29 novembre 2022

Progresser en photo par l’analyse en 13 étapes

Par Gaëtan Berthouly

29 novembre 2022


Dans cet article on va voir une méthodologie complète pour analyser et décrire une photo. La plupart des étapes seront illustrées avec une photo analysées pour vous donner une idée de comment on fait.

« 13 étapes ça fait beaucoup non ?« 

Oui, mais comme vous allez le voir, elles ne sont pas toutes obligatoires.

Allez en avant Guingamp !

Version vidéo

Pourquoi analyser et décrire des photos ?

Et oui, ça sert à quoi d’analyser une photo finalement?

Alors, il existe PLEIN de façons de progresser en photographie :

  • se lancer un défi photo,
  • photographier (très) souvent,
  • lire des articles (comme les miens), des livres ou regarder des vidéos sur la photo (comme sur ma chaîne)
  • Se former, prendre des cours avec un professeur

Mais il y a aussi une approche plus analytique pour s’améliorer : l’analyse photographique.

Vous admirez sans doute le travail d’un(e) photographe, et d’ailleurs votre souhaite le plus profond (celui que vous avez fait en soufflant vos bougies d’anniversaire) est de faire « le même genre de photos » que cette personne.

Alors, naturellement, vous regardez toutes ses photos pour vous abreuver de son talent (on ne sait jamais, c’est peut-être contagieux).

Et c’est une bonne démarche ! S’imprégner de ce que font d’autres photographes, c’est aussi un moyen de progresser en photographie.

MAIS, pour pouvoir apprendre de ce(tte) photographe vous ne pouvez pas JUSTE vous contenter de regarder ses photos (comme n’importe quel spectateur lambda le ferait).

NON !

Vous devez vous poser les bonnes questions, et leur apporter les bonnes réponses. Vous devez analyser ces photos, les décortiquer, comprendre de quoi elles sont faîtes, comment elles fonctionnent pour pouvoir ensuite appliquer ces mêmes ingrédients à vos photos.

Si vous ne faîtes que regarder encore et encore ces photos sans cette étape d’analyse, ça ne sert pas à grand-chose.

C’est un peu comme-ci vous souhaitiez construire votre propre maison. Vous vous mettez alors à observer plus attentivement les maisons que vous croisez, mais sans vous intéresser :

  • aux matériaux utilisés,
  • aux techniques de constructions,
  • aux outils,
  • aux fondations,
  • à l’ossature,
  • au système de plomberie,
  • etc.

Bref vous n’irez pas très loin juste en regardant, vous resterez dans le rêve mais vous ne passerez jamais à l’action, vous ne construirez jamais votre maison.

Eh bien c’est pareil pour la photo. Vous ne pouvez pas juste vous abreuver de photos par millier que vous aimez. Vous devez d’abord faire une analyse, pour vous forger de nouvelles armes photographiques, pour pouvoir ensuite passer à l’action et améliorer vos photos.

« Tu parles d’analyser les photos des autres, mais je peux aussi analyser mes propres photos, non ? »

Oui, vous pouvez aussi analyser vos propres photos, cela permet de prendre conscience de ses erreurs, de les corriger et de vous améliorer.

MAIS !

L’autocritique est extrêmement difficile, tout le monde n’en est pas capable, vous pouvez ne pas voir certaines choses.

C’est pourquoi, bien souvent, il est préférable demander à une ou plusieurs personnes extérieures de vous donner un retour sur vos photos.

Par ailleurs, tout le monde ne supporte pas de voir ses photos critiquer, notamment négativement. Ne prenez JAMAIS les critiques personnellement. Même si ce sont vos photos, vous n’êtes pas vos photos, ce n’est pas vous qu’on critique : vous êtes vous, et vos photos sont vos photos.

Remarque

Quand je parle de critique, je parle d’un retour aussi bien positif que négatif, mais surtout un minimum construit et argumenté. « C’est moche », « Je n’aime pas » ou « Je n’aurais pas fait comme ça » sont des retours totalement inutiles.

« Mais je fais comment pour trouver quelqu’un de légitime pour critiquer mes photos ? »

C’est très difficile de trouver quelqu’un de légitime, et c’est aussi subjectif. Cela demanderait presque un article à part « Comment trouver son critique parfait ? ».

Si vous ne connaissez pas un photographe dont vous admirez le travail, le plus simple est de rejoindre un groupe Facebook, de poster vos photos, et de lire les retours.

Je vous avoue, il y aura un peu de tout, du bon, du mauvais, de l’utile, de l’inutile. Mais dans le tas vous devriez trouver quelques trucs intéressants.

Pour chaque commentaire restez calme, prenez le temps de le lire, demandez-vous si il est pertinent, faîtes des recherches, si vous trouvez plusieurs sources qui disent pareil c’est que c’est sans doute vrai. Testez et appliquez ce qu’on vous dit, voyez si ça fonctionne.

Méthodologie complète pour analyser une photo

Dans cette grosse partie on va voir ensemble les étapes de l’analyse photographique. En fonction de la photo que vous analyser et de ce qui vous intéresse le plus, toutes les étapes et les questions ne sont pas obligatoires.

Par ailleurs, si on prend l’étape sur la composition, vous n’êtes pas obligé d’avoir toutes les réponses aux questions dans une photo pour qu’elle soit réussie, quelques éléments suffisent. Retenez que les questions ne sont que des guides.

1-Contexte de la photographie (facultatif)

La contextualisation consiste à décrire ce que vous savez du contexte de la création de la photo, donc tout ce qui gravite autour de cette photo.

Le contexte peut renforcer l’impact de la photo (notamment dans le cas de photos journalistiques ou de photos historiques) et permet aussi d’élargir votre esprit, de mieux comprendre la démarche artistique du photographe et ses motivations.

Cette étape n’est pas forcément possible ou utile, elle est surtout réservée aux photos connues sur lesquelles vous pouvez trouver des informations, et aux analyses plus « académiques ».

Les questions à se poser :

  • Quel est le titre de la photographie (et le titre de la série à laquelle elle appartient éventuellement) ?
  • Quel est le nom du photographe ?
  • Pourquoi la photo a été prise ? (Pour documenter, pour un intérêt artistique, pour être vendue, pour faire de la publicité…)
  • À quelle date la photo a été prise ?
  • Que se passait-il d’autre à ce moment-là ? (événements historiques, le travail d’autres photographes, un courant artistique dominant, des innovations techniques, la technologie photographique disponible, influence religieuse/culturelle)
  • Dans quel contexte environnemental la photo a été capturée ? (il faisait extrêmement froid, c’était durant une bataille, il y avait une énorme tempête…)

2-Exprimez ce que la photo vous évoque au premier abord : humeur et thème

« Ah bah, on est au début de l’analyse et on aborde déjà un truc subjectif ! »

En effet, c’est totalement subjectif ici, mais il faut quand même en tenir compte.

« Pourquoi ?»

Imaginez, vous regardez un film d’horreur (ou un film à suspense), vous allez instinctivement ressentir de la peur pendant certaines scènes, ou en tout cas un peu de stress.

Cette peur est subjective (tout le monde n’aura peut-être autant peur que vous), mais elle n’en est pas moins réelle !

Vous allez ensuite vous demander comment le réalisateur a réussi à vous faire peur (ou stresser). Par exemple dans le film :

  • les personnages on d’abord discutait entre eux d’un monstre,
  • ensuite un personnage s’est retrouvé isolé avec une mauvaise visibilité,
  • puis le film vous a fait écouter des bruits,
  • puis on a eu une musique qui s’est accélérée petite à petit,
  • et finalement on a un plan du personnage isolé avec une expression effrayée sans nous montrer ce qu’il regarde etc.

Pour la photo c’est pareil, elle peut vous faire ressentir des choses (parfois non). Vous analyserez ensuite ce qu’il y a dans la photo pour comprendre comment et pourquoi vous avez ressenti ces choses. Tout ce que vous analysez n’expliquera pas forcément ce que vous avez ressenti, essayez de faire des liens sans les forcer et sans rentrer dans la suranalyse.

Le sentiment du spectateur face à la photo peut être appelé « humeur ».  L’humeur a une grande part de subjectivité et dépend de la relation que le spectateur entretient avec les éléments de la photo en fonction de sa culture, de ses constructions sociales et de ses expériences de vie.

Par exemple :

  • Un chiot peut créer une humeur joyeuse pour certains car ils trouvent que les chiots sont mignons. D’autres auront peur des chiens ils seront donc mal à l’aise devant la photo. Ou pour d’autres encore la photo leur rappellera leur chient mort, ce qui donnera une humeur plutôt nostalgique.
  • Un banc de parc isolé peut créer une humeur solitaire pour certains qui se rappelleront qu’ils ont mangé pendant des années seul sur le banc d’un parc. Pour d’autres cela leur évoquera leur premier rendez-vous amoureux.

Bref, globalement, vous aurez les mêmes sentiments d’humeur que la majorité des gens, mais parfois il y aura quelques différences.

Donc notez des mots clés d’humeur qui vous viennent à l’esprit lorsque vous regardez la photo. Si vous avez recherché une photo sur internet (pour vous entraîner) vous pouvez aussi énumérer les mots clefs de cette recherche.

Par exemple, si vous avez recherché le mot « pleine conscience » vous pourrez le rajouter à votre liste de mots clefs d’humeur.

Cette photo peut vous évoquer d’autres mots-clefs d’humeur comme :

  • Sérénité/tranquillité/paix
  • Amour de soi, Réflexion sur soi, connexion avec soi-même.
  • Individualisme, solitude
  • Indépendance
  • Aventurier
  • Évasion
  • Spiritualité
  • Pensées
  • Lien avec la nature

D’autres exemple de mot clefs d’humeurs (n’hésitez pas à chercher une liste sur Google) :

  • Abandonné
  • Vulnérable
  • Intime
  • Dur/Éloigné
  • Énergique
  • Jugeant
  • Observateur/Voyeuriste
  • Fier
  • Provocateur
  • Respecté(e)
  • Digne

Vous pouvez aussi attribuer un thème à la photo, en plus ou à la place de l’humeur.

Les thèmes sont des catégories générales, c’est une façon de décrire une photo qui est un peu plus éloignée du sentiment. Si vous n’arrivez pas à identifier d’humeur, cela peut être plus facile.

Les thèmes peuvent également être étroitement liés à des types de photos ou à l’histoire de l’art.

Voici quelques exemples de thèmes :

  • Pop Art
  • Objets trouvés
  • Nature
  • Questions
  • Faux
  • Vif
  • Artificiel
  • Vintage

Dans notre exemple le thème pourrait être la réflexion, la relaxation ou la solitude.

3-Le type de photo

Ici c’est simple on cherche juste à définir le type le plus précis de la photo. Ça peut nous permettre de nous rendre compte qu’on apprécie un type particulier de photo.

Questions à se poser :

  • La photo que vous voyez est-elle un paysage (de forêt, littoral) ? Une photo sous-marine ? Un portrait ? Il y a toute sorte de type de photo, la photo peut être un mélange de plusieurs types.
  • Quel est le sujet de la photo ? (un humain, un chien, une forêt, un rocher) Cela peut aider à préciser le type de photo.
  • Éventuellement, vous pouvez aussi vous demander si la photo est plutôt conceptuelle, artistique ou illustrative.

Dans notre exemple, au premier abord, on pourrait se dire qu’on est sur une photo de paysage, et plus précisément une photo de paysage en bord mer (qu’on peut aussi appeler ça un paysage marin).

Mais si on regarde bien le sujet de la photo : c’est l’être humain, même si c’est une silhouette et que la personne ne prend pas trop de place dans la photo, le paysage n’est qu’un décor.

Ainsi le type de la photo est un portrait en bord de mer ou portrait marin éventuellement.

4-Environnement et lieu

C’est une étape très intéressante, le lieu où se déroule la photo est important car l’environnement va influencer l’humeur et/ou le thème de la photo.

En effet, par construction sociale et culturelle : les objets et les endroits sont liés à des idées, à une utilisation ou à la pratique d’une activité (on parle d’affordance). Donc à partir du lieu on peut déjà tirer des informations et faire quelques analyses.

Les questions à se poser pour analyser l’environnement :

  • Où se situe la photo ? (nature, extérieur, intérieur, ville…)
  • Est-ce que le sujet interagit avec l’environnement ? Est-ce que l’expression corporelle du sujet semble s’aligner ou se désolidariser et l’environnement ?
  • Peut-on tirer des métaphores entre ce que peut symboliser les éléments du cadre et le sujet ? (ne pas rentrer dans la suranalyse, restez simple comme on le verra dans l’exemple)
  • Comment le sujet est positionné dans le cadre ? (en plein milieu, un peu décalé, totalement sur le côté, coupé, dans un coin…)

Dans notre exemple :

L’homme est situé dans la nature, légèrement décalé sur la gauche mais en plein dedans.

Cela donne la connotation que l’homme est éloigné, voire extrait de la vie quotidienne. Cela renforce également la « connexion avec la nature » qu’on avait noté juste avant.

La personne regarde vers l’horizon, et plus précisément vers la droite. En lecture photographique (et cinématographique aussi), regarder vers la droite c’est regarder vers un avenir positif.

Le coucher de soleil peut connoter la fin des vieux cycles, la fin de quelque chose.

L’eau calme évoque la « tranquillité » et la « paix », on pourrait presque s’imaginer le bruit de l’eau.

5-Analyser les gens

Les aspects individuels de la photo (cadre, personnes, activités, et objets) peuvent expliquer l’origine des mots clés d’humeur listés dans l’étape 2.

Le langage corporel du sujet est connoté par construction sociale et culturelle (comme pour les lieux et les objets), ce qui amène le spectateur à croire que le sujet possède des attributs spécifiques.

Questions à se poser : qui est représenté dans la photo ?

  • Le sexe
  • L’âge.
  • La posture.
  • Les vêtements.
  • Fait-elle face à la caméra ou s’en éloigne-t-elle ?

Dans cette photographie :

  • Un homme.
  • Semble avoir entre 20 et 30 ans en raison de son physique et de son apparence.
  • Les vêtements décontractés (sweat à capuche, jeans, casquette de baseball portée à l’envers) sont souvent portés par les garçons et les jeunes hommes.
  • Les vêtements et le physique font essentiellement allusion à la jeunesse.
  • La posture du dos voûté = signe de relaxation ou de détente. Position assise jambes croisées = méditation, contemplation, relaxation.
  • L’homme se détourne de l’appareil photo, il ne s’engage pas avec le spectateur et s’isole = solitude, désengagement, indépendance.
  • L’homme est plus profondément ancré dans le premier-plan, créant une distance entre le spectateur et le sujet = contemplation de soi, dissemblance, aliénation.

6-Expression faciale

Les expressions faciales font passer l’essentiel des émotions, les gens donnent souvent la priorité au visage lorsqu’ils lisent le langage corporel.

Chez l’être humain, la recherche d’autre être humain et la connexion émotionnelle est instinctive (sauf chez moi). Par exemple les miniature YouTube avec un être humain très expressif (peu importe l’expression) sont plus cliquées que les miniatures sans personne. Sur Instagram, les photos de personnes souvent bien plus likées que les photos de paysage sans personne.

C’est une étape intéressante, pas toujours applicable du coup vu qu’il faut un humanoïde dans la photo.

Questions à se poser :

  • Qu’est-ce qui est visible ? Qu’est-ce qui est invisible ?
  • Quelle est l’expression de la personne ? Qu’est-ce que cela apporte ?
  • Quels éléments sont ouverts à l’interprétation ou sont clairement définis ?
  • Quels éléments sont fermés à l’interprétation ?

Dans notre exemple :

l’expression faciale est retirée de la photo, ainsi il est difficile d’établir une connexion émotionnelle avec le sujet : l’individu se distancie du spectateur.

Comme le visage de l’homme n’est pas visible, l’humeur de la photo est très libre, elle peut aller de la félicité à la tristesse, selon la façon dont la photo est lue par le spectateur et/ou manipulée par le photographe.

L’ethnie de l’homme n’est pas non plus identifiable à partir de ce qui est visible de sa peau. Cela indique une généralisation supplémentaire du sujet : l’homme devient une simple représentation figurative d’une personne et/ou d’un concept plutôt que le centre d’un discours spécifique.

7-La composition (important)

Dans cette étape, on va totalement disséquer les différents éléments qui compose la photographie. Cette étape nécessite des connaissances en composition pour, en effet si vous ne connaissez pas les techniques de composition il sera impossible de les identifier. J’ai fait beaucoup d’article sur la composition, je vous mettrai des liens à chaque fois que c’est possible.

Cette étape de l’analyse me semble être l’une des plus importantes, ici on peut identifier des règles, des principes ou des techniques concrètes qu’on pourra appliquer dans nos propres photos. On va donc réellement pouvoir améliorer nos photos.

Astuce

Certaines personnes plissent les yeux lorsqu’elles regardent une photo pour la première fois. L’idée est de supprimer tous les tons moyens et de ne conserver que les hautes lumières et les ombres. Cela permet de comprendre instantanément la composition et la construction de la photo, et aussi de voir les formes et les lignes les plus importantes.

Questions à se poser :

  • Quel est le point d’attention principal de la photo ? Pour le savoir, fermez les yeux, puis ouvrez-les, et notez où vous regardez en premier.
  • Qu’est-ce qui est positionné sur le point d’attention principal ? Est-ce bien le sujet ?
  • Le photographe utilise-t-il l’accentuation pour crée ce centre d’intérêt ? L’accentuation est l’accumulation d’éléments donnant un poids important à un endroit de la photo (texture, place occupée, luminosité, couleur…) L’humour, le spectaculaire, l’inhabituel attirent aussi l’attention.
  • Y a-t-il un sujet particulier ou plusieurs sujets dans la photo ? Quels sont ces sujets ? Sinon quels sont les éléments principaux de la photo ?
  • Arrive-t-on à distinguer/séparer le sujet de l’arrière-plan ? (Principe figure-fond de la théorie de Gestalt)
  • Comment est positionné l’horizon ? (à 1/3 du bas, 2/3 du bas, au milieu, parfois 3/4…) Est-il droit ?
  • Des règles sont-elles utilisées notamment pour positionner le ou les sujets ou les éléments importants ? (La règle des impairs, les grilles de composition : spirale dorée, règle des tiers, grille phi…)
  • Une technique particulière est-elle utilisée pour composer la photo ? (Longue pose, zoom burst, panoramique, effet sunburst, framing, espace négatif, silhouette…)
  • Quelles sont les couleurs dominantes (ou la couleur dominante) ? Quelles sont les couleurs du sujet ? Des schémas de couleurs sont-ils utilisés (complémentaire, analogue…) ? Les couleurs sont-elles chaudes ou froides ? Pour rappel, une couleur est composée de 3 paramètres : la teinte, la luminosité et la saturation, analysez chacun de ces paramètres. Y a-t-il différentes nuances de couleurs qui se chevauchent ? La profondeur de la photo est-elle renforcée (une couleur chaude entourée de froide) ou réduite par les couleurs ?
  • A-t-on un élément intéressant au premier plan, au second plan et à l’arrière-plan ? A-t-on un « vrai premier plan » (c’est-à-dire un ou des éléments très proches de l’appareil photo) ?
  • Observez les lignes qui guident l’œil : vers quoi mènent-elles (normalement vers le sujet principal) ? Les lignes peuvent êtres droites, courbes, horizontales, verticales, diagonales ou en dent de scie. Il existe aussi des lignes implicites : comme le regard ou le mouvement directionnel (même un flou), ou encore le mouvement une voiture qui va dans une certaine direction, une personne qui marche ou qui prend une fourchette de nourriture…
  • Le cadrage et le bord : avez-vous des éléments coupés sur le bord ?
  • L’équilibre est-il symétrique, asymétrique ou radial ?
  • Comment est réparti le poids visuel dans la photo ? (Luminosité, taille, texture, couleur, formes…)
  • Pouvez-vous reconnaître des formes connus (carré, triangle…) ? Une photo qui contient des formes connues est plus intéressante. Un moyen simple d’incorporer des formes de rétroéclairer vos sujets (comme dans notre exemple). En plaçant le sujet entre vous et la source de lumière. La lumière aura aussi son rôle à jouer avec les ombres pour créer des formes et faire ressortir la texture. Les objets qui ont une forme forte dans une photographie ont plus de poids, et c’est particulièrement le cas lorsqu’ils contrastent avec l’arrière-plan. . On peut aussi mettre en valeur une forme complexe (non connue) lorsqu’il y a quelque chose de très simple à côté d’elle.
  • Quel ratio est utilisé ? 1 : 1, 3 : 2, 4 : 3… Et l’orientation ? Portrait, paysage ou angle hollandais ?
  • Observez-vous des distractions dans la photo ? Des éléments qui attirent l’attention mais ne servent pas à la photo, ou attirent trop le regard par rapport au sujet, ou des choses inutiles se situant sur les bords ou dans les coins ?
  • Pour la texture : comment serait la sensation de la photo si vous la touchiez ? Par exemple, la photographie a une texture rugueuse/lisse/soyeuse.
  • La photo utilise-t-elle la répétition ? Observez-vous un rythme régulier, alterné, progressif ou aléatoire ? Les éléments qui forment le rythme forment ils une ligne qui mène vers un endroit de la photo ?
  • Avez-vous une sensation de profondeur dans la photo (premier-plan, éléments qui se répètent et se rétrécissent, couleurs…)
  • La photo contient-elle du contraste ? Le contraste crée une lisibilité plus rapide de la photo. On peut avoir différents contrastes : le contraste de taille, de forme, des couleurs, de la texture, de tonalité (celui auquel on pense le plus souvent), ou encore le contraste d’idée (ex : l’ancien et le neuf).
  • La photo est-elle cohérente dans son ensemble ? (Par exemple, une lumière chaude, sur un petit iceberg échoué sur une plage pourrait créer une photo incohérente).
  • Est-ce que des éléments se font écho les uns les autres ? Comme par exemple un petit caillou au premier plan qui pourrait faire écho à un gros rocher en arrière-plan, une personne qui en regarde une autre dans une photo de rue… 
  • Observez-vous 1 ou 2 points de fuite ? Avez-vous une sensation de perspective forcée ?
  • Y a-t-il d’autres artistes qui auraient pu inspirer le photographe ? Étudiez l’historique du photographe sur son site Web et voyez qui l’a inspiré et s’il utilise les mêmes techniques.

Dans notre exemple :

Le regard du spectateur se dirige instantanément vers la silhouette de la personne et du rocher sur lequel elle est assise. La silhouette ressort bien car elle est sombre et se positionne devant un fond lumineux et prend beaucoup de place. Le sujet est ainsi bien distinguable du fond.

L’horizon est penche légèrement sur la gauche et placé à 2/3 de la photo (en partant du bas), donnant peu de place au ciel, et beaucoup plus au sol, et au sujet notamment. Le ciel étant très chargé en couleur, texture et lumière, trop l’inclure aurait pu alourdir la photo et nous détourner du sujet.

La grille phi semble avoir été utilisée pour positionner le sujet, ce qui se rapproche plus du nombre d’or que la règle des tiers.

La spirale dorée fonctionne plutôt bien aussi avec des éléments importants comme le rocher sur la droite et les nuages qui se retrouve sur la grande boucle, et le sujet assis qui n’est pas loin de la boucle finale.

Au niveau des techniques : on a l’effet de silhouette réalisée en exposant pour le ciel, et on a aussi une pose un peu longue pour un léger effet de filé des nuages. Mais on remarque le mouvement de l’eau est assez figé, ce qui n’est pas cohérent avec une longue pose et indiquerait peut-être que la photo est un assemblage de plusieurs photos avec des temps de pose différents.

Le sujet principal est la personne assise sur le rocher, en éléments de contrepoids on a le ciel lumineux en haut à droite, d’autres éléments importants sont les rochers, qui rappellent le rocher sur lequel le sujet est assis, on a aussi l’eau et les montagnes, et les nuages dans le ciel.

La couleur du sujet est telle qu’il se fond avec les rochers, ce qui renforce l’hypothèse d’une « connexion avec la nature ». La photo conserve une palette naturelle de teintes, jouant avec des saturations modérées à élevées. Les couleurs complémentaires naturelles que sont le bleu et l’orange, ainsi que leurs variations tonales, harmonisent les éléments en projetant des reflets de leurs valeurs chromatiques sur les objets. Cela est particulièrement visible dans la manière dont la luminosité des jaunes et des oranges du coucher de soleil se reflète sur l’eau et dont les ombres plus sombres ainsi projetées englobent le reste de la photo, faisant apparaître les rochers et la silhouette d’une valeur chromatique similaire.

Au niveau des plan, on n’a pas de réel premier plan, le sujet est entre le premier et le second plan, on a un élément intéressant à l’arrière-plan avec les nuages et le coucher de soleil, et un intéressant au second plan avec le sujet.

Pour les lignes, on a surtout la ligne de l’horizon (d’où l’intérêt de ne pas la mettre au milieu pour éviter l’effet « photo coupée en 2 »), on a la ligne directrice implicite du regard de la personne, les nuages forment des lignes courbes menant au sujet, certains rocher forment aussi des lignes menant vers le sujet.

Pour le poids visuel, il est réparti de manière asymétrique, on a notamment beaucoup de poids en bas à gauche avec les rochers texturés qui prennent beaucoup d’espace, jusqu’au milieu gauche de la photo avec l’être humain. On a aussi beaucoup de poids visuel en haut à droite de la photo avec des couleurs chaudes, une zone très lumineuse, le regard du sujet et la texture des nuages.

Au niveau des formes on peut observer pas mal de triangles formés par les rochers.

Pour le cadrage on a quelques rochers coupés sur le côté, mais comme ce sont des éléments communs et connus dans la photo, ce n’est pas embêtant.

Il ne semble pas y avoir de distractions particulières sur les coins ou les bords de la photo.

Le ratio est en 3:2, ce qui laisse trop de place au premier plan, on a un peu trop d’eau sans trop d’intérêt en bas de la photo. Un ratio 16:9 aurait pu être plus intéressant pour bien s’adapter à la largeur de la scène et réduire la hauteur qu’on a du mal à remplir ici. L’orientation est en paysage, ce qui semble cohérent avec la morphologie horizontale de la scène.

On a une sensation de profondeur rendu possible grâce à la répétition aléatoire des rochers qui s’éloignent progressivement.

La photo est très texturée : on a la texture de l’eau, des rochers et des nuages.

La photo contient aussi beaucoup de contraste : un contraste de texture entre l’eau et la peau douce  et la texture rugueuse des rochers, un contraste dans les tons avec le coucher de soleil très clair et le reste de la photo est sombre.

On n’a pas spécialement d’éléments qui se font écho, on a seulement la personne qui regarde le coucher de soleil.

Dans l’ensemble la photo semble cohérente.

8-La technique (important)

Dans cette étape on essaie d’analyser les réglages de l’appareil photo et les accessoires utilisés pour créer la photo. L’étape est très intéressante. Mais recopier exactement des réglages n’a aucune utilité puisque les réglages exacts varient en fonction des conditions d’éclairage et de l’équipement utilisé.

Avoir une idée des réglages et des accessoires utilisés nous permet d’avoir une idée de la direction technique permettant de prendre une photo similaire.

Questions à se poser :

  • Où l’endroit le plus net de la photo ? Ce sera l’endroit où la mise au point a été faite.
  • Quelle est l’ouverture utilisée ? Regardez la profondeur de champ (la zone nette de manière acceptable), si elle est grande une petite ouverture a été utilisée, si elle est petite alors il s’agit d’une grande ouverture.
  • Quel est le temps de pose ? Vous observez du flou de mouvement alors le temps de pose est sans doute plutôt long ?  L’ensemble de la photo même les objets en mouvement sont nets ? Le temps de pose est probablement court. Il faut aussi penser au type de sujet photographier, des nuages qui se déplacent lentement auront besoin d’un temps de pose long pour être flou comme 1 s, alors qu’un oiseau en vol sera facilement flou même à 1/250 s.
  • Quelle est la valeur ISO ? Voyez-vous du bruit numérique ? Essayez de zoomer dans la photo pour mieux le voir. Beaucoup de bruit signifie généralement des ISO élevés (ou une sous-exposition).
  • Quel objectif a été utilisé ? Ce n’est pas simple à savoir. Mais généralement : si vous avez une distorsion importante sur les côtés, un grand champ de vision et une impression de distance entre les éléments c’est un grand angle. Si la distorsion sur le côté n’est pas importante, si le champ de vision est restreint et que vous avez une impression de compression des plans c’est un téléobjectif.
  • L’exposition :  l’image est-elle surexposée (des zones sont très claires voire blanche, sans aucun détail, par exemple les nuages) ou sous-exposée (des zones sont très sombres, voire noires sans aucun détail, avec du bruit numérique, les peaux peuvent devenir magenta ou orangées) ?
  • S’agit-il d’une photo high key / low key ? À ne pas confondre avec l’exposition, on ne fait pas une photo high key en surexposant, on ne fait pas une photo low key en sous-exposant, c’est une histoire de dominante de tonalité. Si la photo a une dominance de tons clairs : c’est du high key, si la photo a une dominance de tons sombres : c’est du low key. Il est possible qu’aucun ton ne domine plus que l’autre et que la photo ne soit ni du high key ni du low key.
  • Des accessoires ont-ils été utilisé ? Comme un trépied pour la stabilité, un filtre ND pour une longue pose, un filtre polarisant ou un pare-soleil pour éviter les reflets ?
  • L’appareil photo est-il immobile ou en mouvement ? Si il est mouvement vous devriez voir du flou directionnel sur l’ensemble de la photo.

Dans notre exemple :

La mise au point semble avoir été faite sur le sujet, c’est là où la photo est nette, ce qui est plutôt logique. Faire la mise au point un peu avant le sujet (à 1/3 de la scène) aurait pu permettre de maximiser la profondeur de champ et donc la netteté acceptable.

La profondeur de champ est grande, une petit ouverture type f/11 a dû être utilisée.

Au niveau du temps de pose, comme on l’a vu malgré le léger mouvement de l’eau ce dernier est figé, le temps de pose doit être entre 1/125 s et 1/250 s. Pour les nuages, on observe un léger flou de mouvement notamment sur les bords, une pose un peu plus longue comme une seconde a peut-être été utilisé.

Dans la photo on voit pas mal de bruit numérique dès qu’on zoom un peu (encore plus dans les zones sombres). Cette grande quantité de bruit semble logique vu que le moment de la prise de vue offre peu de lumière, que l’ouverture assez fermée, et que le temps de pose reste assez court, il ne reste que les ISO pour compenser, ils doivent être autour de 1600.

Pour l’objectif, on a un angle de champ assez large, peu de distorsion sur les bords, on n’a pas de compression des plans, on doit être sur un grand angle entre 24 et 35 mm.

Pour l’exposition, on a du détail dans les zones les plus lumineuses (en haut à droite en zoomant), les zones les plus sombres en revanche semblent sous exposées, on a peu des détails voire quelques aplats noirs sans détails au niveau de l’eau proche des rochers. On remarque aussi qu’il y a beaucoup de bruit dans les zones sombres. Tout ceci nous indique que la photo est un peu sous-exposée (c’est souvent le cas en numérique en mesure incident de la lumière au posemètre interne). Exposer en contre-jour est aussi un exercice très difficile. Et surtout on est sur une technique de silhouette, quand on la fait à la prise de vue on expose pour le ciel et les parties moins exposées seront donc sous-exposées. Et même si la photo est composée de plusieurs photo, la partie avec l’eau a été prise avec un temps de pose court pour figer le mouvement de l’eau, ce qui peut entraîner une sous-exposition.

Les tons de la photo sont équilibrés, ce n’est ni un high key ni un low key. On peut mettre la photo en noir et blanc pour mieux s’en rendre compte.

Au niveau des accessoires un trépied a probablement été utilisé, la luminosité reste faible, le temps de pose un peu long, et la photo est globalement assez nette (sans flou de bougé), avec éventuellement un déclencheur à distance.

9-La lumière (important)

La lumière est un aspect fondamental de la photographie, pour rappel (photographie signifie écrire avec la lumière).

Cette étape, bien que difficile à analyser avec certitude, me semble importante quand l’on veut comprendre comment est faite une photo.

Question à se poser :

  • La gestion du modelé (en portrait studio) : quel modeleur a été utilisé ? Pour le coup à moins d’avoir beaucoup d’expérience c’est assez difficile à savoir, éventuellement on peut voir la forme du modeleur de la keylight dans l’œil du sujet.
  • Quel schéma de lumière a été utilisé ? Là aussi pour les schémas complexes, c’est très difficile de savoir ce qui a été utilisé.  Mais vous pourrez peut-être reconnaître un schéma de base comme l’éclairage en loop, butterfly ou split. Vous pourrez reconnaître si il y a une rim light (liseré lumineux autour du sujet), une lumière qui éclaire le fond…
  • Il y a-t-il une ou plusieurs sources de lumière ?
  • S’agit-il d’une lumière douce ou dure ? Regardez les bords des ombres, si ils sont nets c’est une lumière dure (petite source et/ou éloignée), si elles sont progressive c’est une lumière douce (grande source et/ou source proche)
  • Quelle est l’orientation de la lumière ? Frontale, latérale, arrière.
  • S’agit-il de lumière naturelle ou le photographe a-t-il utilisé un flash ? Ou les 2 ?
  • À quel moment de la journée la photo a-t-elle été prise ? Si elle a été prise à l’extérieur, s’agit-il du lever du soleil, de la mi-journée, du coucher du soleil ou de la nuit ?
  • Y a-t-il des points où la lumière est abondante ?

Dans notre exemple on a beaucoup de lumière en haut à droite (vers le coucher de soleil), on est en lumière arrière (ou backlighting) et la lumière est unique et naturelle, aucun flash ne semble avoir été rajouté.

La photo a été prise en fin de journée, la lumière d’un coucher de soleil est bien plus rouge orangée qu’un lever de soleil.

10-Le positionnement de l’observateur

La façon dont le spectateur peut interagir avec la photo peut également être guidée par la façon dont il est positionné par rapport au sujet, en clair du point de vue qu’offre la photo (et donc de la perspective.

Questions à se poser

  • Quel est l’angle de vue prise de vue ? Plutôt en plongée ou en contre-plongée ? Ou parallèle au sol ? Attention, parfois c’est subtil.
  • Quel est la hauteur de prise de vue ? Bassin, poitrine, au niveau de la tête, au sol, depuis les airs ?
  • À quelle distance se trouve le spectateur du sujet dans la photo ?
  • Le sujet est-il vu depuis une orientation verticale (indiquant : supériorité/infériorité, force/vulnérabilité, engagement, créativité, etc.), un angle horizontal (indiquant : détachement, désengagement, agrégation de l’espace, etc.), ou des angles obliques (indiquant l’informalité, la spontanéité, le dynamisme, etc.)

Ici, le spectateur est un peu éloigné de l’homme, séparé par une étendue d’eau.

L’appareil photo semble légèrement penché en avant, en plongée, (on voit bien l’ensemble de l’eau jusqu’aux montagne), au niveau de la hauteur on doit être au niveau de la poitrine environ, presque à hauteur des yeux.

C’est comme si le spectateur était assis à une courte distance derrière l’homme, l’accompagnant dans ses pensées mais aussi dans le décor. L’homme n’est que très légèrement surélevé, car la prise de vue est réalisée légèrement d’en-dessous. Cet ajout contribue au sentiment d’indépendance du sujet, car le spectateur l’observe le sujet depuis un lieu de force (sa position est plus élevée que celle du spectateur).

11-Le timing / le moment

Le timing affecte le résultat de la photo peu importe le type (sauf la photo abstraite peut-être ?), bien souvent c’est une histoire de timing.

Bon certains n’aiment pas l’anglais, alors parlons plutôt du « bon moment ».

Lorsque quelque chose bouge dans le cadre, vous devez déclencher au bon moment. Mais même dans une photo plus statique, comme une photo de paysage, le timing reste important. Par exemple si vous prenez une photo de paysage quand l’éclairage n’est pas optimal : c’est le mauvais moment (timing).

C’est une erreur courante lorsque l’on prend une photo d’un coucher de soleil par exemple, une fois que le soleil est passé sous l’horizon, au lieu de partir, il faut attendre et observer. La couleur change au fur et à mesure que le temps passe. Rien d’autre ne peut changer dans votre cadre, mais la couleur du ciel, elle, change.

Question à se poser :

  • Est-ce que le photographe aurait pu prendre la photo plus tôt ou plus tard ? (Dans le cas d’une photo en lumière naturelle)
  • Comment la lumière se reflète sur la scène ? Est-ce qu’attendre ou venir plutôt aurait apporté une meilleure lumière ?
  • Dans le cas où vous photographiez des objets en mouvement comme des voitures de courses demandez-vous si vous ne devriez pas déclencher avant même que la voiture rentre dans votre cadre ? Et même jusqu’à ce qu’elle soit complètement sortie ?

12-Post-traitement

Dans cette étape on va essayer de déterminer s’il y a eu un post-traitement particulier sur la photo. Ce n’est pas une étape simple, il est toujours de difficile de savoir exactement ce que le photographe a fait si ce n’est pas votre photo.

Questions à se poser :

  • La photo semble-t-elle avoir été développé à partir d’un fichier RAW ou est-elle un JPEG ?
  • Observez-vous une technique de post-traitement particulière ? (HDR, Dodge and Burn, retouche de la peau, ajout de grain…)

Dans notre exemple :

La photo utilise sans doute la technique du HDR car les temps de pose entre les nuages avec un effet de filé et l’eau figée ne semblent pas cohérents. Cette technique est aussi souvent utilisée pour les scènes avec une large plage dynamique (ce qui est le cas quand on a un coucher de soleil).

Au vu des textures des nuages et des couleurs, la photo a sans doute été développée à partir d’un fichier RAW avec augmentation de la texture et de la vibrance.

13-Donnez votre avis final sur la photo

La photo est-elle réussie à votre sens ? Pourquoi ?

Pourquoi aimez-vous cette photo ?

Sens et message ?

Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’une photo doit vouloir absolument dire quelque chose, qu’une photo doit avoir un sens, un message ou encore qu’elle doive raconter une histoire.

Le meilleur contre-exemple à tout ça est une photo abstraite, elle n’a rien de tout ça et pourtant elle peut être réussie. Ou même une photo de portrait, qui peut simplement être… une photo de portrait et c’est très bien comme ça.

En plus de cela, cette question sera toujours sujette à interprétation, même si vous appuyez votre analyse sur des preuves, bien souvent le photographe a pris une photo car il trouvait la scène intéressante ou jolie et ça ne va pas chercher plus loin ! (Et ce n’est pas la peine de chercher plus loin).

Certains photographes glisseront peut-être des signes et des symboles véhiculant un sens caché, mais ça reste rare, et même si c’est le cas, peu de personne le verront ou n’essaieront de comprendre.

Dans le cas où vous prenez votre photo pour communiquer un message, la seule chose à faire est de vous assurer qu’il soit clair et simple à comprendre.

S’il ne l’est pas, demandez-vous comment pouvez-vous prendre la photo d’une manière différente pour que les gens remarquent et comprennent davantage le message ?

S’entraîner

Vous pouvez aller sur des banques de photos payantes ou gratuite. Bon le problème avec les payants c’est que vous aurez de gros logos sur les photos.

Ça ne sera pas le cas avec les banques gratuites, vous avez par exemple Unsplash ou Pexels. Téléchargez une photo avec un maximum de pixels pour pouvoir l’afficher en grand et pouvoir zoomer dedans.

Vous pouvez aussi vous entraîner sur des photos de photographes connus (Henri Cartier-Bresson, Ansel Adams etc) vous trouverez sans doute plein d’informations et d’analyse dessus (bon, bien souvent on tombe dans la surnalyse.)

Mot de la fin

« C’est bien sympa tout ça, mais il y a quand même beaucoup d’étapes et beaucoup de questions ! »

Et je suis bien d’accord avec vous ! Comme d’habitude je pousse le sujet assez loin. Mais je vous rassure pour chaque photo que vous analysez vous n’êtes pas obligé de faire toutes les étapes (comme le contexte ou les données de base), ni de vous poser toutes les questions. Dîtes-vous juste que sur cet article vous avez la « méthode complète » mais vous n’êtes obligé de tout faire.

Surtout que certaines questions vont être difficilement solubles ! Par exemple pour les schémas de lumière utilisé ou les techniques de post-traitement il sera très difficile de savoir ce qui a été fait exactement, et le plus simple sera de demander au photographe directement (ou de vous renseigner si c’est une photo connue).

Les étapes les plus importantes sont surtout l’humeur, la composition, la technique et la lumière.

L’analyse peut être intimidante au début, puis avec la pratique, vous le ferez sans penser consciemment à chaque étape, chaque question.

Moi je vous laisse ici à vos analyses et je vous dis à bientôt sur les internets MONDIAUX !

J’ai aussi une chaîne YouTube !

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