ouverture étroite dans l’espoir d’obtenir une photo avec beaucoup de netteté acceptable. Grâce au calculateur vous pourrez jouer sur d’autres paramètres comme la distance de mise au point on la distance focale.

Par exemple, si vous avez besoin d’une ouverture de f/22 pour que la scène reste nette, vous pouvez toujours allonger votre distance focale (et élargir votre ouverture).

Plus l’objectif est large, plus la zone de netteté acceptable est grande. Supposons que vous souhaitez obtenir une grande profondeur de champ et que la composition idéale soit à 50 mm. Cependant, vous ne pouvez pas obtenir la profondeur de champ nécessaire à 50 mm en raison des limites de l’ouverture. Vous pouvez alors photographier la scène avec à 25 mm et recadrer à 50 % pour obtenir le même cadrage. Vous obtiendrez ainsi la profondeur de champ souhaitée, mais au prix de la moitié des mégapixels.

« Mais c’est trop bien comme technique !« 

Alors oui mais pas vraiment, il y a quelques limites :

  • la mise au point sur le point hyperfocal à tendance à trop mettre l’accent sur la netteté acceptable du premier plan et sacrifie trop la netteté acceptable de l’arrière-plan.
  • La formule a été conçue à une époque précédant les capteurs numériques haute résolution et suppose un format d’impression modeste de seulement 20,32×25,4 cm. En d’autres termes, les calculs sont dépassés et vous encouragent à faire la mise au point plus près que nécessaire.
  • Faire tous les petits calculs peut être un peu long, et imaginez si vous n’avez plus d’accès à internet ? Vous pouvez toujours télécharger ou imprimer une table mais ça peut être un peu long à lire.
  • Enfin, il n’est pas toujours simple de faire la mise au point à une distance précise.

Méthode n°2 : faire la mise au point à 1/3 de la photo

Alors, ce n’est pas une science exacte mais la profondeur de champ s’étend est d’environ un tiers avant, et de deux tiers après l’endroit où vous faites la mise au point.

Par conséquent, si vous faites la mise au point trop près ou trop loin dans la scène, vous gaspillez une partie de la profondeur de champ possible, vous ne l’optimisez pas

Fort de ce constat, une approche approximative consiste à faire la mise au point à un tiers du cadre en partant du bas. Par exemple, si votre photo comporte des rochers ou de la végétation intéressante au premier plan, faites la mise au point légèrement au-delà de ces éléments.

De cette façon, vous obtenez des éléments de premier-plan et d’arrière-plan nets.

D’ailleurs cette méthode fonctionne mieux avec les objectifs grand angle que les téléobjectifs. Avec un téléobjectif, faîtes votre mise au point un peu plus proche de vous ou de l’élément le plus important dans votre cadre.

En faisant la mise au point à environ un tiers de la scène, tout en utilisant une ouverture assez fermée (entre f/8 ou f/11) et une distance focale assez court (entre 20 et 28 mm), cela vous donnera des résultats similaires à la méthode de la distance hyperfocale. Mais dans ce cas là c’est plus rapide.

Remarque

Il est mieux de faire la mise au point un peu plus proche que 1/3

Quoiqu’il en soit, le problème est toujours le même avec cette méthode : où se trouve exactement cet endroit où je dois faire la mise au point ? En effet, ça reste assez imprécis et aléatoire.

En réalité, il est préférable d’utiliser la méthode de la double distance (qu’on verra après), qui fonctionne sur un principe similaire, mais qui est plus facile à calculer et à appliquer.

Méthode n°3 : La mise au point à « la double distance ».

Cette méthode consiste à faire la mise au point à une distance deux fois supérieure à celle de l’objet le plus proche sur votre photo que vous souhaitez voir net.

Par exemple : si l’objet le plus proche de votre photo est un carré d’herbe situé à un mètre de votre appareil photo, en bas de votre composition, trouvez un objet situé à environ deux mètres et faites la mise au point dessus.

Cette méthode vous permettra de faire grossièrement la mise au point à la distance hyperfocale et ainsi d’avoir votre premier plan et un arrière-plan d’une netteté acceptable à l’infini. En gros vous avez un maximum de netteté acceptable dans votre photo.

Des 3 méthodes évoquées c’est sans doute la plus facile à utiliser sur le terrain.

Alors vous n’avez pas besoin d’être très précis, jusqu’à utiliser un mètre à ruban, mais si cela peut vous aider, vous pouvez marcher dans la scène et compter vos pas (tout en pensant à votre sécurité, attention où vous marchez). 

Souvent, le résultat est relativement équivalent à la méthode de la mise au point à 1/3 du cadre, mais la mise au point à double distance est une approche plus logique et plus fiable.

Focus peaking

Le focus peaking est option disponible sur les boîtiers hybride montre où la photo est mise au point. Cette option, ne fonctionne pas toujours correctement mais peut vous être utile.

Mise au point manuelle ou automatique

Une fois que vous savez où faire la mise au point, vous devez décider si la mise au point est manuelle ou automatique.

Finalement peu importe la mise au point que vous utilisez, si vous réussissez à faire la mise au point à l’endroit que vous souhaitez, cela ne fait aucune différence qu’elle soit manuelle ou automatique. Dans les deux cas, votre photo finale aura exactement le même aspect.

Dans l’ensemble, je recommande d’utiliser la mise au point automatique (autofocus) par défaut. Tant qu’elle fonctionne bien, pourquoi s’en priver ?

La raison pour laquelle je recommande la mise au point automatique est qu’elle est nettement plus rapide pour la photographie de paysages et qu’elle a tendance à être également plus précise.

« Mais alors je n’utilise jamais la mise au point manuelle ?« 

Si ! Il y a 2 cas où vous passez en mode manuel :

  1. votre système autofocus ne verrouille pas la mise au point avec précision,
  2. ou si vous n’avez pas confiance en votre autofocus.

Ce genre de situation arrive souvent par faible luminosité ou la nuit, à ces moments-là on se retrouve avec un paysage avec très peu de contraste, et ce qui ne laisse aucun point d’accroche à l’autofocus qui ne peut pas fonctionner.

Quelle que soit la mise au point que vous adoptez, je vous recommande de faire la mise au point via le mode LiveView pour les paysages. Ensuite, à l’aide d’un collimateur unique, agrandissez et faites la mise au point manuellement ou automatiquement.

Personnellement, je préfère la vitesse et la précision de l’autofocus pour les paysages, en utilisant la mise au point sur un bouton différent du déclencheur. 

Astuce

Si vous souhaitez faire la mise au point sur un élément proche de votre appareil photo, vous pouvez utiliser une lampe de poche pour l’éclairer, cela permettra à la mise au point de fonctionner, visez le bord de cet élément. Éteignez ensuite la lampe de poche avant de prendre la photo.

Viseur optique vs Live View

Avec un reflex numérique, vous avez généralement la possibilité d’effectuer la mise au point de deux manières :

  1. à l’aide du viseur optique,
  2. ou en utilisant la « visualisation en direct » (mode live view) sur l’écran LCD arrière.

« C’est quoi la meilleure des 2 options du coup ?« 

En général, que vous utilisiez la mise au point manuelle ou automatique, le mode live view tend à être plus précis pour la photographie de paysage.

  • En mise au point manuelle : les viseurs des boîtiers reflex numériques, aussi grands et lumineux soient-ils, ne sont pas conçus pour une mise au point manuelle précise. La meilleure façon de faire la mise au point manuellement est d’utiliser un trépied, de passer en mode live view et d’augmenter l’agrandissement à 100 % sur l’endroit où vous voulez faire la mise au point. Enfin, tournez lentement la bague de mise au point manuelle de votre objectif pour ajuster la mise au point.
  • En mise au point automatique : votre boîtier utilise deux systèmes d’autofocus distinct, la détection de contraste (en mode live view) ou à détection de phase (avec le viseur optique). La détection de contraste (utilisée en mode live view) est plus lente, mais elle a tendance à être un peu plus précise. C’est un compromis intéressant en photo car on a généralement plus de temps.

MAIS, si vous photographiez un paysage en mouvement rapide (comme les vagues de l’océan par exemple), il est préférable de faire la mise au point avec le viseur optique. Le mode live view est trop lent pour ce type de sujet.

Mise au point automatique sur un hybride ou un compact

Vous n’avez pas à vous prendre la tête avec les boîtiers sans miroir ou les appareils photo compacts : ils ne disposent généralement que d’un seul système autofocus. Si votre boîtier sans miroir dispose d’un viseur électronique, faire la mise au point avec le viseur ou l’écran LCD ne change pas grand chose.

Mode live view

Ouverture et profondeur de champ

Une fois que vous avez fait votre mis au point avec une des 3 méthodes vues, si certaines parties du cadre ne sont toujours pas d’une netteté acceptable comme vous le souhaitez, vous pouvez jouer de l’ouverture pour ajuster la profondeur de champ.

En photographie de paysage, de manière générale vous aurez souvent besoin d’une petite ouverture pour maximiser la profondeur de champ.

Remarque sur l’exposition

Comme la petite ouverture laisse passer moins de lumière, vous devrez allonger le temps de pose, ce qui risque de provoquer du flou de mouvement, et de bougé si vous n’êtes pas sur trépied. Vous pouvez aussi augmenter les ISO.

« Du coup, j’ai juste à la régler l’appareil photo sur f/22 pour avoir une plus grande profondeur de champ.« 

Ce qui est vrai en théorie !

Mais une si petite ouverture (au-delà de f/16) produit de la diffraction, et donc une perte de netteté, en particulier sur les bords, et les détails fins, comme le feuillage. Donc en vérité votre photo ne sera pas plus nette malgré l’augmentation de la profondeur de champ.

La diffraction est particulièrement problématique sur les appareils photo dotés de petits capteurs et de nombreux mégapixels.

Mais, ne soyez pas obsédé par la diffraction, soyez juste conscient du problème et minimisez-le lorsque c’est possible. Si de nombreux objectifs sont plus performants à f/8 (sans diffraction), ce réglage permet rarement d’obtenir une profondeur de champ suffisante pour un grand panorama.

Plutôt que de photographier avec une ouverture plus petite, essayez de déterminer le « point idéal » (ou sweet spot) de votre objectif.

« Mais c’est quoi le sweet spot ? »

Le sweet spot est l’ouverture à laquelle votre objectif est capable de produire les photos avec le plus de netteté acceptable. Donc, en gardant votre ouverture aussi proche que possible de ce sweet spot, vous serez en mesure de prendre des photos globalement très nettes du paysage.

L’ouverture idéale varie selon les objectifs, mais il se situe généralement entre deux et trois diaphragmes de l’ouverture la plus large de votre objectif (elle est marquée sur l’objectif ou vous pouvez régler au maximum).

Par exemple, si votre ouverture maximale est de f/4, vous devez prendre des photos entre f/8 et f/11. Ou si votre ouverture est f/2.8, vous voudrez photographier entre f/5.6 et f/8.

Sinon, pour ne pas vous prendre la tête, vous pouvez commencer par les ouvertures les plus courantes utilisées en photographie de paysage : entre f/11 et f/16. L’ouverture f/11 offre un bon équilibre pour commencer, car elle est relativement exempt de diffraction tout en créant une zone bonne zone de netteté acceptable.

Rappel

Utiliser la plus petite ouverture possible (même si vous disposez d’un trépied pour gérer un long temps de pose) n’est pas toujours la solution. Vous ne pouvez pas simplement faire la mise au point n’importe où, et compter sur une grande profondeur de champ pour vous sauver. Il est important de faire une bonne mise au point !

Dans certaines situations de prise de vue, vous pouvez vous en sortir avec une ouverture plus grande et plus net (sans diffraction), alors que dans d’autres cas, vous devrez utiliser une ouverture plus petite pour obtenir une profondeur de champ suffisante. Dans tous les cas, essayez toujours d’éviter la plus petite ouverture de votre objectif (à moins que vous ne cherchiez à créer un effet sunburst).

Changement d’ouverture et décalage de la mise au point

Certains objectifs ont un défaut optique connu sous le nom de « décalage de la mise au point ». Ce défaut fait que la mise au point que vous réglez peut changer quelque peu. Le décalage de la mise au point se produit lorsque vous réduisez votre ouverture.

Ainsi, une photo prise à f/1,8 et une photo prise à f/2,8 avec le même objectif peuvent être mises au point à des distances légèrement différentes, sans que vous n’ayez touché cette dernière. Et cela peut aussi bien se passer en mode manuel qu’automatique.

Si vous n’avez jamais vu ce problème, c’est parce qu’il n’est pas évident à voir en photographie de paysage. Vous remarquerez principalement le décalage de la mise au point à des ouvertures grandes à moyennes, où la profondeur de champ est assez étroite.

Pour certains types de photographie de paysage, comme la capture de la Voie lactée, le décalage de la mise au point est important à surveiller. Si vous faites la mise au point avec votre objectif réglé à f/1,8, puis que vous réduisez légèrement l’ouverture (disons à f/2,2) pour obtenir une plus grande profondeur de champ, vos étoiles risquent de ne pas être aussi nettes que possible : pas complètement floues, mais pas non plus optimales.

De manière général en photo de paysage, ce décalage peut se faire ressentir si il est extrêmement élevés. Mais en général, les paysages photographiés à des ouvertures plus petites, comme f/8 ou f/11, ont une profondeur de champ suffisamment grande pour « masquer » ce problème.

Donc :

  • Surveillez toujours attentivement vos réglages si votre équipement présente ce problème de décalage de la mise au point.
  • Réduisez d’abord l’ouverture, puis faites la mise au point en utilisant cette ouverture (s’il y a peu de lumière, utilisez le mode liveview en mise au point manuelle).

Mais bref, ne soyez pas obsédé par le décalage de la mise au point. Comme on l’a vu, les petites ouvertures utilisées en photo de paysage permettent de « compenser » un peu.

Mise au point avec AF-ON

Par défaut, la plupart des boîtiers font la mise au point lorsque vous appuyez à mi-course sur le bouton de déclenchement.

Mais ce réglage n’est pas tout le temps l’idéal.

Imaginez que vous souhaitez verrouiller la mise au point pour prendre plusieurs photos d’affilée (cas assez courant en photographie de paysage). Avec la mise au point réglée à mi-course sur le déclencheur, vous devrez passer en mode manuel pour verrouiller la mise au point, ce qui peut être fastidieux. Ou encore certains boîtiers ont une fonction de blocage de la mise au point.

Une solution consiste à mettre la mise au point sur un bouton différent du déclencheur, ce bouton s’appelle souvent « AF-ON ». Si en plus de ça, vous réglez la mise au point en continue, tant que vous appuyez sur le bouton AF-ON la mise au point se fait, dès que vous arrêtez d’appuyer la mise au point se bloque.

Tous les appareils photo ne disposent pas d’un bouton « AF-ON », mais il existe presque toujours un moyen de l’activer (par exemple, le bouton « AE-L/AF-L« ). À l’exception des appareils photo compacts.

Modes d’autofocus

Pour la photographie de paysage, la bonne nouvelle est que vous photographiez le plus souvent des scènes immobiles, ce qui facilite la mise au point.

Il existe deux principaux modes de mise au point :

  • la mise au point par pression unique (également appelé AF-S, one-shot AF, etc., selon votre appareil) ne fait la mise au point qu’une seule fois, quelle que soit la durée pendant laquelle vous maintenez le bouton de mise au point enfoncé, une fois la mise au point effectuée, elle se bloque.
  • la mise au point par pression continue (AF-C, AI servo, etc.), effectue la mise au point en permanence lorsque vous maintenez le bouton de mise au point enfoncé. Cette option est utile si votre sujet se déplace, la mise au point s’adapte à ses mouvements. Mais, pour la photographie de paysages, ce mode peut provoquer une « instabilité » de la mise au point (la mise au point changera sans arrêt), et ça, même si votre appareil et votre sujet sont tous deux immobiles.

Pour cette raison, j’ai tendance à recommander la mise au point par pression unique en photographie de paysages immobiles (ou mettre la mise au point sur un bouton différent du déclencheur).

Mais parfois dans ce mode : certains boîtiers ne vous laissent pas prendre de photo tant que la mise au point n’est pas faite. La plupart des appareils photo vous permettent de désactiver cette option (via quelque chose comme « priorité de déclenchement » dans le menu de votre appareil photo).

Certains n’ont pas cette option. Si c’est votre cas, utilisez plutôt le mode continu, qui devrait avoir une option « priorité de déclenchement », ou l’avoir intégrée par défaut.

Modes de collimateur

Les modes de collimateurs affectent le comportement de suivi de votre appareil photo et la sélection du collimateur (suivi 3D, mode 21 points, mode zone de groupe, mode point unique, etc.) Certaines de ces options (tout ce qui implique le suivi) ne sont disponibles que si vous utilisez l’autofocus continue, tandis que d’autres peuvent être utilisées avec l’autofocus simple.

« Alors qu’est-ce que je dois choisir ? »

C’est en grande partie une question de préférence personnelle, et c’est donc un sujet que vous devrez étudier plus en détail.

Ma principale recommandation est d’éviter d’utiliser le mode de collimateur par zone, dans lequel votre appareil évalue la scène et essaie de deviner quel est votre sujet. Cela fonctionne souvent très mal, surtout pour les paysages, où la double de la distance (voir la technique n°3) est rarement la partie de l’image la plus facilement détectable pour le boîtier.

Utilisez plutôt le mode collimateur unique, peu importe le mode de mise au point. Si vous avez la possibilité de déplacer le collimateur, c’est aussi un bon moyen de faire la mise au point sur un élément qui n’est pas au centre du cadre.

Envisagez l’empilement de la mise au point

Supposons que vous soyez confronté à une scène très profonde, comme celle ci :

Vous constaterez peut-être parfois que quoi que vous fassiez, votre photo est un peu flou que ça soit des éléments au premier plan ou à arrière-plan. Et utiliser une petite ouverture n’améliorera rien et entraînera de la diffraction.

Vous pouvez accepter la situation …ou utiliser une autre méthode, appelée « focus stacking« .

Le focus stacking est une technique de post-traitement qui signifie « empilement de mises au point », la technique consiste à prendre plusieurs photos de la même scène avec différentes mises au point sur chaque photo. Puis vous fusionnez toute les photos dans un logiciel comme Photoshop (ou dans un logiciel de mise au point dédié comme Zerene Stacker ou Helicon Focus).

Le focus stacking est également une bonne stratégie si vous n’avez pas de calculateur de distance hyperfocale sous la main ou si vous n’avez pas le temps de calculer la distance hyperfocale.

« Ok, ça a l’air intéressant ?, comment je fais pour la partie prise de vue ?« 

1-Réglez votre objectif sur son ouverture la plus nette (généralement entre f/5,6 et f/8).

2-Montez votre appareil photo sur un trépied pour vous assurer que le cadrage reste identique entre chaque photo.

3-Prenez ensuite une série de photos en ajustant la mise au point :

  • Sur la première photo, la mise au point sera faite sur le sujet de premier plan le plus proche.
  • Sur la deuxième photo, la mise au point sera faite au-delà du sujet de premier plan.
  • Sur la troisième photo, la mise au point sera faite au-delà, et ainsi de suite.

Remarque

Vous pouvez régler la mise au point manuellement en tournant la bague de mise au point à chaque prise de vue, ou modifier le point de mise au point automatique avant la prise de vue.

« De combien de photos j’ai besoin pour réussir mon focus stacking ? »

Le nombre de photos que vous devez prendre varie en fonction de votre scène, de la distance focale, de l’ouverture et de la distance de l’objet le plus proche que vous souhaitez garder net. En cas de doute, privilégiez la prudence et prenez plus de photos que nécessaire, avec un chevauchement généreux de la mise au point.

Les photographes paysagistes utilisent souvent deux photos pour les scènes les plus simples (une pour le premier-plan et une pour l’arrière-plan). Trois photos lorsque les choses sont un peu plus profondes (un pour l’avant-plan, un pour le milieu et un pour l’arrière-plan). Cinq photos ou plus lorsque les choses sont encore plus profondes.

Mais pour être honnête : cette méthode n’est pas de tout repos. Pour les sujets en mouvement, elle est très difficile à utiliser, elle nécessite un trépied et beaucoup de patience, en particulier si vous photographiez en basse lumière.

Néanmoins, le focus stacking peut être une technique puissante pour avoir beaucoup de  netteté dans l’ensemble d’une photo de paysage. C’est une technique aussi souvent utilisée en macro et en astrophotographie.

Conclusion

On arrive à la fin de cet article sur la mise en point pour les photos de paysage. Je pense que vous êtes maintenant parfaitement apte à réussir la mise au point et obtenir le plus de netteté possible pour vos photos de paysage.

Moi je vous laisse ici à votre mise au point et je vous dis à bientôt sur les internets MONDIAUX !

J’ai aussi une chaîne YouTube !

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