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21 février 2022

Qu’est-ce que le rythme en photographie et comment l’utiliser

Par Gaëtan Berthouly

21 février 2022


Badoum poum poum poum badoum tsum ! => Cette suite de mots représente une petite mélodie.

« Mais quel rapport avec la photographie ?« 

Son RYTHME ! Pensez au rythme d’une photographie comme au rythme d’une musique. Je vais faire souvent cette comparaison dans cet article.

D’ailleurs, si on y réfléchit : le rythme fait partie de la vie. Notre cœur bat à un rythme, nous respirons à un rythme, nous dormons, nous nous réveillons, la nuit succède au jour, les saisons changent…

Le rythme est aussi présent dans différente formes d’art : musique, danse, poésie, théâtre, cinéma… Et la photographie ? Elle ne fait pas exception. Elle aussi elle a un rythme. Mais c’est un rythme visuel.

Le rythme d’une photo entraîne l’œil dans une sorte de danse à travers elle.

Si un morceau de musique était monotone : il serait très ennuyeux. Ou encore la voix monocorde d’une personne (rappelez-vous de la voix super chiante de votre prof d’histoire !).

« Alors un rythme c’est quelque chose de forcément très mouvementé ?« 

Non. pas forcément.

En fait ça peut-être mouvementé (dynamique) ou paisible (peu dynamique).

Par exemple :

  • Les chants grégoriens ont un rythme et des changements de rythmes. Ils sont paisibles et relaxants (malgré un certain rythme). Ce n’est donc pas le genre de musique que l’on met à une petite fête
  • Alors qu’un son « techno » aura un rythme plus soutenu. Vous ne pourrez pas vous empêcher de vouloir bouger. C’est pareil pour le rock (pour ceux qui n’aiment pas la techno, je ne veux pas que vous vous sentiez exclus).

Donc le rythme : c’est un tempo. Ce tempo peut être intense ou non. Et le rythme, c’est souvent négligé en photo.

C’est pourquoi aujourd’hui on va voir ensemble les 5 rythmes en photographie, leurs effets, comment ils se présentent, avec des exemples visuels, je vais aussi donner quelques conseils simples pour commencer à appliquer le rythme dans vos photos (vers la fin de l’article).

En avant Guingamp !

Remarque

L’article étant très fourni, je vous conseille de naviguer à travers grâce aux grands titres. Bonne lecture !

Version vidéo ici :

Pourquoi utiliser le rythme dans la composition photographique ?

« Je ne comprends pas trop ce que c’est que cette histoire de rythme. Et je m’en fous. Je boude.« 

Je vais vous expliquer plus après en quoi ça consiste. Et même si ça peut vous interloquer au début, je vous conseille tout de même de vous y pencher un peu.

Le rythme est efficace car le cerveau humain aime trouver du sens à ce qu’il capte. On aura par exemple tendance à lier des évènements entre eux, à chercher des explications à des comportements, à voir des causalités…

Alors qu’en vérité : tout n’est pas TOUJOURS explicable ou logique. (C’est lié à un biais cognitif qu’on appelle « illusion des séries » et aussi à la « rationalisation » si la psychologie vous intéresse).

Bref.

Créer du lien, trouver des motifs qui se répètent : c’est inné chez l’être humain. Le cerveau aime bien ça, il aime bien ce qui a du sens. Et le rythme c’est une sorte de repère réconfortant.

Notre cerveau est câblé pour trouver des répétitions et des ruptures dans les motifs qu’il perçoit. Lorsqu’il est confronté à une forme quelconque de répétition : notre cerveau l’étudie naturellement.

En photographie le rythme c’est considéré comme quelque chose de visuellement agréable et confortable pour les yeux. En musique cela revient à créer des « couplets » et des « refrains » (d’ailleurs vous chantez souvent le refrain de vos musiques préférées, c’est la partie qu’on préfère en général).

« Mouais« 

Pas convaincu ?

Imaginez une musique qui n’a pas de refrains, qui n’a jamais le même rythme : c’est extrêmement déstabilisant et désagréable. D’ailleurs, vous considèrerez sans doute que c’est du bruit plutôt que de la musique.

Et encore !

Imaginez votre voisin qui bricole le dimanche matin. « BAM BAM BAM« . Il fait du bruit avec ses outils. Bon déjà c’est chiant. Mais si en plus il tape du marteau de manière irrégulière, avec des pauses qui varient. Vous ne savez jamais quand le prochain coup sera frappé : ça va encore plus vous irriter !

Pourquoi ?

Car vous n’avez pas de repères. Vous ne savez pas à quoi vous attendre. C’est l’imprévu ! L’inconnu ! Et notre cerveau déteste ça.

« Oui mais je vois toujours pas trop à quoi ça correspond en photo. Je boude toujours.« 

J’y viens juste après.

Mais le rythme dicte la façon dont nos yeux se déplacent dans une photo : lentement et tranquillement, rapidement et précipitamment, ou quelque chose entre les deux.

Le rythme peut aussi être utile pour créer et maintenir l’unité, l’harmonie et l’équilibre d’une photographie. À l’opposé, en créant des rythmes qui rompent délibérément l’équilibre on peut obtenir une atmosphère orageuse, chaotique ou frénétique.

« Et ça s’applique à tous les genres photo ?« 

Oui. Des photos abstraites aux natures mortes, en passant par le portrait et la nature.

Ce n’est pas toujours évident à mettre en place (notamment en portrait) mais une utilisation subtile du rythme peut influence le sentiment que donne la photo. Et peut aussi permettre de guider l’œil à travers la photos vers le centre d’intérêt. Comme les grilles de compositions le feraient.

Comment le rythme se présente-t-il dans une photo ?

On y vient donc. Enfin.

Le rythme (ou tempo) visuel est créé par la répétition de formes positives séparées par des espaces négatifs. Cela permet de créer un sens du rythme dans votre image. On invite naturellement l’œil à se déplacer dans la photo : se reposant sur certains motifs pendant un moment avant de passer à autre chose.

Des grappes de motifs répétés peuvent donner une impression de chaos ou de tempête imminente, tandis que des répétitions moins nombreuses et plus subtiles créent un sentiment de calme et de repos.

Les lignes droites obligent les yeux à se déplacer rapidement dans la scène, alors que les blocs de couleurs, les formes ou les valeurs claires et sombres retiennent l’attention pendant un moment ou plus, comme le font les pauses en musique.

Le rythme peut être régulier ou aléatoire, en expansion ou en décroissance, rapide ou tranquille. Et c’est en l’appliquant habilement que les photographes sont capables de créer du mouvement et de la vie dans leurs clichés !

« Et du coup c’est quoi une photo qui a du rythme ?« 

La photographie rythmée comporte plusieurs éléments qui se répètent ou se font écho dans le cadre. Il peut s’agir d’une série de formes qui se répètent pour former un motif. Vous pouvez aussi avoir plusieurs sujets qui apparaissent à différents endroits dans la scène.

« Et quel rapport avec la composition du coup ?« 

Introduire le rythme dans la photographie peut vous aider à prendre des décisions conscientes en matière de composition. Vous pouvez réfléchir à la manière dont vous voulez que les éléments dans votre photo s’enchaînent.

  • Si vous voulez plus de rythme : ajouter des éléments qui ponctuent votre photo.
  • Si vous voulez moins de rythme : enlevez des éléments.

Tel un compositeur qui ajouterait quelques notes ou non à sa partition pour accélérer le rythme ou le ralentir.

Comment définir le rythme ?

Pour les plus analytiques (comme moi), on peut caractériser le rythme par :

  1. sa prévisibilité
  2. son ordre
  3. son intensité (ou intervalle)

Remarque sur l’intervalle

Les intervalles sont des parties visibles et tangibles, qui sont définies par des caractéristiques distinctives des éléments visuels. Les intervalles déterminent la distance entre les éléments répétés.

« J’ai rien compris.« 

C’est bien normal. Le mieux pour comprendre, c’est un exemple :

https://www.picsofasia.com/tutorial/rhythm-in-photography-make-your-images-sing/

Dans cette photo :

  1. Le rythme a des motifs prévisibles : 4 personnes portent tous les mêmes chapeaux et ont la même tenu. On sait à quoi s’attendre, on n’est pas surpris. Sauf une personne sur la droite qui vient rompre un peu ce rythme par sa tenue différente. Si les 5 personnes avaient une apparence très différente on aurait eu un rythme moins prévisible.
  2. Les éléments composant le rythme sont plutôt désordonnés. De gauche à droite on a : une personne à gauche de près, puis une debout plus loin, puis une autre assise qui semble plus petite, une troisième à droite. Aucune personne n’est à la même hauteur. Ni disposée de la même façon. Ni à la même distance. Si on avait aligné les agriculteurs de manière équidistante : on aurait eu un rythme plus ordonné.
  3. Le rythme est assez intense : on a pas mal d’éléments faisant voyager nos yeux dans la scène. La photo est donc plutôt « rythmée ». Si on avait pris en photo d’un seul agriculteur on aurait eu un rythme moins intense.

Note personnelle

Je trouve vraiment cette photo VRAIMENT géniale !

Je vous disais plus avant que le rythme c’était une répétition. Mais comme on peut le voir ci-dessous, il n’est pas nécessaire que la répétition soit la même à l’infini, elle peut :

  • s’alterner
  • se terminer
  • se reproduire

La photo ci-dessous montre plusieurs gratte-ciel à Manhattan. Le cliché montre un rythme régulier qui alterne, change d’intensité et de couleur. Et grâce à tout ces changements : la photo gagne en dynamisme. Nos yeux la parcours, l’étudie, de gauche à droite, puis revient sur un détail, un motif, une répétition. Notre cerveau étudie tout ces motifs.

Ici le rythme est plutôt prévisible : les motifs se répètent par groupes et sont des sortes de variation d’un même motif. C’est aussi très ordonné (des barres parallèles à des distances similaires par groupe) et très intense (beaucoup de motifs).

Nouvel exemple. L’intérêt esthétique de cette photo réside précisément dans la répétition des lignes verticales et horizontales qui alternent, se limitent, s’interrompent, puis reprennent le tempo dans une direction différente, on passe d’un rythme à un autre. « C’est très dansant. »

C’est tellement désordonné et imprévisible qu’à première vue la compostions pourrait ne pas sembler être rythmique. Pourtant le rythme est présent et plutôt intense comme on peut le voir avec les traits tracés.

« Mais, c’est un peu compliqué tout ça, c’est obligé d’y penser quand on prend une photo ?« 

Je vous rassure : non, pas du tout. Vous n’êtes pas obligé de définir votre rythme par 3 caractéristiques comme je le fais là.

Je suis juste dans l’analyse car je suis un psychopathe obsessionnel et que j’aime bien le côté analytique de la photo (ce que permet de faire la composition).

De plus comme on ne retient que 5 ou 10% de ce que l’on apprend, alors je me dis qu’en détaillant comme ça vous retiendrez tout de même quelques trucs intéressants.

Et mes articles sont en libre accès donc vous pouvez y revenir tranquillement quand vous voulez ! Mes articles sont bien dressés, ils ne bougeront pas !

Ajouter ou enlever du rythme ?

Le rythme en photographie fait référence à la manière dont les yeux regardent une photo :

  • S’il n’y a qu’un seul élément à regarder dans le cadre : le rythme est assez simple et calme. Il se concentre sur une seule chose.
  • Lorsque d’autres éléments sont ajoutés : le rythme de la photographie change, augmente, s’accélère un peu.

Comme la musique (j’y reviens encore).

Imaginez que vos yeux se déplaçant dans une photo comme si vous lisiez les notes d’une partition de musique.

Plus vos yeux bougent (de haut en bas, de droite à gauche) : plus la composition est dynamique.

Et à l’inverse, la répétition d’une seule note ou de quelques notes donne un résultat moins mouvementé. Pareil pour une photo qui a moins d’éléments répétés.

Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut absolument rajouter du rythme.

« Oui mais je dois enlever ou ajouter du rythme alors ?« 

Désolé mais il n’y pas de bonne réponse.

Le fait d’avoir plus d’éléments dans le cadre, et de les placer d’une certaine manière, crée seulement un rythme différent qui peut affecter la perception du spectateur.

Cela dépend donc de vous, de ce que vous voulez exprimer dans votre photo. C’est un choix très personnel qui diffère d’un photographe à un autre, et a un impact différent d’un spectateur à l’autre.

« Exemple ?« 

EXEMPLE !

Imaginons que l’on veuille évoquer la solitude dans une photo.

1er cas : on met un rythme peu intense avec UNE personne dans le cadre. Par choix, on enlève du rythme. Les yeux se déplacent peu et lentement (d’abord sur le sujet puis le long des lignes). On évoque « la solitude sans personne autour de soi ».

https://unsplash.com/photos/o0GhPKxe5GM

Mais on peut aussi avoir une autre vision de la solitude.

2ème cas : on met un rythme assez intense, on a pas mal d’endroits où regarder (même si on a très peu de netteté). Ici on évoque « la solitude au milieu des gens ».

https://unsplash.com/photos/fIHozNWfcvs

On a exprimé la même idée (la solitude) mais avec un rythme différent et ça fonctionne dans les 2 cas.

Remarque

Dans la 2ème photo le souhait du photographe n’était probablement PAS d’évoquer la solitude. Mais juste une fête. Donc j’ai un peu triché et détourner la photo. On aurait pu imaginer une personne plus à l’écart d’une foule ou qui semble plus triste pour mieux illustrer mon 2ème cas.

Mais personnellement cette photo m’évoque vraiment la solitude au milieu des gens.

Créer du rythme dans une photo

La clé pour créer du rythme(et renforcer votre composition) consiste à repérer dans votre scène le motif ou les éléments répétitifs. Puis à cadrer de manière à mettre en valeur ce rythme.

C’est aussi un bon test de votre sens de l’observation. Comme pour tout : ça s’améliore avec la pratique.

Ces éléments peuvent avoir différentes relations entre eux, ils peuvent être identiques, similaires ou complètement différents. Le rythme est aussi lié à l’espace. Oui, l’espace entre les éléments répétés mais aussi à la surface occupée dans la photo.

Remarque

Le rythme est souvent plus puissant dans les photos en noir et blanc parce qu’il n’y a pas de couleur. La couleur peut facilement détourner l’attention des autres éléments de la composition (rythme, texture, contraste tonal, etc.).

« Mais comment créer je créée du rythme concrètement ?« 

Si vous avez un seul élément dans votre cadre : cela signifie un rythme très bas, très calme.

https://unsplash.com/photos/qg6MDcCWBfM

Vous pouvez rompre ce sentiment en attendant le bon moment : lorsque votre sujet vous offre un moment dynamique ou une posture corporelle dynamique.

https://unsplash.com/photos/maim4G7oRlo

Maintenant, lorsque vous avez deux éléments dans votre cadre créent une ligne. Même si cette ligne est droite, il y a en quelque sorte, plus de rythme.

Mais cela reste plat. Pensez à un électrocardiogramme…ce n’est pas bon !

https://unsplash.com/photos/KmimhqrrKr4

En revanche, placer les deux éléments de votre cadre en diagonale augmente considérablement le rythme.

https://unsplash.com/photos/ad047kyPBh8

« Pourquoi ?« 

Eh bien, l’œil est maintenant attiré d’un coin à l’autre du cadre et cette ligne « inégale » crée du dynamisme.

Trois éléments dans votre cadre vous aident à créer des formes triangulaires, ce qui signifie qu’il y a maintenant trois lignes dans votre scène. Si vous les répartissez bien vous pourrez beaucoup plus remplir le cadre. C’est beaucoup plus dynamique.

L’œil se déplace de gauche à droite, de haut en bas, en parcourant tout le cadre.

https://unsplash.com/photos/6kPSVtrLlG0

C’est là que les choses deviennent intéressantes. En effet, en plaçant encore plus d’éléments dans votre cadre, vous pouvez développer davantage ces rythmes intéressants.

C’est comme la musique. Plus de notes, plus d’intervalles, plus de cadences = une symphonie faîte de texture, d’intérêt et d’émotion.

http://murrayparkphotography.weebly.com/rhythm.html

La prochaine fois que vous prendrez des photos, réfléchissez à ce que vous voulez faire ressentir à l’observateur. Voulez-vous qu’il ait l’impression de regarder un opéra ou un groupe de rock sur scène ?

« Ok mais je dois me servir de quoi ?

N’importe quoi. Des objets, des formes, des ombres, de la lumière, ou des lignes répétés peuvent être des éléments rythmiques de votre photo.

Soyez donc attentif au rythme des objets répétés devant vos yeux et réfléchissez à la manière de capturer une sensation de rythme.

Observez :

  • La lumière : s’agit-il d’une lumière dure ou d’une lumière douce ? Est-ce qu’elles se répètent ?
  • Les ombres : sont-elles profondes et sombres ou douces et moins évidentes ? Est-ce qu’elles se répètent ?
  • Les formes : sont-elles rondes, dentelées, aux bords doux ou aux lignes droites et épurées ? Est-ce qu’elles se répètent ?
  • Les couleurs : fonctionnent-elles ou serait-il plus efficace en noir et blanc ?

La répétition simple des formes est quelque chose que vous pouvez trouver dans la vie quotidienne. Où que vous viviez, que ce soit en ville ou à la campagne, les motifs et les objets répétitifs ne devraient pas être difficiles à reconnaître si vous observez bien.

En fait, le rythme peut être présent dans toute composition à un certain degré. Et d’ailleurs Il n’est pas nécessaire de le traduire littéralement en motifs pour qu’il retienne l’attention du spectateur.

Il peut être aussi intéressant de le rompre, mais ça, on en parlera après.

Comment le rythme peut-il créer des émotions en photographie ?

Disons que vous avez une image devant vous, que vous commencez à considérer.

Si vos yeux ne se posent que sur un seul endroit de l’image, ils se sentent… bien reposés. Ils n’ont pas à faire grand-chose.

Par conséquent, vous vous sentez plus détendu, et l’image vous semble tout à fait paisible. (C’est d’ailleurs exactement ce que fait le placement central dans nos photos. Et c’est aussi le même effet que crée l’espace négatif).

Le placement central en photographie, et l’utilisation de l’espace négatif, tendent à isoler nos sujets. À simplifier la composition. Et à supprimer le dynamisme. Il apporte certes le calme et la tranquillité, mais il manque souvent l’énergie, l’intrigue d’une histoire.

Le rythme, en revanche, est un outil extraordinaire à utiliser si votre objectif est d’ajouter du dynamisme à vos images. C’est exactement ce que nous voulons lorsque nous prenons des photos de situations mouvementées en photographie de voyage.

Quels sont les 5 types de rythme en photographie ?

Pour rappel on peut créer du rythme dans un photo en utilisant la répétition de :

  • Lignes
  • Formes
  • Couleurs
  • Objets similaires
  • Lumières et ombres


La façon dont ils sont disposés détermine le type de rythme utilisé et le sentiment qu’il crée. On a :

  • Le rythme régulier
  • Le rythme alterné
  • Le rythme aléatoire
  • Le rythme progressif
  • Le rythme ondulatoire

Je vous les détaille juste en-dessous…

Le rythme régulier en photographie

Les panneaux derrière le modèle sont un exemple de rythme régulier : ils ont une forme identique et sont espacés de manière égale

Il s’agit du type de rythme le plus évident, car il s’agit simplement de la répétition d’éléments visuels similaires (voire identiques) séparés d’une quantité égale d’espace entre eux.

Si on compare avec la musique : pensez-y comme le battement régulier d’un tambour.

Exemples de rythmes réguliers :

  • Une ligne de poteaux
  • Une boîte de crayons ouverte vue du dessus.
  • Les places de parking
  • Les étagères contenant des marchandises dans les magasins

On observe souvent ce type de rythme lors de prises de vue d’architecture.

© Roma Kaiuk

« Et du coup quel est l’effet du rythme régulier ?« 

Un rythme régulier est apaisant parce que vous savez ce qu’il va suivre, le rythme est prévisible. Vous ne serez pas surpris

MAIS !

Il peut devenir facilement ennuyeux si trop d’éléments sont présents et répétés. Voire agaçant s’il est exagéré.

C’est comme jouer une seule note au piano, encore et encore. L’artiste Andy Warhol a utilisé le rythme régulier pour faire une déclaration de protestation sociale.

Les éléments réguliez apportent aussi une structure à la composition. Le rythme régulier peut permettre de conduire facilement l’œil dans une certaine direction (jusqu’à votre sujet par exemple). Utiliser sur une partie de l’image il peut concentrer votre attention sur cette zone spécifique.

Le rythme alterné en photographie

Les planches et les espaces ombragés créent un rythme alterné, rompu par le modèle (positionné sur 2 points de force).

Lorsque deux éléments ou plus sont répétés : un rythme alternatif est créé. On peut aussi voir ça comme deux rythmes différents « qui se côtoient ».

C’est comme si l’on frappait deux tambours de sons différents l’un après l’autre.

Exemples de rythme alternatif :

  • Les ombres projetées par le soleil qui brille à travers les balustrades.
  • Une rangée de pommes vertes et rouges en alternance.

Les 2 rythmes peuvent fonctionner :

  • ensembles (fournissant des structures qui se reflètent l’une l’autre).
  • Ou ils peuvent s’opposer l’un à l’autre.

« Je ne comprends pas trop ce que tu entends par opposition…« 

La photo ci-dessous est un parfait exemple de rythmes alternatifs en conflit. Nous avons une série de cercles qui attirent le regard vers l’intérieur, vers le centre de la photo.

MAIS !

On a aussi des ombres qui créent un motif de lignes droites en diagonales qui traversent chaque cercle. Ces lignes forcent nos yeux à aller dans une autre direction que les cercles.

© Chi Hung Wong

Et voici un autre exemple, pour 2 rythmes alternatifs qui fonctionnent ensemble :

Cette image abstraite en gros plan du côté d’un bâtiment est visuellement intéressante, en raison du rythme alterné. La partie ombragée ajoute un relief au motif chargé avec la même répétition, mais avec moins de contraste.

« Quel est l’effet du rythme alternatif?« 

Comme le rythme régulier, il est prévisible et attendu. À la différence que son alternance le rend un peu plus vivant et intéressant qu’un élément unique répété (rythme régulier).

Comme on l’a vu juste avant avec nos 2 exemples, l’alternance des rythmes peut apporter dans vos photos :

  • une harmonie avec des éléments similaires alternés (couleur, forme, ligne ou objets similaires).
  • ou une tension, en répétant deux éléments différents ou avec des orientations différentes (qui se croisent ou désorientent).

On peut produire le rythme alterné peut se produire de plusieurs façons :

  • En introduisant un deuxième motif.
  • En introduisant un changement dans le placement ou le contenu du motif original.
  • En modifiant les espaces entre les motifs.
  • En changeant la position du motif.

Le rythme aléatoire en photographie

L’arrière-plan de formes répétées des cadres de casiers à homards ajoute un rythme aléatoire et contraste avec le rythme régulier du grillage des côtés.

Lorsque des groupements de motifs ou d’éléments similaires apparaissent éparpillés dans une photo : il y a toujours un rythme. Nos yeux se promènent toujours d’un élément similaire à un autre.

Mais dans ce cas précis il s’agit d’un arrangement aléatoire. Les éléments se répètent sans régularité. Ils ne forment pas de lignes droites et ne se conforment pas à une structure rigide. Et c’est ça qui crée un rythme aléatoire.

Le jazz pourrait offrir l’équivalence musical d’un rythme aléatoire.

Exemples de rythme aléatoire :

  • Des foules de spectateurs quittant un match (le motif est une personne. Chaque personne est semblable, et l’espace entre elles et autour d’elles est légèrement différent.)
  • Feuilles d’automne éparpillées dans la cour
  • La chute de la neige
  • les embouteillages

Sur la photo ci-dessous, nous avons un certain nombre de montgolfières. Elles sont réparties au hasard dans la scène. Nous avons des formes similaires qui se répètent. Chaque montgolfière est un battement d’un rythme aléatoire.

© C. Valdez

Autre exemple :

Les poteaux espacés de façon irrégulière sur la gauche créent un rythme aléatoire et une ligne directrice vers la jetée en ruine.

« Quel est l’effet du rythme aléatoire ?« 

La dispersion aléatoire des éléments encourage notre œil à se déplacer dans une photo, elle évoque donc le mouvement.

Le rythme progressif en photographie

Les colonnes décroissantes créent un rythme progressif menant au point de fuite. Le fait de placer le modèle sur le côté du point de fuite crée une tension, aidée par le rythme progressif plus lent du mur à la gauche de l’appareil photo.

Le rythme progressif se produit lorsqu’il y a une augmentation ou une diminution graduelle de la taille, du nombre, de la couleur ou d’une autre qualité des éléments répétés. Il consiste en un changement régulier du motif à chaque fois qu’il est répété. Le changement est constant. Chaque fois que le motif apparaît, il est légèrement différent.

Ce qui est bien c’est qu’on peut l’obtenir à partir d’un rythme régulier en changeant d’angle de prise de vue. De telle manière que l’élément change de taille à chacune de ses répétitions fois.

C’est quelque chose qui notamment utilisé en photographie de rue (de portrait de rue plus précisément). Un rythme progressif en photographie a une direction claire. Le rythme visuel crée des lignes diagonales qui traversent l’image et attirent le regard et peut donc conduire l’œil vers le sujet.

Imaginez un rythme de tambour répété qui s’accélère ou se ralentit.

Exemples de rythme progressif :

  • Un vignoble vue de haut se compose de rangées de vignes régulières et équidistantes. Mais lorsqu’on passe devant en voiture : les rangées de vignes semblent diminuer au loin.
  • Une rangée d’arbres qui disparaît au loin
  • Une jeune fronde de fougère avant qu’elle ne se déploie
  • Ondulations sur un étang après y avoir jeté une pierre.

Dans la photo ci-dessous vous pouvez y voir le rythme progressif représenté par les sortes de « dominos ». Le sujet principal est la dame avec un parapluie. Avec son contraste élevé, elle est le premier sujet qui va attirer votre attention. Puis le rythme va guider vos yeux à travers le reste de la photo.

La partie centrale des « dominos » est également très contrastée. Si vous voyez d’abord cette partie de la scène, elle vous conduira au sujet principal, puis à nouveau à travers le reste de la photo.

Ici nous avons une rangée de moissonneuses au travail. Elles sont toutes pliées en deux et travaillent en rang. Le rythme progressif ainsi créé attire notre regard le long de la ligne.

Lorsque nous regardons la personne la plus proche, notre réaction naturelle est de poursuivre la progression.

© Deepak Kumar

« Quel est l’effet du rythme progressif ?« 

Un rythme progressif ne contrôle pas seulement la direction de l’œil du spectateur, il peut également accélérer ou ralentir le mouvement à mesure qu’il explore l’image.

Le changement de rythme peut nous donner l’impression d’être plus énergisés ou apaisés, selon que les éléments passent du grand au petit ou du petit au grand.

Le rythme ondulatoire en photographie

Des nuages d’orage éclairés par un soleil couchant créent un rythme ondulant.

Le rythme ondulatoire implique une progression plus douce et continue d’éléments qui montent et descendent. Chaque ondulation n’est pas nécessairement égale en taille ou en intensité à celle de l’ondulation précédente ou suivante. Et sa progression n’est pas nécessairement prévisible. Le rythme ondulatoire est un rythme visuel doux. Les formes répétées n’ont rien de choquant ou de stimulant : elles sont rondes et douces.

En musique, l’ondulation peut être joliment illustrée par les sons tremblants du violon.

Exemples de rythme ondulatoire :

  • Un paysage de collines
  • Un tas de pommes
  • Les cheveux ondulés
  • Les nuages ondulants
  • Les herbes soufflée doucement par le vent
  • Les vagues qui déferlent sur la plage
  • Les dunes de sable balayées par le vent

Le rythme visuel ondulatoire est courant dans la composition de paysages. Nous voyons souvent des collines ondulantes qui passent du premier plan à l’arrière-plan.

Et c’est parfaitement illustrée dans le paysage ci-dessous : on observe le rythme ondulant des collines enneigées. Chaque monticule blanc nous conduit à un autre. Il n’y a pas de rupture nette. Nous arrivons doucement à chaque battement du rythme.

© Ricardo Gomez Angel

« Quel est l’effet du rythme ondulatoire ?« 

Parce qu’il n’y a pas de bords durs, le flux et le reflux du rythme ondulatoire sont apaisants. C’est un rythme visuel doux qui donne aux images un sentiment de douceur et d’harmonie. C’est un rythme qui est fluide, ou « coule » et donne une sensation de mouvement et est plus commun dans la nature.

Rompre le rythme visuel pour plus d’impact

Parfois, comme pour les relations : le mieux c’est de rompre. Avec le rythme visuel, c’est pareil : rompez-le.

Le moyen le plus rapide d’attirer et de retenir l’attention d’un spectateur est d’établir un rythme… puis de le rompre.

Placez votre sujet dans une position qui rompt le flux du rythme visuel. C’est particulièrement efficace avec un rythme régulier. C’est un choc, ce qui est intéressant et fait ressortir le sujet.

L’exemple ci-dessous montre deux tracteurs brisant le rythme des rangées de blé. Nous avons deux motifs de part et d’autre, chacun étant brisé par les tracteurs.

© Taylor Siebert

En matière de composition photographique, la rupture d’un rythme régulier peut ajouter de l’emphase. Et cela peut créer des points d’intérêt dans vos photos. La rupture d’un rythme peut même mettre en évidence le rythme de la photo lui-même.

Briser un rythme permet aussi de le rendre moins chiant, comme ça peut être le cas avec le rythme régulier ou alternatif. L’introduction d’un élément qui rompt ce rythme donne plus de dynamisme à la photo et attire davantage l’attention sur les différentes parties de l’image.

La célèbre composition rythmique

L’œuvre « 99 Cent » de 2001 est une photographie en deux parties réalisée par Andreas Gursky (probablement réalisée en 1999, car l’œuvre est parfois appelée « 99 cent.1999 »).

99 Cent, Andreas Gursky

L’œuvre représente l’intérieur d’un supermarché avec de nombreuses allées représentant des marchandises, ce qui donne une œuvre colorée. La photo est altérée numériquement pour réduire la perspective.

Elle est devenue célèbre en tant que photographie la plus chère du monde lorsqu’elle a été vendue aux enchères en 2007 pour 3,34 millions de dollars .

Créer du rythme facilement et rapidement

Bon.

Dans cet article on a vu BEAUCOUP de détails, BEAUCOUP d’exemples, BEAUCOUP de choses. Si c’est simple et facile à lire, ça ne l’est pas forcément à appliquer.

Ça demande du temps et de la pratique avant de maîtriser le rythme. Alors dans cette partie je vous donne des conseils simples pour commencer à l’appliquer facilement dans vos photos.

Ne vous prenez pas trop la tête : vous pouvez commencer avec des compositions simple. Et il ne faut pas avoir peur de la simplicité en photographie. Bien souvent « moins, c’est mieux ».

En voici un exemple :

https://digital-photography-school.com/use-rhythm-pattern-create-stronger-compositions/

2 simplifications ici :

  1. Le photographe s’est rapproché des trois pots pour qu’ils dominent la composition. La photo est limitée à trois éléments : les dalles pierres au premier plan, le mur blanc à l’arrière-plan et les pots.
  2. La conversion en noir et blanc qui simplifie la photo en éliminant la couleur. Comme on l’a vu plus en haut, cette technique fonctionne bien pour mettre en valeur un rythme.

La simplification de la composition permet ici renforcer le rythme naturel créé par le mouvement de l’œil d’un pot à l’autre (illustré avec les flèches rouges).

Mais il y a une autre technique magique utilisée dans cette photo. C’est la présence de trois pots.

Le chiffre 3 semble être un nombre particulièrement puissant dans de nombreuses formes d’art et dans les mythes et légendes culturellement significatifs, ainsi que dans la photographie.

Lorsqu’il s’agit de composition, l’inclusion d’un nombre impair d’objets répétitifs semble mieux fonctionner que les nombres pairs. 3, 5 ou 7 éléments répétés sont un meilleur choix que 2, 4 ou 6. C’est un principe général (et non une règle) qui peut s’avérer utile.

Dernier conseil : parfois, vous rencontrerez des lignes naturelles faîtes à partir de formes ou de motifs répétitifs. Repérez-les et utilisez-les pour créer du rythme.

Sur photo du dessous , un rythme naturel est créé par l’espacement des bâtonnets d’encens. Ce rythme est renforcé par le fait que les bâtonnets d’encens reposent sur un rebord positionné en diagonale dans le cadre.

La ligne et le motif répété des bâtonnets d’encens fonctionnent ensemble pour créer un sens du rythme fortement directionnel.

https://digital-photography-school.com/use-rhythm-pattern-create-stronger-compositions/

Donc pour résumer, on créait du rythme facilement et rapidement en :

  1. Simplifiant (cadrer serré, donc peu d’éléments dans la scène + convertir en noir et blanc)
  2. Utilisant le chiffre 3 (ou un chiffre impair)
  3. Repérant des lignes naturelles d’éléments répétés et les positionner en diagonal

Conclusion

Pour devenir un grand photographe, il important de connaître toutes les règles avant de s’en émanciper et de créer les siennes.

Le rythme en fait parti. Mais il ne faut pas non plus en devenir obsédé

En pratiquant et en entraînant votre œil, vous découvrirez bientôt que tout et n’importe quoi peut être traduit en une sorte de rythme. Vous le verrez partout autour de vous, vous deviendrez même peut-être paranoïaque !

Une citation pour finir (car ça fait toujours bien).

« Le rythme est aussi nécessaire dans une image que le pigment. Il fait partie de la peinture au même titre que la musique« 

Walter J Phillips, peintre canadien

Moi je vous laisse ici à votre rythmique visuelle et je vous dis à bientôt sur les internets MONDIAUX !

J’ai aussi une chaîne YouTube ici !

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