23 octobre 2022

Qu’est-ce que la photographie scientifique ? Et conseils

Par Gaëtan Berthouly

23 octobre 2022


Il existe plein de types de photographie (j’en ai listé plus de 47 ici) et aujourd’hui on va parler d’un domaine photographique assez particulier : la photographie scientifique.

Ça peut paraître trivial pour certains mais produire des photos de qualité peut être un atout dans la carrière d’un chercheur. Une « jolie photo » peut par exemple se retrouver sur la couverture d’une revue, illustrer une présentation ou animer une réunion de laboratoire.

Mais curieusement, les scientifiques ne reçoivent pas de formation sur la photographie. Si vous êtes scientifique, je vous conseille ma formation gratuite sur les bases de la photographie ainsi que mon guide à télécharger sur la page.

On va voir dans cet article ce qu’est la photographie scientifique, son utilité, des pistes pour devenir photographe scientifique et comment améliorer vos photos.

Allez en avant Guingamp !

La naissance de la photographie scientifique

En 1839, Louis-Jacques-Mandé Daguerre a annoncé qu’il avait créé une technologie d’imagerie photographique appelée « daguerréotype ». Cette technologie a ensuite évoluée en photographie.

À l’époque, les gens pensaient que la photographie serait utilisée pour les archives architecturales, mais Daguerre était loin de se douter que la photographie deviendrait de plus en plus importante pour le monde de la science.

Peu après les expériences réussies des premiers photographes avec les daguerréotypes sur plaque d’argent à la fin des années 1830, les scientifique ont reconnu le potentiel de la photographie comme outil pour leurs études.

En effet, plutôt que de scruter les corps célestes à l’aide d’un télescope, les scientifiques ont vite compris qu’ils pouvaient utiliser des daguerréotypes pour conserver une photo en vue d’une observation indéfinie.

Les astronomes ont rapidement adopté cette pratique, capturant des images du soleil à des fins d’analyse scientifique. Depuis les années 1840, la photographie joue un rôle très important dans la science. D’ailleurs, la plus ancienne photo de la lune qui subsiste date de 1840.

À l’époque, comme aujourd’hui, les photos scientifiques pouvaient servir à la fois d’enregistrements de données et d’outils pédagogiques.

J’ai réalisé une frise sur la chronologie de l’histoire la photographie et de la photographie scientifique ici.

Photo 51 : image de diffraction des rayons X de l’ADN

Qu’est-ce que la photographie scientifique ?

Quand on nous dit « photo », on pense instinctivement à la photographie de portraits ou des photos éditoriales, et nous oublions souvent les applications plus pratiques de la photographie, comme la photographie scientifique.

Même si elle ne semble pas très glamour, la photographie scientifique peut être une carrière stimulante et épanouissante pour les photographes et ne se limite pas au domaine scientifique pure.

En plus de la médecine et de l’astronomie, la photographie scientifique peut également être utilisée dans les entreprises ou par l’armée. Les photographes scientifiques travaillent généralement au sein d’une équipe, employée par des ministères, des universités ou des centres de recherche.

La photographie scientifique est notamment nécessaire pour capturer des sujets qui ne peuvent être vus à l’œil nu, avec comme exemples principaux la photographie scientifique d’étoiles lointaines et la photo d’organismes microscopiques.

Une des premières photographies de flocons de neige de Wilson « Snowflake » Bentley (1885)

Fonctions des photos scientifiques

Les photos comme données

Au fur et à mesure que les techniques photographiques se sont améliorées au cours du 20e siècle (microscopes électroniques, appareils photo numériques et télescopes spatiaux) la valeur scientifique des photos s’est étendue à tout, des structures cellulaires aux supernovas.

Il existe maintenant toutes sortes de façons de traiter les images afin d’en extraire des données. photographe scientifique. Si vous avez un spécimen de tissu cellulaire sur une lame et que vous voulez savoir combien de ces cellules sont d’un certain type, vous pouvez utiliser un colorant tissulaire et un logiciel pour apprendre que, par exemple, 42% des pixels sont de la couleur d’un type de cellule particulier. Vous pouvez donc utiliser le post-traitement pour extraire des données des images.

Heather Wilson – photographe scientifique

Une bonne photo peut même aider à prouver ou infirmer des hypothèses. Dans le cadre de ses recherches en paléobiologie, Mme Wilson a identifié de nouveaux organismes à partir de fossiles.

Vous devez être capable de montrer aux gens les caractéristiques spécifiques de l’organisme. Vous avez besoin d’images de très bonne qualité pour que quelqu’un d’autre puisse soit ne pas être d’accord, soit être d’accord avec vous pour dire que vous avez trouvé quelque chose de nouveau.

Heather Wilson – photographe scientifique

Les photos comme outils pédagogiques

Les images photographiques peuvent également aider les non-scientifiques à mieux comprendre le monde naturel, et elles peuvent attirer l’attention du public sur des travaux importants d’une manière que les mots et les chiffres ne peuvent pas faire.

Dans des domaines comme la science du climat, les photos peuvent transmettre avec plus de force la gravité de la crise à laquelle nous sommes confrontés. Si vous savez prendre de bonnes photos, vous trouverez peut-être un public plus réceptif à votre travail.

Chordaria flagelliformis de « British Algae : Cyanotype Impressions  » par Anna Atkins (16 mars 1799 – 9 juin 1871)
Numérisé à partir de l’exemplaire du livre de Sir John Herschel. Image reproduite avec l’aimable autorisation de la Spencer Collection/The New York Public Library.

Spécialités de la photographie scientifique

Aujourd’hui, la plupart des domaines scientifiques impliquent une certaine forme de photographie. Voici quelques exemples de la manière dont la science et la photographie se recoupent.

Astrophotographie

Les photos du ciel nocturne peuvent nous renseigner sur la composition de notre univers et sur ses origines. Grâce à la spectroscopie, les astronomes peuvent séparer les longueurs d’onde de la lumière qui rebondit sur une planète et déterminer la composition chimique de son atmosphère. Et bien sûr, les photos de planètes, de comètes, de lunes et de galaxies peuvent nous apprendre comment les objets se comportent dans l’espace.

Les sciences de la terre

Les domaines de la géologie, de la météorologie et de l’océanographie nécessitent tous une bonne photographie. Les photos peuvent nous renseigner sur les processus de formation et d’érosion des roches, la circulation atmosphérique et les systèmes météorologiques.

Les photos sous-marines aident les scientifiques à identifier les espèces et à étudier leur comportement. Elles peuvent également nous aider à mesurer la santé des écosystèmes océaniques en enregistrant le blanchiment des récifs coralliens.

Biologie

Les scientifiques estiment qu’il existe 8,7 millions d’espèces de plantes et d’animaux sur Terre, et un peu plus d’un million ont été identifiées, ça en fait des photos pour répertorier tout ce petit monde !

Que ce soit de la macrophotographie d’insectes ou l’étude du mode de migration d’un troupeau d’éléphants d’Afrique, vous pouvez utiliser la photographie pour enregistrer vos données et susciter de l’intérêt pour vos découvertes.

En vrac, la photographie scientifique comprend aussi :

  • La photographie de fluorescence
  • La photographie médico-légale
  • La photographie à haute vitesse
  • La photographie infrarouge
  • La photomicrographie
  • La photographie de Schlieren
  • La thermographie
  • La photographie ultraviolette
1959 La première photo de la face cachée de la Lune est prise par le vaisseau spatial soviétique Luna 3

Comment devenir un photographe scientifique

La plupart des photographes scientifiques n’ont pas l’intention au départ de devenir des photographes professionnels. Ils s’intéressent d’abord à une discipline scientifique et deviennent par la suite des photographes compétents au fil de leur travail (c’est en forgeant qu’on devient forgeron comme on dit).

En effet, la plupart du temps les photographiques font eux-même leurs photos :

Dans les articles traitant de génétique ou de géologie, ce sont souvent les chercheurs qui font leurs propres photos

Heather Wilson – photographe scientifique

À l’inverse, d’autres peuvent commencer par être photographes, se découvrir une passion pour leur sujet particulier et apprendre la science en suivant cette passion.

Si vous êtes d’abord un photographe, étudiez la science

Pour prendre des photos scientifiques, il n’est pas nécessaire d’être un scientifique professionnel titulaire d’une licence ou d’un doctorat en sciences. Toutefois, une formation scientifique formelle peut vous aider à démarrer.

En prenant des photos pour des cours ou en travaillant comme assistant d’un professeur, vous pouvez commencer à vous constituer un portefeuille de travaux. Et plus vous comprendrez votre sujet, plus vous serez en mesure de le photographier correctement.

Si votre intérêt réside dans la création d’images d’objets invisibles à l’œil nu, certaines universités peuvent se permettre d’acheter des équipements coûteux tels que des microscopes électroniques et des appareils de radiographie. Par le biais de cours et de recherches, vous pouvez apprendre à utiliser ces machines, développer votre capacité à créer des images à partir de celles-ci et constituer votre portfolio.

Les compétences de base en photographie facilitent grandement la réalisation de ce que vous devez faire et vous donnent aussi une meilleure idée de ce qui est réalisable.

Si vous êtes d’abord un scientifique, étudiez la photographie

Vous n’avez pas besoin d’outils coûteux pour commencer à développer vos compétences. Vous pouvez prendre des photos scientifiques avec n’importe quel appareil photo numérique.

Pour les images macro, vous pouvez utiliser un iPhone ou un Android, ou n’importe quel téléphone portable avec un bon appareil photo. Les images qu’ils prennent sont bonnes, et il y a certaines choses que vous pouvez faire avec un téléphone que vous ne pouvez pas vraiment faire avec un appareil photo classique, comme les panoramas

Ellen Morris Bishop – photographe écologiste

Remarque

La macro commence quand on obtient un agrandissement de 1:1, donc rigoureusement il vous faut un objectif macro pour faire de la macro, sinon vous ferez de la proxi.

Mais en effet de nos jours on peut très bien commencer la photo avec un smartphone.

Comme vous avez appris et apprenez la science, vous allez devoir apprendre la photographie. Exposition, lumière, cadrage, post-traitement comment tel réglage affecte vos photos, tout ça afin de prendre des photos qui correspondent à vos attentes.

Rappelez-vous qu’une exposition correcte permet d’optimiser la capture de données lumineuses, ce qui donnera plus de matière dans l’étude de la photo.

Vous pouvez aussi vous renseigner sur la composition afin de voir plus de possibilités créatives dans votre approche de la photographie.

La photo est comme la science sur ce point : on applique des techniques pour obtenir des résultats.

Les compétences de base en photographie facilitent grandement la réalisation de ce que vous devez faire, mais elles vous donnent également une meilleure idée de ce que vous pouvez faire. Mon reflex numérique a un million de menus, et savoir comment utiliser ces fonctions est inestimable. Il n’y a pas grand-chose que vous puissiez faire en post-traitement si vous n’avez pas pris l’image que vous voulez en premier lieu.

Heather Wilson – photographe scientifique

Vous pouvez trouver des tonnes d’informations dans le désordre sur internet ou vous pouvez aussi décider de vous former.

Il existe des milliers d’ateliers formidables que l’on peut suivre, qu’il s’agisse d’un voyage d’un mois ou d’un simple cours dans un musée local. Et certains ateliers vous ouvriront les yeux sur les possibilités offertes par les différents objectifs et les différents types d’appareils photo.

Ellen Morris Bishop – photographe écologiste

Prenez de nombreuses photos

Avec un appareil photo numérique, vous n’êtes limité que par l’autonomie de votre batterie et de votre carte mémoire, ce qui vous permet de prendre cliché après cliché sous plusieurs angles et avec différents réglages.

Bon, pensez tout de même que vous allez devoir faire beaucoup de tri par la suite, donc au début (ou quand on est pas certains du résultat) faire beaucoup de photos c’est bien, mais le but avec le temps c’est de prendre moins de photos au total mais plus de photos exploitables

Entraînez-vous, et revenez en arrière pour revoir vos images, en réfléchissant à ce que vous vouliez vraiment montrer dans cette image. Ce n’est pas polluant de jeter un tas d’images numériques. Ma citation préférée d’Ansel Adams est la suivante :  » La pièce d’équipement la plus importante dans la chambre noire est la corbeille à papier. « 

Ellen Morris Bishop – photographe écologiste

Post-traiter avec parcimonie

Lorsque vous éditez des photos scientifiques, vous ne devez pas modifier la photo par rapport à ce qu’elle apparaît à l’œil humain en faisant des photomontage. Utilisez plutôt un logiciel développement comme Photoshop Lightroom pour mettre en valeur ce que vous souhaitez.

Je ne fais dans Photoshop que ce que j’aurais pu accomplir avec un appareil photo si j’avais été plus habile à prendre la photo en premier lieu ou si j’avais eu un meilleur éclairage. Ce qui est vraiment génial avec quelque chose comme Photoshop, c’est que vous pouvez affiner les ombres ou les lumières.

Heather Wilson – photographe scientifique

Dans son travail de paléobiologie, Mme Wilson a dû photographier des fossiles plats et brillants.

Il est très difficile d’obtenir une image où l’on peut montrer tous les détails sans que certains soient délavés parce qu’ils sont trop clairs ou trop sombres. Il est donc très utile d’utiliser quelque chose comme Photoshop pour modifier l’exposition de différentes zones de l’image afin que les gens puissent voir ce que vous avez vu en regardant l’objet

Heather Wilson – photographe scientifique

Remarque

Pour de la photographie scientifique le développement sera amplement suffisant avec un logiciel comme Adobe Lightroom.

Adobe Photoshop est bien plus lourd à prendre en main, et est plutôt réservé à la retouche lourde comme l’empilement pour la macrophotographie ou l’astrophotographie.

1880 – en utilisant le nouveau procédé photographique à plaque sèche Henry Draper réalise une exposition de 51 minutes de la nébuleuse d Orion.

Faites la différence en associant la science et l’art

Pour avoir un impact plus important dans le monde, les scientifiques doivent trouver des moyens de participer à la conversation publique, et les belles photos sont un moyen d’attirer l’attention sur leur travail, à la fois de leurs pairs et du grand public.

Les scientifiques qui utilisent la photographie – et nous le faisons pratiquement tous – peuvent aider les gens à mieux comprendre ce qu’ils dépeignent s’ils prennent le temps d’examiner la composition, la couleur, la netteté, la précision. Toutes les choses qui contribuent à faire une bonne photographie.

Ellen Morris Bishop – photographe écologiste

Ellen recommande également de suivre un cours d’écriture ou de journalisme.

Apprendre à écrire pour le grand public est vraiment enrichissant. Nous n’avons pas tous à être Carl Sagan ou E.O. Wilson, mais tous deux étaient des scientifiques à part entière. Tous deux étaient capables de captiver le grand public, et je pense que c’est une chose à laquelle davantage de scientifiques devraient aspirer.

Ellen Morris Bishop – photographe écologiste
1877 – Le médecin allemand et microbiologiste pionnier Robert Koch (1843-1910) publie les premières photographies de bactéries

Quelques conseils photo par des scientifiques

Comme je ne suis pas scientifique ou photographe scientifique dans cette partie je rapporte 3 témoignages des personnes de ce milieu provenant de cet article.

Utiliser la lumière

Elisabetta Zavoli est une photographe documentaire basée entre Rimini et Milan en Italie, qui se concentre sur l’étude des questions environnementales et de leurs relations avec les facteurs économiques et sociaux mondiaux, la section qui suit rapporte ses conseils.

Elisabetta a passé beaucoup de temps à étudier la lumière, elle se sert souvent des basses lumières et toutes les nuances de couleurs qui en découlent (qui se produisent au crépuscule et à l’aube).

La brume de l’océan et la rouille brun rougeâtre du chalutier donnent le ton sur cette photographie de la biologiste marine Laura Aiudi.
Crédit : Elisabetta Zavoli pour Nature.

Le blanc vaporeux éthéré du ciel, ainsi que le lourd métal rouillé du bateau, définissent l’ambiance chromatique de la photo, comme la peinture sur une toile. Dans cette photo, le fond blanc évoque le temps suspendu de la pêche en mer et met en valeur le regard candide de Laura, en contraste avec le brun cuivré qui, pour moi, évoque la dureté de la vie quotidienne sur un chalutier de pêche. Le chalutier présente de superbes textures et couleurs, avec son mélange de métal à l’extérieur et de bois à l’intérieur.

Elisabetta Zavoli photographe documentaire

On se retrouve souvent avec de mauvais éclairages, que ce soit sur un chalutier ou dans un laboratoire scientifique. Elisabetta conseille alors de se déplacer, peut-être se rapprocher d’une fenêtre, ou équilibrer les dominantes de couleur avec des lumières supplémentaires pour éclairer la scène et obtenir une meilleure lumière.

Elisabetta rappelle aussi que m’être humain est sensible aux proportions (comme la spirale de Fibonacci) ou à certaines couleurs (le rouge et le vert par exemple), et qu’il faut s’en servir.

Enfin Elisabetta souligne qu’une photo est, par essence, un rendez-vous entre deux personnes passionnées, toutes deux intéressantes et intéressées par le parcours de l’autre. Elle conseille de profiter du moment, d’établir une connexion avec son sujet, cela vous aidera certainement à réaliser un cliché qui touche dans le mille.

Apporter de la magie aux scènes du quotidien

Lizzy Brown est rédactrice en chef des médias à : Nature (une revue scientifique généraliste).

Lizzy dit que les photographes scientifiques ont tendance à utiliser le même style, en particulier dans les laboratoires : les photos semblent sortir tout droit de banques d’images. On retrouve souvent la photo classique des chercheurs tenant des tubes à essai et des pipettes. On trouve peu de place à la réflexion créative.

Lizzy conseille aux photographes scientifique d’essayer des choses un peu différentes, avec des compositions surprenantes, des éclairages et des styles artistiques intéressants auxquels on ne s’attend pas.

Le photographe Kieran Dodd a capturé la physicienne Shelia Rowan avec une composition unique.
Crédit : Kieran Dodds pour Nature.

Dans cet exemple, Kieran Dodd a pris la photo d’un laboratoire très banal mais a créé une composition magnifique et unique en photographiant le reflet du sujet dans un élément de l’expérience créant ainsi une scène surréaliste.

L’éclairage a également été utilisé de manière pertinente : le clair-obscur mis en place permet de limiter le poids visuel du désordre en arrière-plan tout en donnant une idée de ce à quoi ressemble le laboratoire. Le clair-obscur permet aussi d’attirer le regard sur le sujet.

Cette photo montre comment les photographes scientifique peuvent parfois être un peu plus inventifs dans leurs photos avec un regard différent. Ce cliché prouve aussi qu’il n’est pas nécessaire de travailler dans des endroits passionnants ou de réaliser des expériences de physique surdimensionnées pour créer une superbe photo d’un scientifique au travail.

Enfin, Lizzy conseille de ne pas oublier de rechercher un angle unique, d’utiliser la composition et l’éclairage pour créer un point central de la photo et de surprendre vos spectateurs avec quelque chose de nouveau.

Trouver les bons éléments et saisir l’instant présent

Chris Maddoloni est photojournaliste et responsable de la vidéo pour The Irish Times.

Pour Chris, la photographie consiste à capturer un moment précis qui est le point d’intersection entre le sujet, la composition et l’action.

Dans ses photos, Chris applique la théorie de « l’instant décisif ». V’une idée évoquée par le photographe français Henri Cartier-Bresson qui estimait que la photographie était le meilleur moyen de capturer un moment unique : l’image représente « l’essence de l’événement lui-même ».

Le photojournalisme a de multiples facettes, et le plus difficile est de se faire une place dans la vie des autres en tant que photographe. Pour que vous puissiez prendre une bonne photo, les personnes qui vous entourent ne doivent pas être surveillées. Cet accès authentique peut conduire à une photo spéciale, unique. Prendre une bonne photo, c’est en fait accéder aux personnes et aux lieux. Les compétences photographiques viennent ensuite.

Chris Maddoloni – photojournaliste

Chris raconte que dans les portraits environnementaux, il recherche toujours à créer une photo de la personne en train de faire son travail, tout en essayant de révéler sa personnalité dans un environnement qui aide à raconter une histoire.

Les éléments environnementaux sont réunis sur cette photo du biologiste Kendrew Colhoun.
Crédit : Chris Maddaloni pour Nature

Dans le cas de Kendrew Colhoun, biologiste irlandais, Chris savait qu’il travaillait avec des oiseaux près d’un phare dans les champs. Donc, pour obtenir le meilleur portrait environnemental de lui il fallait intégrer tous ces éléments.

Lorsque nous nous sommes rencontrés, nous avons passé toute la journée à nous promener autour d’Inishtrahull. Mais ce n’est qu’à la fin, lorsque j’ai vu le phare, que le but de la mission est devenu réel. J’ai commencé à photographier davantage. J’ai pris cette photo avec un objectif f/2 de 28 mm monté sur un boîtier photo sans miroir (plus compact qu’un reflex).

Chris Maddoloni – photojournaliste

Chris balance ensuite quelques conseils en rafale :

  • L’obturateur silencieux (présent sur les boîtiers hybrides) vous permet de photographier sans déranger.
  • Une grande ouverture et l’arrière-plan flou bien utilisés apportent de la magie à ce qui pourrait être une scène banale.
  • Si vous le pouvez, prenez toujours des photos en extérieur pendant l’heure dorée (1h après le lever du soleil et avant son coucher), lorsque la lumière du jour est plus chaude et plus douce parce que le soleil est à un angle bas et que ses rayons filtrent à une plus grande distance.
  • Travaillez la scène : expérimentez les angles et les compositions, cherchez un arrière-plan simple, vérifiez les bords du cadre et débarrassez-vous de tout ce que vous ne voulez pas.
  • N’abandonnez pas vos idées. Il faut souvent beaucoup de temps pour les réaliser, en particulier pour la photographie de la faune et de la nature.
  • Investissez du temps : revisitez vos endroits préférés à différents moments de la journée, de la saison ou de l’année, voir les choses sous un jour nouveau peut changer la donne.
  • N’arrivez pas trop tard et ne partez pas trop tôt.

Chris dit que pour prendre une bonne photo, une fois que vous avez à la fois un sujet volontaire et un bon appareil photo, il y a deux étapes importantes :

  1. Trouver une idée et y apporter un élément nouveau (dans le cas de Colhoun, il s’agissait d’incorporer tous les éléments environnementaux qui l’entouraient).
  2. Quand vous êtes prêt à exécuter votre idée : prenez beaucoup de photos. Il vous faudra peut-être plusieurs essais pour obtenir le cliché parfait.

Pour résumer les conseils pour améliorer vos photos scientifiques

  • Établissez un lien avec votre sujet. Mettez-le à l’aise pour obtenir une photo plus spontanée.
  • Comprenez et utilisez la lumière de l’environnement.
  • Tirez parti des couleurs (avec les couleurs complémentaires par exemple).
  • Utilisez un trépied dès que possible : il permet de stabiliser votre appareil photo et de limiter le flou de bouger et de vous laisser le temps de composer.
  • Trouvez un arrière-plan simple, un arrière-plan chargé peut détourner l’attention du sujet, si ce n’est pas possible mettez-le dans l’ombre.
  • Jouez avec les angles de vue et la perspective. Essayez d’être inventif sur certaines de vos photos, ne vous contentez pas d’images de type banque d’image.
  • Photographiez à l’heure dorée en extérieur. Un faible angle du soleil crée souvent une lumière chaude et diffuse et des ombres intéressantes.
  • Aidez vous des grilles de composition pour composer et cadrer.
  • Faîtes la mise au point sur les yeux de votre sujet.
  • Prenez des photos, vérifiez-les, recomposez-les et recommencez. Prenez de nombreuses photos en utilisant différents angles et idées (attention au tri quand même).
1851 – Le Dr August Ludwig Busch charge le daguerrotypiste prussien Johann Julius Friedrich Berkowski de réaliser l’image d’une éclipse solaire à l’observatoire russe

Matériel pour la photographie scientifique

Il n’est pas possible de vous fournir le kit du parfait photographie scientifique, car les différents types de photographie scientifique nécessitent des équipements différents.

Mais pour vous donner un aperçu voici quelques exemples possibles :

  • Appareil photo numérique modifié pour les UV
  • Appareil photo thermique
  • Appareil photo modifié pour l’infrarouge
  • Adaptateur secteur
  • Déclencheur à distance
  • Filtres TP
  • Filtres polarisants
  • Lampes UV
  • Lampes halogènes
  • Trépied
  • Ordinateur portable
  • Objectifs : il est difficile de définir un objectif unique, car il varie en fonction du type de photographie scientifique. La photographie animalière peut bénéficier d’un téléobjectif zoom, tandis que la photographie judiciaire utilise généralement un objectif macro. En tant que photographe scientifique, vous devez vous adapter à votre domaine scientifique.
1848 – Friedrich et Wilhelm Langenheim inventent les diapositives à lanterne qui permettent la projection de grandes images

Conclusion

On arrive à la fin de cet article sur la photographie scientifique, j’espère désormais que vous comprenez mieux ce qu’est la photographie scientifique, son utilité, les pistes pour devenir photographe scientifique et comment améliorer vos photos.

Si la photographie scientifique vous intéresse, vous pourriez être intéressé(e) par la frise sur la chronologie de la photographie scientifique.

Moi je vous laisse ici, à vos photos pour la science, et je vous dis à bientôt sur les internets MONDIAUX !

J’ai aussi une chaîne YouTube !

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