14 décembre 2023

Photo de filé de voiture de nuit : le guide des traînées lumineuses

Par Gaëtan Berthouly

14 décembre 2023


Aujourd’hui on va parler de traînées ! Je vous rassure, je n’insulte personne. Je parle bien évidemment de traînées lumineuses !

C’est une technique un peu “avancée” en photographie qui s’appuie sur le principe des expositions longues. Cette technique fonctionne sur à peu près n’importe quelle source de lumière en mouvement.

Comme d’habitude, à travers cet article le but est d’écrire une véritable ressource sur ce sujet. Vous allez donc trouver beaucoup d’informations que mettrai à jour, et remettrai en forme avec le temps !

En avant Guingamp !

Les bases de la photographie vous intéressent ?

Version vidéo :

Le matériel pour les photos traînées lumineuses

Une fois n’est pas coutume nous allons commencer par la case matériel. On est sur une technique particulière, ce qui implique un minimum d’équipement, mais pas tant que ça non plus.

Un appareil photo

Évidemment ! Mais, je vais spécifier 2-3 trucs intéressants.

Déjà, la bonne nouvelle, c’est que globalement, n’importe quel appareil photo devrait faire l’affaire, il suffit qu’il ait la possibilité de régler un temps de pose long d’au moins 5 secondes. On peut régler un temps de pose allant jusqu’à 30 secondes sur les boîtiers photo récents, donc ça devrait être ok de ce côté là. C’est un temps d’exposition largement suffisant pour obtenir votre effet de traînées lumineuses (sachant que 10 à 20 secondes peuvent déjà faire l’affaire).

Donc pas la peine de revendre vos organes au marché noir pour investir dans un boîtier onéreux. Rangez-moi ce scalpel et cette poche de glace !

Le smartphone, ça passe ?

Vous pouvez même avoir l’audace d’utiliser l’appareil photo d’un smartphone récent et moderne.  Il existe de nombreuses applications qui vous aideront à capturer des traînées de lumière.

Sur les appareils iOS, vous pouvez essayer l’application “Slow Shutter Cam” ou « ProCam X » sur Android, qui vous permet d’utiliser des vitesses d’obturation allant jusqu’à 60 secondes et même un mode bulb.

Pour venir nuancer ces quelques lignes ci-dessus (et faire retomber votre joie) : il faut tout de même savoir que les appareils photo 24×36 (dit « full frame »), généralement plus chers que les APS-C et 4/3, sont plus performants pour la photographie en basse lumière, comme c’est le cas en photo de traînées lumineuses.

Et un boîtier 24×36 sera d’autant plus indiqué si vous ne pouvez (ou voulez) pas utiliser des vitesses d’obturation très lentes et que vous devez augmenter la sensibilité ISO (et donc potentiellement le bruit numérique) pour équilibrer votre exposition. En effet, les boîtiers 24×36 ont généralement une meilleure montée en ISO que leurs cousins aux capteurs plus petits (aussi appelés capteurs à crop factor), et donc moins de bruit visible (notamment dans les zones les plus sombres) que des boîtiers aux capteurs plus petit pour une valeur ISO comparable.

Mais, ce qui est bien, c’est que dans la photographie des traînées de lumière nous avons le temps pour capter la lumière. Nous allons en effet exposer pendant plusieurs secondes. Vous n’aurez normalement pas besoin de trop augmenter la sensibilité ISO, donc même un capteur un peu plus petit devrait suffire.

MAIS, gardez dans un coin de votre cerveau qu’avoir un capteur (trop) petit peut vous obliger à :

  • augmenter vos ISO, pouvant entraîner un effet granuleux à cause du bruit numérique (si vous ne voulez pas faire des pauses trop longues, et ça dépend aussi des conditions lumineuses) ;
  • allonger votre temps de pose, ce qui peut vous contraindre à prendre de longues traînées lumineuses (ce que vous ne souhaitez pas forcément), ce qui peut aussi allonger votre séance photo (car chaque photo prend plus de temps à prendre) ou vous contraindra à faire moins de prise de vue donc moins d’essais (vu que ça prend plus de temps de prendre une photo) ;
  • ouvrir encore plus l’ouverture, ce qui va réduire la profondeur de champ et donc la zone de netteté acceptable.

Pour résumer, en conditions de base luminosité en longue exposition, les appareils photo à petits capteurs peuvent donner des fichiers assez propres, mais peuvent vous rajouter des contraintes en fonction de ce que voulez faire.

Les objectifs

Bonne nouvelle, là aussi, n’importe quel objectif fonctionnera pour les traînées de lumière. Voyons un petit peu comment chaque caractéristique va influencer votre photo.

Distance focale et angle de champ : globalement, vous pouvez utiliser n’importe quel objectif, de l’ultra grand-angle au téléobjectif. l’objectif choisi dépendra de votre scène et l’angle de champ souhaité.

Plus votre scène sera large plus il vous faudra un objectif court pour avoir un large angle de champ, comme un grand angle (entre 24 et 35 mm équivalent 24×36). Les objectifs fish-eye et grand angle sont aussi les mieux adaptés pour les points de vue en hauteur sur les rues des villes ou pour avoir de grands monuments dans votre cadre.

Les téléobjectifs fonctionnent mieux lorsque vous photographiez une route. Les traînées se perdent dans le lointain, grâce à leur effet de compression de la perspective. L’objectif grand angle permet de voir davantage les environs, les tracés deviennent plus fins et, plus élégants avec de type d’objectif court. Tandis que les téléobjectifs donneront des traînées plus épaisses pour une même distance de prise de vue, car on sera visuellement plus proches d’elles. À vous de voir l’effet que vous voulez donner.

En fin de compte, le choix de la distance focale dépend souvent de votre distance par rapport à la scène, de la place que vous voulez que vos traînées lumineuses prennent dans le cadre, et de vos goûts personnels. 

Ouverture de l’objectif : les traînées de lumière rendent mieux dans des conditions de faible luminosité, l’ensemble de la scène obscure fera ressortir par contraste les traînées lumineuses claires.

Comme je le disais, les traînées lumineuses sont le résultat de la capture de longues expositions (de la circulation en mouvement dans les rues de la ville en général). Et c’est une bonne nouvelle : cela signifie que vous n’avez pas besoin d’un objectif rapide, généralement, ils, plus cher. Un objectif rapide est une optique qui ouvre grand et permet de faire rentrer plus de lumière, utile en faible luminosité quand on ne peut pas allonger son temps de pose (mais ce n’est pas notre cas ici.

Disposer d’un objectif à grande ouverture pourrait être un avantage pour vous laisser plus de possibilités quant au temps de pose et aux ISO, mais ce n’est pas obligatoire.

Autofocus et IS : par faible luminosité la mise au point automatique fonctionne rarement, vous devrez donc faire la mise au point manuellement. Un frisson vous a parcouru le long du dos ? Mais non, ce n’est pas grave de devoir faire la mise au point manuellement. Vous allez être dans une position stable et vous aurez du temps pour faire la mise au point à la main. Ce n’est pas un type de photo qui demande de la réactivité.

Vous n’avez pas besoin de système stabilisation (IS) d’objectif car vous utiliserez un trépied. Et sur trépied, il faut même désactiver la stabilisation, sinon cela créera du flou sur l’ensemble de la photo.

Un trépied

C’est un accessoire indispensable pour ce type de photo, ça sera officiellement votre nouveau meilleur pote (bien plus fiable que votre ancien meilleur pote humanoïde).

En effet, vous ne pourrez pas réaliser de prises de vue à main levée avec de longs temps de pose, cela introduirait beaucoup de flou de bougé dans votre photo dû aux tremblements de l’appareil photo tenu par votre main.

De manière générale pour ce type de photo seules les lumières seront en mouvement, donc il faudra que votre appareil photo soit stable. Après, comme d’habitude, cela peut aussi être un choix personnel de faire un effet de flou intentionnel à main levée (mais ce n’est pas ce qui est fait généralement pour ce type de photo).

Un déclencheur par câble ou une télécommande sans fil

Toujours lié à la stabilité évoquée juste avant, il va falloir évitez le contact direct avec votre appareil photo pour réduire tout risque de flou bougé. Et comment on fait ça ? Avec la magie d’un déclencheur à câble ou d’une télécommande sans fil.

Cet accessoire miracle est particulièrement important si vous utilisez le mode Bulb. En effet dans ce mode de prise de vue, on doit habituellement maintenir le bouton pour prendre une photo enfoncé pour maintenir l’obturateur ouvert. Le flou de bougé est donc difficilement inévitable. Heureusement une télécommande à distance permet de faire pareil sans toucher votre appareil, en déclenchant… à distance (comme son nom l’indique).

Remarque

Préférez un déclencheur sans fil plutôt qu’à câble pour être sûr de ne pas introduire de vibration dans votre cliché.

Un pare-soleil

Ce n’est pas un accessoire essentiel, mais il peut aider à éviter les reflets de la lumière ambiante sur votre photo. Ce qui est courant et un véritable problème dans les zones urbaines.

Je vous rappelle que le pare-soleil ne bloque pas les rayons de sources apparaissant dans le cadre, mais uniquement hors cadre (donc non visible sur la photo).

Une lampe torche

Vous devriez également envisager d’utiliser une lampe torche pour vous aider à vous repérer dans les environnements sombres et éviter de vous casser la gueule. Vous pourriez aussi utiliser une lampe frontale pour garder vos mains libres ou utiliser la fonction « lampe torche » de votre téléphone.

Par ailleurs, si vous êtes proche de la circulation, même si vous ressemblerez à E.T. qui veut « rentrer maison », cette lumière aura le mérite de vous rendre visible !

Remarque

Une lampe torche avec une lumière rouge c’est encore mieux. En effet, la lumière rouge permet de mieux voir tout en permettant à vos yeux de s’habituer à la faible luminosité. De cette manière quand vous allez l’éteindre, le temps d’adaptation de vos yeux sera plus court.

Une tenue adéquate

Des chaussures confortables : c’est souvent sous-estimé, et pourtant essentiel pour toute séance de photographie qui implique une sortie en extérieur. En effet, il est probable que vous déambuliez pendant un certain temps pour essayer de trouver le bon endroit, à moins que vous ayez fait quelques repérage en amont sur le terrain ou sur Google Maps en mode « street view ».

Alors assurez-vous d’avoir une bonne paire de chaussures ou de bottes. Ce n’est pas indispensable, mais si vous pouvez, c’est mieux.

Des vêtements chauds : en plus de chaussures confortables, il est important de s’assurer que vous êtes bien emmitouflé, surtout si vous travaillez en automne ou en hiver. En été vous pouvez vous mettre à poil, il vous suffira de courir plus vite que la police (ne faîtes pas ça).

https://unsplash.com/fr/photos/cyg3DD6Y69A

Quels sont les meilleurs sujets pour les photos traînées de lumière ?

La base pour créer des traînées de lumières est d’avoir quelque chose émettant de la lumière qui se déplace dans votre scène.  Cela peut être donc : une voiture, une moto, un bus, un train, un cycliste ou encore un avion, donc de manière général les véhicules sont de bons sujets. Mention spéciale aux camions ou bus qui vous permettent de photographier des traînées lumineuses en hauteur, ce qui est assez original comme on peut le voir ci-dessous.

Un sujet peut-aussi être un bâtiment en mouvement (même si c’est rare) ou un feu d’artifice. Mais de manière générale le sujet le plus simple, classique est la paire de phares de véhicules mobiles motorisés. Votre pote bourré qui court à poil avec une lampe dans le derrière peut aussi fonctionner (ne faîtes pas ça svp).

Distance et sécurité

Veillez à garder vos distances avec la trajectoire du véhicule que vous photographiez. Sinon vous risquez d’augmenter la probabilité de… mourir. Ou pire, lors de l’impact vous allez abîmer le véhicule d’un conducteur qui n’a rien demandé !

Plus sérieusement : ne vous tenez pas au milieu de la route ou sur les voies ferrées, placez-vous dans un endroit sûr, désaxé. Soyez toujours conscient de votre environnement en posant quelques regards circulaires autour de vous. En effet, il est facile de s’immerger dans ce que vous photographiez et de perdre de vue l’endroit où vous vous trouvez.

La photo c’est bien, mais pensez à votre sécurité avant tout !
https://unsplash.com/fr/photos/DrR_2OOSJ78

Quels sont les meilleurs sujets pour la photographie à longue exposition ?

Petite parenthèse ici sur les longues expositions, elles ne sont pas uniquement adaptées aux traînées lumineuses, elles conviennent aussi aux paysages marins et aux paysages avec des éléments en mouvement en général. 

Pour obtenir une image longue exposition réussie, il est essentiel que l’image soit parfaitement immobile… tout en étant en mouvement. Troublant n’est-ce pas ?

En fait, l’ensemble est fixe (grâce à la stabilité de l’appareil photo) mais une partie de la photo sera en mouvement dû à la nature des éléments. Par exemple, les éléments naturels comme : l’eau, les nuages et les arbres soufflés par le vent fonctionnent bien si le reste de votre scène est parfaitement immobile. 

Ce contraste visuel entre les éléments dynamiques et le reste de la scène figée créera un effet pictural, voire surréaliste et ajoutera un intérêt important à votre photographie. Le spectateur verra quelque chose qui ne peut être vu à l’œil nu.

Une des raisons pour lesquelles les images à longue exposition sont si convaincantes c’est qu’elles semblent « déformer le temps » : les lumières deviennent des tracés, l’eau se transforme en une douce brume, les arbres ressemblent à des boule floue, et les nuages deviennent de longs filaments cotonneux. C’est ce genre de détails qui ajoutent de l’intérêt à une scène pourtant banale à l’origine.

D’ailleurs, si les longues poses vous intéresses de manière générale, je vous donne 35 idées sujets pour vos longues expositions ici.

https://unsplash.com/fr/photos/G7VN8NadjO0

Comment trouver un endroit intéressant pour les photos de traînées lumineuses ?

On parlait juste avant de sujet, parlons maintenant d’endroit, quel est l’habitat naturel des traînées lumineuses ?

La chose la plus évidente avec l’emplacement est que vous aurez besoin qu’il soit quelque part près d’une route. C’est une première étape basique. Mais si vous voulez passez au niveau supérieur pensez à choisir un endroit qui ajoute de l’intérêt au plan d’une manière ou d’une autre.

« Mais ça veut dire quoi un endroit intéressant ?« 

Cela peut être un endroit où il y a des bâtiments bien éclairés le long de la route, un endroit où plusieurs routes se rejoignent pour créer des tracés lumineux dans différentes directions, dans le virage d’une route pour que les traînées traversent l’image et se courbent, près d’un rond-point pour qu’elles créent des formes circulaires, au milieu d’une route à deux voies pour que la circulation soit à double sens et avoir des tracés rouge d’un côté et blanc de l’autre, etc vous voyez l’idée.

Les zones urbaines sont de bons endroits pour trouver des angles et des emplacements uniques. La méthode la plus courantes consiste à se tenir sur le bord de la route et à photographier la circulation lorsqu’elle vient vers vous, ou bien vous pouvez trouver un passage en hauteur et orientez votre appareil photo en plongée (vers le bas) sur une autoroute ou une nationale très fréquentée.

Trouver une position encore plus élevée peut conduire à des images fantastiques, par exemple à travers une fenêtre donnant sur la ville ou, si vous pouvez y accéder, sur un toit. Cela dit, un léger filet lumineux serpentant à travers un paysage noirci dans la campagne peut donner une image vraiment belle et atmosphérique.

En définitive, vous avez besoin d’un endroit où il y un trafic en mouvement, choisissez simplement un endroit très fréquenté, et le moment le plus propice pour avoir un flux de circulation nocturne suffisant.

Toutes les traînées de lumière ne sont pas égales

Les ronds-points sont de beaux endroits, mais s’il y a trop de circulation, ils peuvent donner des images très brouillonnes.

Les meilleures traînées de voitures sont celles qui vont toutes dans la même direction et qui vont guider l’œil du spectateur à travers l’image.

Ci-dessous, je vous ai concocté une petite liste non exhaustive de bons endroits (ou « spots ») pour photographier des trainées lumineuses.

Les tunnels et ponts

Si votre ville dispose de tunnels pour les voitures ou de ponts, vous pouvez photographier le trafic routier qui y passe. Vous pouvez utiliser un long téléobjectif pour de longues expositions sur un pont ou des structures similaires. 

Attention, gardez à l’esprit que les vibrations du passage des véhicules peuvent facilement rendre vos images floues. Donc parfois, même sur trépied, il peut être pertinent d’activer la stabilisation de l’image.

Les longues avenues

Les longues avenues droites sont des endroits parfaits pour ce type de photos. Vous verrez les tracés lumineux se perdre au loin, convergeant en un point de fuite. Un objectif avec un angle de champ un peu serré comme un objectif standard ou un téléobjectif est idéal pour ce genre de photographie de traînées de lumière.

Les ronds-points

Les ronds-points sont des endroits intéressants pour créer un autre type de traînée lumineuse : des tracés courbes et circulaires. En particulier avec un objectif grand angle ou fish-eye. Essayez de capturer les voitures tout en faisant le tour du rond-point. 

Vous obtiendrez une sorte de carrousel urbain, cet effet rendra d’autant mieux si vous pouvez élever votre appareil photo au-dessus du niveau du sol.

Les monuments et bâtiments

Mais de manière générale les traînées lumineuses légères et seules sont rarement assez intéressantes. Il y a quelques exceptions notables, comme les tracés lumineux légers qui longent une route sinueuse sur un sommet de montagne.

Donc, acoquiner ce type de traînées lumineuses légères à des bâtiments ou des monuments est une bonne idée. Ce sont des sujets parfaits pour la photographie de traînées lumineuses qui viendront les habiller et ajouter cette petite touche originale.

Les chemins de fer

Il se peut que des chemins de fer passent dans votre ville, ou pas loin. Si vous avez un pont au-dessus d’eux, vous pouvez photographier les lumières des trains qui passent.

Sachez qu’il est rare de photographier deux trains qui se croisent. Alors une astuce consiste à photographier le premier train qui passe. Attendez de pouvoir photographier un deuxième train venant de la direction opposée. Combinez ensuite les deux photos dans un logiciel comme Photoshop. De cette façon, vous obtiendrez des traînées rouges et blanches/jaunes dans une seule photo.

C’est une des raisons pour lesquelles les feux des voitures sont parfaits aussi pour ce type de photo, car ils ont deux jeux de lumières différents visibles sur des routes à deux voies allant dans des sens différents.

Les aéroports

Si vous avez une belle vue sur les pistes d’un aéroport très fréquenté, c’est parfait !

Habituellement, les traces lumineuses des avions qui passent dans le ciel la nuit sont visibles sur les photographies, elles apparaissent sous la forme d’une série de points dans le ciel.

Mais à l’atterrissage ou au décollage c’est une autre histoire : les pilotes allument une forte lumière frontale qui ne clignote pas. Cela laisse une traînée lumineuse continue qui monte dans le ciel, une version originale de cet effet.

Les paysages

Vous pouvez ajouter des tracés lumineux à un paysage nocturne. La photographie de tracés lumineux met davantage en valeur le paysage choisi, en y ajoutant de la lumière et un intérêt supplémentaire (et du dynamisme comme vu précédemment).

Il se peut qu’il n’y ait pas de voitures qui passent au moment où vous photographiez. Mais le plus souvent, il y a au moins une voiture à proximité : la vôtre. Cela vous offrira l’opportunité de photographier des traînées de lumière.

C’est plus facile bien sûr si vous pouvez obtenir l’aide d’un ami. Mais si vous n’en avez pas (comme moi) vous pouvez aussi conduire votre voiture et utiliser un câble de déclenchement à distance pour déclencher l’obturateur. Un peu comme un flash radar, mais sans les frais qui vont avec.

https://unsplash.com/fr/photos/dPgPoiUIiXk

Les réglages pour des photos de trainées de lumières réussies

Prendre les photos en format RAW (ou RAW + JPEG)

Attention le RAW c’est plus lourd que du JPEG ! La prise de vue brute vous donnera beaucoup plus de contrôle créatif et de latitude pour corriger des problèmes de balance des blancs ou de luminance. Cela vous facilitera également la tâche si vous devez récupérer un peu de détails dans les zones les plus claires et sombres, ou pour réduire le bruit.

Régler ses ISO au plus bas

Comme vous travaillerez avec de longs temps de pose, vous aurez normalement l’opportunité de régler votre appareil photo sur des valeurs basses comme 100 ou 200 ISO. Cela signifie que les zones les plus sombres auront peu (voire pas) de bruit numérique visible. En effet, c’est souvent dans ces zones que le bruit se loge le plus.

Cependant, rappelons quand même que les appareils photo numériques récents ont la capacité de traiter des ISO élevés sans faire apparaître trop de bruit. De manière générale, vous pouvez monter entre 800-1600 ISO sur APS-C et 1600-3200 ISO sur 24×36. Mais ce n’est qu’indicatif, le mieux c’est de connaître les performances de votre boîtier. Avant de partir sur le terrain testez les limites et les capacités de votre appareil à gérer les ISO.

D’ailleurs, les appareils photos très récents gèrent encore mieux la montée en ISO.

Je vous déconseille de mettre vos ISO en mode automatique, ils pourraient exploser par surprise. Il n’y a rien de pire que de se rendre compte à la maison que vos photos sont toutes bruitées à cause d’ISO trop élevées. Si vous le pouvez, régler vos ISO en automatique mais sur une plage ISO à ne pas déplacer.

L’ouverture à f/8 pour commencer

L’ouverture va dépendre :

  • de la profondeur de champ et donc de la zone de netteté acceptable que vous souhaitez dans votre photo, et des éléments que vous voulez rendre plus visibles ;
  • de ce que vous permettra de régler votre temps de pose et vos ISO ;
  • de l’orientation de vos traînées lumineuses, si elles s’étendent en profondeur alors une petite ouverture (et donc un grande profondeur de champ) peut être pertinente ;
  • de l’effet que vous souhaitez obtenir, si vous souhaitez obtenir de longues traînées lumineuses intenses alors vous allongerez votre temps de pose, pour éviter une surexposition vous serez peut être contraint(e) de fermer l’ouverture pour compenser.

Pour avoir une zone de netteté acceptable plus profonde il vous faudra réduire l’ouverture (donc augmenter le chiffre de l’ouverture) et pour avoir une zone de netteté plus restreinte, élargir l’ouverture (donc diminuer le chiffre de l’ouverture).

Une ouverture plus grande va permettre de récupérer de la lumière si besoin si vous raccourcir votre temps de pose (pour des traînées plus courtes et moins lumineuses) ou si vous voulez diminuer les ISO (pour diminuer le bruit).

Remarque

Vous voudrez probablement que votre image soit aussi nette que possible visuellement car vous serez sans doute en photo de paysage, en particulier dans les zones urbaines où on peut trouver des premiers-plans intéressants. Et pareil si vos traînées s’étendent en profondeur, vous voudrez qu’on les voit bien.

Comme réglage repère : commencez autour de f/8, c’est un bon début. Vous réglerez votre ouverture entre f/8 ou f/16.

Temps de pose à 5 s pour commencer

Techniquement, plus long que 5 secondes, il n’y a pas de bon ou de mauvais temps de pose. Une fois de plus : expérimenter, tester, etc. En effet, toute exposition inférieure à 5 secondes peut entraîner des traînées de lumière discontinues. Et ce que vous recherchez (normalement), ce sont de longues traînées de lumière continues.

Le réglage dépend de l’intensité de la source, sa vitesse de déplacement, et de l’effet que vous souhaitez. Plus le temps de pose est long plus vous allez enregistrer de traînées en quantité, plus elles seront longues et plus elles seront intenses (elles se superposeront).

On règle en général à 5 secondes pour commencer (grand minimum), et on peut aller jusqu’à 30 secondes, voire plus (dans ce cas il faudra passer en mode bulb). Donc commencez avec une exposition de 5 secondes, et augmentez de 5 en 5.

De nombreux photographes ont tendance à rester sur des temps de pose de l’ordre de 30 secondes. Et généralement ça marche très bien.

30 s de temps de pose par photo, ça fait que vos séances photos seront assez longues par rapport à l’accoutumé, ou que vous aurez la possibilité de faire moins de photos, et donc moins d’essais. Or, habituellement, plus vous prendrez de photos, plus vous avez de photos réussies !

Ce qu’il faut retenir, c’est que plus la durée de votre vitesse d’obturation augmente, plus votre image sera lumineuse (vous capturerez plus de lumière).

Pour rééquilibrer l’exposition (si vous avez allongé votre pose sans rien toucher d’autre et que vous avez donc trop de lumière), vous pouvez donc réduire l’ouverture ou diminuer la sensibilité ISO (ce qui est préférable pour diminuer l’aspect granuleux du bruit).

Mode bulb

Il peut arriver qu’une exposition de trente secondes ne suffise pas pour obtenir les tracés lumineux que vous recherchez. Dans ces cas-là, vous pouvez régler votre appareil photo sur le « mode Bulb ».

De nombreux appareils photo numériques sont équipés de ce mode de prise de vue. C’est non seulement un mot très marrant, mais ça vous permet aussi de garder l’obturateur ouvert aussi longtemps que vous le souhaitez et de faire des expositions allant au-delà de 30 s. Votre obturateur restera alors ouvert aussi longtemps que vous maintiendrez le bouton de l’obturateur enfoncé comme par exemple quelques minutes plutôt que quelques secondes, si vous le souhaitez.

Dans ce mode, les temps de pose sont très longs (plus de 30 s en général), c’est pourquoi il est essentiel de se munir d’un déclencheur ou d’une télécommande sans fil, sinon votre main restera longtemps sur l’appareil et, surtout par temps froid (éventuellement), fera trembler votre appareil.

« Mais comment se régler en mode bulb ?« 

En vous assurant que votre appareil est réglé sur « Manuel », continuez à tourner la molette de l’obturateur jusqu’à ce que vous atteigniez 30 secondes. Puis tournez à nouveau jusqu’à ce que l’écran de votre appareil photo indique « Bulb ».

Ce mode peut être très pratique dans ce type de photographie pour chronométrer vos prises de vue avec précision notamment en utilisant un intervallomètre ou un simple déclencheur à distance pour éviter tout mouvement de l’appareil pendant que l’obturateur est ouvert.

Mode de prise de vue : manuel pour un contrôle total

Les modes semi-automatiques sont utiles quand on veut prendre une photo « normale », le posemètre sera utile pour régler automatiquement les autres paramètres, ça permet d’avoir de bons réglages rapidement. Le posemètre est une aide précieuse.

Mais ici, le posemètre de notre appareil photo ne va pas comprendre ce qu’on veut faire. La photo sera globalement sombre, avec quelques traces de lumières très fortes. On aura devant nous une scène très contrastée avec une lumière pas du tout homogène : le posemètre interne de votre appareil photo déteste ça et ne sait pas comment le gérer. Vous allez donc devoir prendre le contrôle total.

C’est pourquoi le mode manuel est intéressant pour régler le temps de pose et l’ouverture. Les ISO se règleront automatiquement dans la plage ISO que vous avez fixée si vous avez l’option, sinon, ne les laissez pas en automatique et réglez-les manuellement.

Remarque

On peut aussi considérer la priorité à la vitesse comme un mode prise de vue logique. Vous l’avez compris, le paramètre sur lequel on veut jouer pour gérer son effet c’est le temps d’exposition. Ça serait donc sensé de se mettre en mode priorité à la vitesse. Dans ce mode on règle son temps de pose, et l’ouverture se règle automatiquement. Les ISO se règlent aussi automatiquement si vous les avez réglés en mode auto (réglez-les sur une plage ISO si vous choisissez le mode automatique).

Sauf que comme je vous le disais, le posemètre sera perdu et l’ouverture et les ISO réglés ne seront sans doute pas adéquates. Si vous vous mettez en mode priorité à la vitesse, réglez les ISO manuellement et ajustez l’ouverture avec la compensation d’exposition (ça revient à un mode manuel).

La balance des blancs

Si vous photographiez en ville, vous serez confronté à de moultes lumières artificielles qui projetteront diverses et étranges couleurs sur vos clichés. Réglez la balance des blancs de votre appareil photo sur tungstène ou incandescent pour compenser plutôt que de vous fier à la balance des blancs automatique. Le problème est que vous allez avoir un mélange de température de couleurs différentes, pas sûr donc que le réglage fonctionne parfaitement.

Si vous photographiez en RAW, vous pourrez équilibrer votre balance des blancs au post-traitement. C’est ce que je vous conseille de faire. 2 avantages : vous n’avez pas à vous soucier de la balance des blancs à la prise de vue, peu importe la teinte dominante qui envahit votre photo, vous pourrez la compenser avec précision avec un logiciel de post-traitement comme Adobe Lightroom.

Stabilisation de l’image

Comme vous êtes sur un trépied (enfin votre appareil, pas vous), il est conseillé de désactiver la stabilisation de l’image. Sauf dans le cas où vous vous situez sur des ponts ou les structures suspendues : le passage de la circulation peut y créer des vibrations qui provoqueront un tremblement de l’appareil photo et ruineront votre image (flou de bougé).

Si vous activez la stabilisation de l’image et que vos traînées de lumière sont floues, désactivez-la.

Mise au point manuelle

Comme vous photographiez en basse lumière, la mise au automatique ne fonctionnera pas. Et même si vous y arrivez, l’appareil photo essayera de refaire la mise au point chaque fois que vous appuyez sur le bouton pour déclencher. On dit que la mise au point « chasse ». Ce qui aura pour effet de retarder le déclenchement, de vous faire manquer le timing, et ce qui est juste chiant en fait.

Donc, on va faire la mise au point manuellement à l’avance avant de déclencher.

  1. Utilisez dans un premier temps la mise au point automatique (pas obligatoire mais possible). Vous pouvez utiliser l’écran LCD en mode live view et zoomer pour mieux voir ce qu’il se passe. Cette première mise au point est approximative.
  2. Ensuite, ajustez la mise au point manuellement toujours en mode live view toujours zoomé afin d’être extrêmement précis.
  3. Ajustez avec la bague de mise au point de votre objectif jusqu’à avoir le plus de netteté possible à l’endroit visé. Je parle plus en détail de la mise au point en photo de paysage ici.

Une fois que vous avez obtenu la mise au point que vous voulez, ne touchez plus à rien, vous pouvez dézoomer l’écran LCD.

De cette manière vous êtes prêt et vous n’avez pas à vous soucier du timing de la mise au point ou d’une erreur.

Vous pouvez aussi arriver quand il reste encore assez de lumière, faire la mise au point sur un objet lointain pour faire la mise au point à l’infini, puis bloquer la mise au point.

Dissocier la mise au point du déclencheur

Une autre possibilité est aussi de dissocier la mise au point du bouton déclencheur, en mettant la mise au point sur un bouton différent comme le bouton « AF-on » sur Canon. Ça vous permettra de faire la mise au point automatique une fois et de ne plus y toucher.

Ça ne changera rien au fait que votre appareil peut avoir du mal à faire la mise en point automatiquement, et qu’il va falloir l’aider !

Activer l’option « Long Exposure Noise Reduction »

La réduction du bruit par exposition prolongée (ou « Long Exposure Noise Reduction » en anglais) est un réglage de l’appareil photo qui permet de prendre deux photos l’une après l’autre. La première photo est une photo normale de la scène qui se trouve devant vous, la deuxième photo est connue sous le nom de « photo sombre » car l’obturateur de l’appareil photo est fermé pendant cette exposition.

L’exposition « sombre » est importante car elle ne contient que le bruit de la photo et les pixels chauds. Votre appareil photo soustrait ensuite automatiquement la deuxième photo de la première, réduisant ainsi le bruit et surtout les pixels chauds de votre cliché normal.

Mais tout n’est pas rose, il y a un hic. Prendre une photo avec cette option activée prend deux fois plus de temps. La seconde exposition sombre sera prise pendant la même durée avec l’obturateur fermé. Donc par exemple, si vous prenez une exposition de 20 secondes, avec l’option activée votre appareil photo sera occupé pendant 20 s + 20 s = 40 s. Cela peut ralentir votre séance photo.

C’est une fonctionnalité souvent utilisée pour la photographie de ciels étoilés.

https://unsplash.com/fr/photos/WR-ifjFy4CI

Régler, exposer, essayer, recommencer

Mesdames, Messieurs, pour ce type de photo créative il n’y a pas de secret : il va falloir essayer, essayer et essayer. Surtout si vous débuter ou si c’est votre première fois.

Si vous avez du mal au début, ne vous inquiétez pas, c’est normal. Il faut être à l’aise avec ça. Même les photographes expérimentés et professionnels ne réussissent pas leurs photos du premier coup, aux premiers réglages. Ils ajustent.

Ce que je vous conseille c’est de commencer avec les réglages repères vus plus hauts :

  • temps de pose à 5 secondes ;
  • ouverture à f/8 (ajustez avec la compensation d’exposition si vous êtes dans un mode semi-automatique) ;
  • laissez votre appareil photo jugez des ISO si vous avez réglé une plage limite (si vous n’avez pas cette option réglez-les manuellement sur 100 ISO).

Faîtes quelques photos d’essai pour voir comment se porte l’exposition. On va vérifier 2 choses :

  1. si vous obtenez des traînées de lumière d’une longueur qui vous convienne ;
  2. si l‘exposition semble correcte.

1.La longueur des traînées lumineuses

  • Si vous voulez que le tracé des phares des voitures soit plus allongé et plus lumineux, allongez le temps de pose ;
  • si vous voulez que tracé soit plus court et moins lumineux , raccourcissez le temps de pose.

Remarque sur l’intensité des tracés lumineux

Quand je vous dis qu’allonger le temps de pose va rendre les tracés plus lumineux par rapport à un temps de pose plus court c’est pour une même intensité de trafic.

En effet, si on allonge le temps de pose on a plus de phares de voitures qui vont s’accumuler, rendant le tracé plus lumineux.

2.L’exposition

Je vous le dis de but en blanc : pour ce type de photo, l’exposition sera aléatoire. Du moins très imprécise. On ne pourra rien mesurer avec un posemètre externe, et le posemètre interne de votre appareil photo sera perdu. Cette exposition aléatoire est compensée par l’effet créatif des tracés; en effet ici on ne cherche pas à avoir le fichier photo brut le plus optimisé, mais plutôt à tenter quelque chose d’expérimental.

Pour autant, on va essayer d’exposer au mieux, alors comment juger de l’exposition ?

Vous pouvez vous servir de votre écran LCD et/ou de l’histogramme. Ce ne sont pas rigoureusement des outils de mesure de l’exposition, mais juste des indicateurs.

Avec l’écran LCD :

  • votre photo semble-t-elle globalement trop claire ? Des zones qui devraient être sombre sont elles claires ? Votre photo est probablement surexposée ;
  • votre photo semble-t-elle globalement trop sombre ? Des zones qui devraient être claires sont elles sombres ? Votre photo est probablement sous-exposée.

Rappel

Votre écran LCD est rétro-éclairé, donc il aura toujours tendance à montrer les choses plus claires qu’elles ne le sont, vous aurez donc tendance à voir photo plus exposées qu’elles ne le sont réellement, vous aurez donc tendance à sous-exposer avec un jugement à l’œil.

La bonne nouvelle c’est que par faible luminosité, voire la nuit, vous verrez bien vos photos sur votre écran LCD (par temps ensoleillé, on voit moins bien son écran).

Avec l’histogramme :

Rappel

L’histogramme est un outil statistique, il vous donne la proportion et la répartition de la tonalité des pixels de votre photo. L’histogramme vous sert donc à voir si la photo capturée est cohérente avec la scène capturée. Et ça, on le fait à l’œil, c’est pourquoi c’est imprécis.

Si vous photographiez de nuit, votre scène sera globalement sombre, avec quelques zones très claires (les traînées de lumière). Donc vous devriez avoir une bosse haute et large sur la gauche de l’histogramme (mais pas tout à gauche sinon ce sont des noirs bouchés), et une bosse ou un trait sur la droite, et pas grand chose entre les deux.

Par exemple cette photo :

https://unsplash.com/fr/photos/ewPvwRx7ub8

A pour histogramme :

Exemple d’histogramme d’une photo de traînées lumineuse

Ce qui semble plutôt cohérent :

  • on a quelques très hautes lumières (ou blancs) tout à droite qui sont les traînées lumineuses (minoritaires),
  • comme il fait nuit ou quasiment, la majorité des pixels sont sombres, donc ils sont à gauche mais pas tout à fait à gauche ;
  • tout à gauche on a pas mal de pixels noirs (très basses lumières), vu le peu de lumière ça semble logique, ici, comme on expose pour les traînées de lumière et la route (et non pour le ciel) le reste sera donc peu ou pas exposé. Et pas de lumière = pas d’information capturée = pixel noir.

Si votre pic sur la droite n’est pas présent, et que votre « grosse bosse » est trop à gauche (noirs), c’est que vous êtes sous-exposé.

Exemple d’histogramme d’une photo de traînée lumineuse sous-exposée

Si le pic sur tout à droite est trop haut et trop large, et vous semble disproportionné par rapport aux très hautes lumières des traînées lumineuses de la scène, c’est que votre photo est surexposée. Et si la grosse bosse est au milieu ou sur la droite alors qu’il fait nuit vous êtes aussi surexposée. Si vous prenez la photo au coucher de soleil dans ce cas il peut être normal d’avoir la grosse bosses décalée vers le milieu.

Exemple d’histogramme d’une photo de traînée lumineuse surexposée

Comme je vous le disais, c’est une histoire de cohérence : l’histogramme doit correspondre à la scène capturée. C’est plus facile à dire qu’à faire je vous l’accorde, mais avec l’expérience ça viendra.

Quand vous allez exposer vous allez donc avoir deux repères :

  1. la « grosse bosse », qui va représenter la majorité de vos pixels sombres (de nuit), et un peu moins sombre si c’est plus tôt dans la journée, essayez de la mettre à gauche mais pas tout à fait à gauche pour ne pas avoir trop de noirs bouchés, si c’est plutôt dans la journée alors cette bosse devrait être plus au milieu ;
  2. la petite bosse, ou une fine colonne tout à droite, ce sont vos très hautes lumières (vos tracés lumineux).

Remarque

Les deux repères que je vous donne fonctionnent pour le type de photo qu’on vient de voir, comme une autoroute de nuit. Bien sûr c’est à ajuster en fonction de la scène devant vous.

Si vous êtes en ville par exemple avec de nombreux éclairages, vous aurez bien plus de hautes lumières, pareil si vous avez un trafic très dense, ou si vous décidez d’allonger votre temps de pose (plus de traînées lumineuses s’accumuleront).

Remarque sur l’exposition

Ne prenez pas cette méthode comme une référence pour vos photos normales.

Pour rappel, en numérique on expose pour les hautes lumières, c’est-à-dire « au profit des hautes lumières », on les expose donc à la limite de les cramer (et qu’elles deviennent des aplats blancs). Une technique d’optimisation de l’exposition avec l’histogramme consiste d’ailleurs à « exposer à droite », c’est-à-dire, placer les hautes lumières à leur place à droite sans se soucier du reste.

Pour ce type de photo de nuit, il est difficile de trouver des hautes lumières sur l’histogramme. Et il est donc impossible de les « placer ». En effet, on aura surtout sur l’histogramme des très hautes lumières causées par les feux pris de face, et beaucoup de pixels sombres liés aux conditions de basse luminosité/à la nuit.

Si vous prenez vos photos autour du coucher ou du lever du soleil alors il est possible que vous ayez des hautes lumières à placer.

Dans ce cas vous pouvez tenter de les placer sur la droite, mais pas trop (voir exemple d’histogramme placé sur la droite ci-dessous). Mais en pratique, la luminosité change très rapidement quand le soleil se trouve au niveau de la ligne d’horizon, ça ne sera donc pas simple d’ajuster avec plusieurs photos pour exposer à droite.

Exemple d’histogramme placé sur la droite

Cette techniques permet d’optimiser l’exposition quand on photographie en RAW, et d’éviter que les hautes lumières ne soient cramées (les transformant en aplat de blanc sans détail) et permet aussi de limiter le bruit. Cela vous permettra potentiellement de conserver certaines nuances de couleurs dans les traînées et d’éviter d’avoir trop d’aplats de blanc sans détails.

Si vous avez d’autres lumières vives dans votre scène que les traînées lumineuses, exposer à droite évitera qu’elles ne soient trop brillantes et distrayantes pour le spectateur, l’éloignant ainsi des points intéressants comme les éléments que vous auriez mis sur vos points de force. Mais globalement quoique vous fassiez les sources de lumières resteront très lumineuses (ce qui est normal).

https://www.pexels.com/fr-fr/photo/photographie-en-accelere-de-la-route-399636/

Comment corriger l’exposition

Si vous jugez vos clichés surexposés :

  1. baissez vos ISO pour commencer (moins de bruit) ;
  2. si vos ISO sont déjà au plus bas alors fermez votre diaphragme (augmentez le chiffre de l’ouverture) ;
  3. si vous êtes à f/16 (phénomène de diffraction au-delà = perte de netteté) alors raccourcissez votre temps de pose, mais les traînées seront plus courtes et moins intenses.

Ces réglages vous permettront de ramener l’histogramme sur la gauche.

Si vous jugez vos clichés sous-exposés :

  1. allongez votre temps de pose ;
  2. mais si la longueur et l’intensité de vos traînées lumineuses vous conviennent alors augmentez vos ISO ;
  3. si vous avez trop de bruit (zoomez un peu sur la photo en mode lecture pour vérifier) alors ouvrez votre diaphragme (baissez le chiffre de l’ouverture) ;
  4. si la profondeur de champ devient trop étroite alors jouez sur les deux autres paramètres.

Ces réglages vous permettront de ramener l’histogramme sur la droite.

Remarque

En photo numérique il vaut mieux une photo un peu surexposée que sous-exposée. Une légère surexposition est généralement moins destructive qu’une sous-exposition et engendrera moins de bruit. Le bruit à tendance à être très présent dans les zones les plus sombres et sous-exposées.
https://unsplash.com/fr/photos/rkyfaZ1vkAs

Il y a-t-il un bon moment pour déclencher?

Il n’y a pas vraiment de « bon » ou de « mauvais » moment de commencer votre prise de vue. Comme je vous le disais c’est un type de photo créatif et expérimental donc il n’y pas vraiment de règles gravées dans le marbres.

En ouvrant l’obturateur juste avant qu’une voiture n’entre dans votre cadre et en le relâchant juste après qu’elle ait quitté le cadre vous permettra de créer une belle ligne continue.

Mais parfois, photographier avec des temps d’exposition plus courts alors que le véhicule est déjà dans le cadre peut aussi fonctionner. 

Une fois de plus, il s’agit d’expérimenter avec différents timings et de voir quels effets cela produit et de regarder ce qui vous plaît le plus.

https://unsplash.com/fr/photos/wqIq3b9Xclo

Photographiez juste après le coucher du soleil (ou avant)

On pense souvent que la photo de traînées lumineuses de feu de véhicules est une photo qui se déroule en pleine nuit. Alors oui on peut, mais essayez aussi de vous pointer juste après le coucher du soleil ou avant lever du soleil.

« Tiens curieux, pourquoi ?« 

Si vous prenez en photo en pleine nuit vous n’allez pas trouver grand monde entrain de rouler. Il vaut mieux donc arriver plus tôt. Comme par exemple quand les gens rentrent du travail, à une heure de pointe pour avoir un bon flux de lumières.

Cette technique est plus appropriée en hiver, la nuit arrive plus tôt et peut tomber vers 17h-18h (en France en tout cas). En été le soleil se couche plus tard, et vous risquez donc d’avoir un décalage entre le bon flux de circulation et la bonne lumière.

Il y a un autre moment intéressant : avant que le soleil se couche. Si vous prenez des photos plus tôt, au coucher su soleil, vous pourrez inclure un peu de lumière ambiante dans le ciel pour apporter un peu de couleur plutôt que d’avoir un ciel totalement noir ou bleuté.

Bref prenez en photo un peu avant ou après le coucher du soleil (pour plus de couleurs), et à une heure où ça circule (plus de phares seront présents, donc les traînées de lumière seront plus faciles à obtenir) !

https://unsplash.com/fr/photos/zQjQaEiAafk

Quelques idées créatives pour la composition des traînées lumineuses

Hauteur

Certaines des prises de vue les plus efficaces sont réalisées à partir d’un point de vue autre que la hauteur d’une personne normale debout. Un point de vue classique en somme

Descendez plus bas ou trouvez un endroit où vous pouvez regarder votre scène qui créera un angle inhabituel. Les ponts passant au-dessus des routes, les immeubles ou parking ariens peuvent vous permettre de prendre un peu de hauteur et d’offrir une jolie vue d’ensemble.

Cadrage

Les « règles » normales de composition s’appliquent aussi à ce type de photographie.

Vos photos peuvent avoir un ou plusieurs points d’intérêt que la règle des tiers peut aider à placer (ou d’autres grilles de composition). Les tracées de lumières forment aussi naturellement de superbes lignes directrices dont vous pouvez vous servir pour attirer et guider les yeux dans votre image votre ou vos sujets.

Les premiers-plans et les arrière-plans doivent ajouter de la valeur à votre photo sans distraire ou détourner le regard des points d’intérêts (les traînées de lumières). La photo sera déjà bien chargée ne la surchargeait pas.

Montrer la rapidité et créer l’agitation

Les traînées de lumière créent naturellement une sensation de vitesse et de dynamisme dans l’image par interprétation de notre cerveau. Le spectateur sait par nature que la traînée lumineuse a été créée par un objet en mouvement, il la perçoit donc comme une action dynamique dans l’image. Vous pouvez donc vous approprier cet effet et l’utiliser à votre avantage.

Exemple concret : vous prenez une photo d’une traînée lumineuse d’un bus en ville qui roulait à 25 km/h. Le spectateur de son côté ne pourra jamais à quelle vitesse le bus roulait réellement dans la rue. Tant que le bus ne s’arrête pas, vous pouvez simplement allonger le temps de pose (= vitesse d’obturation) pour capturer beaucoup de mouvement, même si celui-ci est en vérité… lent. Mais le résultat est que dans l’image finale, les stries lumineuses de la voiture donnent l’impression qu’il passe à toute allure !

Vous pouvez utiliser cette technique pour créer une certaine énergie et de l’agitation dans votre photo même dans une rue calme de la ville. Il suffit qu’un ou deux véhicules passent et on aura l’impression que c’est la folie !

Contraster avec un paysage calme

Le truc avec les paysages, c’est qu’ils ne bougent pas en général. Alors, c’est très bien si vous voulez une image calme et paisible, mais peut-être cherchez-vous à donner un peu plus de punch à cette image, ou l’aborder sous un angle différent.

Ça tombe bien, l’idée est toute trouvée : rajouter des traces lumineuses!

Comme nous venons d’en parler, les traînées de lumière créent du dynamisme dans l’image. Bien sûr, vous ne pourrez pas à chaque fois ajouter des traînées de lumières à toute vos photos de paysage car on trouve pas toujours des routes ou une circulation suffisante pour faire cet effet.

Vous pouvez rechercher des scènes qui ont un bon potentiel de traînées de lumière. Un exemple classique serait les collines de la campagne avec une seule route qui la traverse. Pendant la journée, cette scène peut être sympa, sans plus. Mais, si vous y allez la nuit et que vous attendez qu’une voiture suive cette route sinueuse (garder une distance de sécurité quand même hein), vous pouvez créer une ligne directrice lumineuse qui va donner un style totalement différent à ce paysage et lui rajouter de l’intérêt.

Vous pouvez également l’utiliser dans les villes pour montrer le chemin des échangeurs autoroutiers sinueux ou même pour simplifier la composition dans une rue de ville qui paraîtrait sans ça simplement encombrée ou très fréquentée.

Ajouter de la couleur

Si vous photographiez la nuit, votre image comportera beaucoup de zones sombres, peut-être quelques tons bleus un peu après le coucher du soleil (et je ne parle pas du poisson). Si c’est tout ce qu’il y a dans la scène, vous pouvez vous retrouver avec une image globalement assez terne.

Mais si vous ajoutez des tracés de lumière (provenant d’un véhicule en marche ou même d’une personne qui passe devant), votre image aura instantanément des tons de couleurs différentes qui créeront un contraste et soulèveront un intérêt.

Ajouter des effets de lumière à un portrait

La plupart des gens pensent à des images de paysages ou de villes lorsqu’ils pensent aux traînées de lumière (et c’est bien normal, c’est souvent le cas). Mais vous pouvez aussi utiliser les mêmes techniques pour les photos de portraits.

Donnez à votre sujet une source de lumière. Il peut s’agir d’une lampe de poche, de la lampe de son téléphone ou d’un cierge magique. Demandez-lui ensuite de faire des dessins en l’air lorsque vous laissez l’obturateur ouvert. Donc ici on se dirige plus sur du light painting, mais en soit ça reste une forme de traînées lumineuses.

Vous pouvez aussi ajouter une personne au milieu des traînées lumineuses des véhicules qui passent. Sans se mettre sur la route, évidemment. Vous pouvez par exemple avoir la personne sur un trottoir avec les voitures passant devant. Certains passage piétons en ville ont un espace d’arrêt entre 2 voies, vous pouvez demander à votre sujet de se positionner là, de cette manière vous aurez des traînées de lumière devant et derrière la personne.

Courbes

Les tracés lumineux droits c’est bien. Mais les courbes sinueuses sont souvent plus dynamiques et peuvent guider le spectateur à travers l’image, et ça change du tout droit classique.

Mais n’oubliez pas (de préférence) de ne pas photographier des traînées de lumière courbes uniquement pour le plaisir de photographier des courbes. Faites-le en faisant attention à l’endroit où les courbes mènent si possible (ça serait la cerise sur le gâteau sur l’assiette sur la table sur le sol).

Vous voulez que les yeux du spectateur restent dans l’image et soient dirigés vers un point d’intérêt. Alors, ne vous contentez pas de laisser les traînées de lumière s’envoler sur le côté de l’image. Une bonne approche consiste à composer votre image de manière à ce qu’elles mènent à l’horizon plutôt qu’en dehors du cadre.

Les reflets

Les reflets fonctionnent très bien de manière générale en photographie, notamment en photo de paysage. En ville, après la pluie, vous aurez de nombreuses surfaces réfléchissantes qui s’offriront à vous et n’attendent que d’être photographier.

C’est déjà une très bonne idée de base de prendre les lumière de la ville en photo qui se reflètent sur des flaques et le bitume humide. Mais c’est encore mieux en pose longue.

https://unsplash.com/fr/photos/Sz0kMDeDUc0

Quelques erreurs courantes à éviter en photo de traînées lumineuses

Pas assez de contraste

Les traînées de lumière doivent se distinguer dans votre image. Il faut donc qu’il y ait un certain contraste entre elles et le reste de la scène. Il peut s’agir d’un contraste de luminosité ou même d’un contraste de couleur, ou d’une combinaison des deux. Vous pourrez retravailler ce contraste au post-traitement si besoin.

Ne laissez pas les traînées de lumière se fondre dans le reste de votre image, vous perdriez alors la plupart des avantages créatifs de la prise de vue des traînées de lumière, allongez le temps de pose si nécessaire pour les intensifier.

Sous-gérer l’exposition

N’oubliez pas d’obtenir une bonne exposition sur l’ensemble de l’image. 

Vous pouvez avoir les traînées de lumière les plus magnifiques qui soient, mais si le reste de la scène est trop sombre et ne présente aucun détail, et bien ça ne sera qu’un succès en demi-teinte. C’est à voir au cas par cas et selon vos goûts, mais si votre but est d’obtenir des traces de lumières sur un fond noir alors éteignez votre chambre et agitez la lumière de votre smartphone, ça vous demandera moins d’effort et ça sera le même résultat.

J’exagère un peu, mais ne sous-estimez pas l’exposition, le reste de la photo a aussi son importance, c’est un tout.

Vous pouvez éviter cela en prenant des photos peu après le coucher du soleil plutôt que plus tard dans la nuit, quand il fait plus sombre.  C’est ce que l’on appelle souvent « l’heure bleue ». Il y a encore un peu de lumière ambiante dans le ciel, il est donc plus facile d’équilibrer l’exposition avec les traînées de lumière plus fortes.

Des traînées lumineuses trop courtes

Vous devez planifier soigneusement la longueur de vos traits lumineux. Si elles se terminent brusquement en plein milieu de la photo, elles auront l’air incomplète ce qui peut être frustrant pour le spectateur. 

Il y a toujours des exceptions et vous pouvez vouloir le faire pour des raisons artistiques, mais la plupart du temps (surtout quand vous commencez à peine), les traînées de lumière plus longues ont généralement l’air plus sexy, alors allongez vos temps de pose

Sous-estimer l’importance de l’orientation de vos chemins de lumière

La direction des traînées de lumière est un élément important de votre composition. Réfléchissez à la façon dont la traînée va traverser le cadre et à ce que vous amenez le spectateur à se concentrer.

C’est un peu comme la photo de portrait, photographier les membres de face, trop dans l’axe et on aura du mal à apprécier les proportions et les formes. Pour les traînées lumineuses c’est pareil, ne les prenez pas trop de face, mais de côté, ou du dessus, d’en-dessous, le moins possible dans l’axe en tout cas.

https://unsplash.com/fr/photos/LGVK0Bc9Ap0

Post-traiter les traînées lumineuses

Le post-traitement de vos clichés est très importante pour la photographie créative et abstraite comme les traînées de lumière, c’est essentiel. Les photos atteindront rarement leur plein potentiel à la sortie de l’appareil photo, surtout en RAW (c’est le principe, c’est un fichier brut que vous devez développer).

Voici quelques exemples de quelques réglages que vous pourriez faire :

  • Augmenter l’intensité des traînées de lumière pour les rendre plus visibles, en augmentant les hautes lumières et les blancs.
  • Augmenter le contraste de l’image pour faire ressortir davantage les traînées de lumière.
  • Convertir l’image en noir et blanc pour lui donner un aspect plus abstrait et mettre en valeur le contraste tonal.
  • Supprimer les éléments d’arrière-plan et/ou de premier-plan gênants.
  • Empiler (« stacker ») plusieurs longues expositions de traînées de lumière comme vous le feriez pour créer une traînée de lumière des étoiles pour intensifier l’effet en augmentant l’intensité, la longueur, et le nombre de traînées de lumière

Pour faire de l’empilement (ou du « stacking ») prenez de nombreuses photos de la scène, chargez-les dans Photoshop sous forme de calques et fusionnez-les en mode “Éclaircir”.  De cette façon, vous ne fusionnez que les pixels les plus brillants et vous obtiendrez plus de traînées qu’avec une image individuelle.

Si vous utilisez un smartphone avec appareil photo avec l’application “Slow Shutter Cam”, vous pouvez empiler les images en temps réel dans l’application. Pour ce faire, vous enregistrez plusieurs longues expositions avant d’effacer l’image capturée.

https://unsplash.com/fr/photos/lHw_YWD6JtU

Conclusion

La trainée lumineuse est une technique photo qui rentre dans la famille des longues expositions. Il faudra donc s’armer de patience, et montrer de la résilience (on ne réussit pas dès le début et pas du premier coup).

Ça sera bien souvent une photo de route et potentiellement en ville (même s’il y a d’autres possibilités). Donc attention à votre sécurité svp ! (Et celle des autres).

Ce qui est bien c’est que vous n’avez pas spécialement besoin d’investir dans du gros matériel, ici le matériel vous facilitera surtout la vie.

Avoir les bons réglages pour exposer au mieux, tester, vérifier que vos traînées lumineuses sont visibles et de la bonne intensité seront les principaux points pour réussir vos photos.

Si vous pouvez photographiez à un moment où il y a beaucoup de circulation et autour du moment du coucher du soleil c’est mieux.

Cet effet peut permettre de revisiter une photo de paysage en la « redynamisant ».

Vous libérerez le plein potentiel de ce type de photo au post-traitement notamment en appuyant le contraste ou en faisant ressortir les tracés lumineux.

Moi je vous laisse ici à vos traînées de lumière et je vous dis à bientôt sur les internets MONDIAUX !

J’ai aussi une chaîne YouTube !

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