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25 septembre 2022

Comment photographier un avion : grand guide complet

Par Gaëtan Berthouly

25 septembre 2022


Si vous êtes pilote ou simplement un fou d’aviation, vous vous êtes sans doute déjà essayé à la photographie d’avion.

Vous vous dîtes « wouaaaa les beaux avions, je veux les immortaliser ». Et vous le faîtes :

CLIC CLIC CLIC

Mais hélas, vous faîtes face à une montagne de déception ! Vos photos sont assez moyennes, voire médiocres pour la plupart (et ça malgré tous vos efforts). Comme quoi l’amour et la passion, comme pour les relations ça ne suffit pas toujours !

Et je vous rassure c’est tout à fait. Il ne faut pas en avoir honte de vos photos ratées car

D’ailleurs si vous débutez la photographie, j’aurais plutôt tendance à vous déconseiller de commencer par la photographie aéronautique, et je vous conseillerais plutôt de vous former sur les bases.

En effet, il existe un certain nombre de difficultés inhérentes à la photographie d’avions (notamment quand ils sont en mouvement) : la gestion de la distance, du cadrage, de la stabilité, de l’exposition, du temps de pose, du moment…

Alors dans cet article on va voir ensemble comment prendre des photos d’avion : réglages, préparation où trouver des avions, matériel… TOUT Y EST !

Allez en avant Guingamp !

Remarque

Cet article est un grand guide et il est donc extrêmement riche en informations. Je vous conseille de naviguer à travers lui grâce aux grands titres. Vous pouvez utiliser ctrl + f pour cherche un mot précis. Bonne lecture !

L’ESSENTIEL

Pas le temps ? 

Téléchargez le résumé de l’article à emporter partout avec vous !

Mise en garde

On peut segmenter la photo aérienne en 3 sous catégorie :

  • la photographie aérienne sol-air (prendre en photo des avions qui volent depuis le sol),
  • la photographie aérienne sol-sol (prendre en photo des avions au sol depuis le sol),
  • la photographie aérienne air-air (prendre en photo des avions qui volent depuis un autre engin volant).

La photographie air-air est un type de photographie spécialisé dont je ne parlerai que de manière mineure dans cet article (j’ai fait une petite partie à son sujet à la fin de l’article) .

La prise de vue en vol est très risquée et nécessite un effort coordination important entre différents membres d’équipage qualifiés (pilotes et photographes expérimentés).

N’essayez pas de le faire sans une formation spécialisée dispensée par un professionnel expérimenté dans le domaine des prises de vue en vol.

Je ne parlerai pas non plus des photos prises à l’intérieur d’un avion durant vol que certains pilotes pratiquent. Si vous le faîtes : choisissez vos moments et soyez prudent. Une bonne règle de base : si vous vous sentez mal à l’aise à l’idée de faire quelque chose, ne le faites pas.

https://unsplash.com/photos/ibge4chchjY

Où trouver des avions à photographier?

Les lieux communs où trouver des avions à photographier

Les aéroports

https://unsplash.com/photos/0nUcd4-pp5k

Principalement à l’aéroport ! Si vous prenez l’avion pour le travail ou le plaisir : vous pouvez facilement faire quelques photos pendant les longues correspondances.

Si vous faites une escale, n’oubliez pas d’emporter un appareil photo pour prendre des photos intéressantes des rampes et de tous les véhicules de service autour des avions.

Vous pouvez également obtenir des photos de décollage et d’atterrissage de certains aéroports. Dans les grands aéroports, il peut y avoir des zones dédiées à l’observation des avions.

Les aéroports offrent différentes possibilités pour le repérage d’avions :

  • Certains ont leurs propres zones pour les amateurs d’avions et les « plane-spotters »,
  • D’autres peuvent avoir une colline à côté d’où vous avez une vue particulièrement bonne sur votre sujet.
  • Vous pouvez aussi faire une recherche sur Google comme « plane spotting roissy charles de gaulle » ou consulter les forums planespotter correspondants, où les photographes échangent des conseils et des informations, un bon endroit où photographier sera peut-être indiqué.
  • Enfin vous pouvez contacter l’aéroport, certains proposent des visites au cours desquelles les photographes sont conduits à des endroits particulièrement intéressants.
https://unsplash.com/photos/KH4AkJIjpOE

D’ailleurs vos occasions photographique ne se limitent pas aux gros aéroports, et vous n’êtes pas condamné à devoir déménager près d’un grand aéroport pour obtenir des clichés aéronautiques !

Non !

En effet, plus l’aéroport est petit, plus vous avez de chances d’être proche de l’action (et d’avoir de jolies photos). Ça sera aussi peut être plus facile de nouer des contacts avec les pilotes locaux et le personnel d’exploitation.

https://unsplash.com/photos/72SIp7T8AHE

Les rassemblements aéronautiques

https://unsplash.com/photos/3JgiOPlTyPo

Autres possibilités : les meetings, rassemblements aériens et salons de l’aéronautique.

Ce sont les meilleurs endroits pour être au plus près de l’action (si près que vous serez capable de sentir l’odeur du métal froid !).

Au fil de la journée, les avions s’offrirons à vous sous différentes lumières. Et vous pourrez également prendre des photos en vol pendant les démonstrations.

Je vous ai dégoté un site qui liste tous les événements aéronautiques dans le monde.

Les salons aéronautiques sont aussi des endroits parfait pour faire vos premières armes de photographe aéronautique : vous apprendrez à connaître votre sujet. En effet, il existe moultes espèces d’avions : des anciens, des nouveaux, des rapides, des lents, des communs, des rares… et presque chaque photographe finit par avoir ses petits chouchous (comme les profs avec leurs élèves)!

Vous apprendrez aussi l’histoire de l’avion, c’est important. Comme on dit « Si vous voulez écrire sur un sujet, vous devez le connaître. » Et les avions ne dérogent pas à cet adage. Mieux vous les connaissez, meilleures seront vos photos.

Remarque

La majorité des avions dans les aéroports sont des avions commerciaux ou des avions légers, tandis que les meetings aériens présentent des avions plus inhabituels.

https://unsplash.com/photos/sLl-OlQ-8q4

Les musées

http://aeroporttlp.canalblog.com/albums/musee_aeronautique_d_orange/photos/74130210-musee_aeronautique_d_orange__czech_republic___air_force__mikoyan.html

Dans la même veine, pour une ambiance plus posée, il existe aussi les musée aéronautiques comme le musée aéronautique d’Orange (je l’ai fait, 3 € l’entrée, vraiment sympa) ou encore l’Aeroscopia vers toulouse.

La méthode pour trouver des nids d’avions à photographier

https://unsplash.com/photos/o-ADhD9o3Bg

Google Maps a son rôle à jouer dans votre chasse à l’avion sauvage. Vous pourrez débusquer tous les aéroports, aérodromes et musées dans une zone géographique précise, ainsi que les itinéraires y menant.

Voici la méthode :

  1. Allez sur Google Maps
  2. Tapez « aéroport » ou « aérodrome » (ou ce que vous voulez) dans la barre de recherche
  3. Appuyez sur la touche entrée
  4. Déplacez la carte sur la zone où vous souhaitez faire vos recherches
  5. Cliquez sur « Rechercher dans cette zone« 
  6. L’ensemble des lieux que vous recherchez s’afficheront comme par magie sur la carte
L’ensemble des aéroports ou aérodromes s’afficheront comme par magie sur la carte

Vous aurez ensuite juste à cliquer sur le lieu qui vous intéresse et cliquer sur « itinéraire » pour obtenir le chemin le plus court.

Cliquer sur itinéraire

Se servir de la communauté pour trouver des avions à photographier

https://unsplash.com/photos/SYTO3xs06fU

« La communauté de l’anneau ?« 

Non. La communauté des « avgeek ».

« C’est quoi avgeek ? »

Avgeek signifie « aviation geek », cette expression désigne une communauté de personnes dont le point commun est leur passion pour les avions (et tout ce qui gravite autour). Bref ce sont des mordus d’aviation.

Vous pourrez trouver des groupes Facebook sur lesquels les avgeek peuvent vous conseiller sur le meilleur endroit autour d’un aéroport pour prendre des photos de décollage et d’atterrissage (on appelle aussi cette activité le « plane spotting »).

De plus, rejoindre un groupe local ou national de photographie d’aviation peut également fournir des ressources pour apprendre. Parfois, vous aurez aussi accès à des événements spéciaux liés à la photographie d’aviation réservés aux membres.

Si l’anglais ne vous créait pas une crise d’urticaire : la Société internationale de photographie d’aviation est une organisation internationale qui vaut le détour. Certains des meilleurs photographes d’aviation du monde entier en sont membres.

Vous pourrez aussi trouver des sites web de repérage d’avgeek. Les avgeeks ont déjà cartographié les meilleurs endroits et donnent des conseils sur : le stationnement, les commodités aux alentours, le choix de l’objectif idéal à partir de différents endroits autour de l’aéroport… Un site d’avgeek que j’ai couvert est : aviation geekette, (notamment si vous cliquez sur « aéroports », Sophie a aussi une chaîne YouTube).

Trouver des avions dans le ciel près de chez vous à photographier

Internet c’est fabuleux.

Déjà ça vous permet de tomber sur des blogs exceptionnels, comme le mien (la modestie est mon trait de personnalité dominant).

Mais ça permet aussi de tomber sur des radars gratuits comme https://www.flightradar24.com/ (application disponible) ou https://www.radarbox.com/ affichant en temps réel la localisation, le trajet et le type de tous les avions en plein vol.

Je trouve ça vraiment dingue personnellement toute cette information gratuite et accessible facilement.

https://www.radarbox.com/

De cette manière vous pourrez savoir si il y a un sujet intéressant près de chez vous qui va passer !

Et si vous êtes à un aéroport, une fois que vous savez quelles pistes sont utilisées, vous pouvez voir ce qui est aligné sur votre piste, ce qui tourne au loin et ce qui s’approche à l’horizon.

Vous pouvez aussi parcourir le tableau des arrivées et des départs de n’importe quel aéroport et planifier vos pauses toilettes en conséquence.

Les applications de suivi des vols indiquent également les avions qui se déroutent en cas d’urgence, ce qui vous permet d’être prêt pour ces moments aussi.

Facultatif

Juste avant ou après avoir photographié un avion, vous pouvez faire une capture d’écran sur FlightRadar24 avec l’avion en surbrillance. De cette manière vous pourrez ensuite ajouter le numéro de l’avion et la route à vos légendes pour donner plus de consistances à vos photos.

https://www.pexels.com/fr-fr/photo/avion-rouge-et-blanc-d-air-berlin-159107/

Qu’est-ce qui fait une bonne photo d’avion ?

Bon, je me mets un peu dans la merde sur ce coup car c’est une question assez vaste, et finalement on pourrait aussi se demander de manière plus large « Qu’est-ce qu’une bonne photo ?« .

Mais revenons à nos photos d’avion.

Pour monsieur ou madame tout le monde, les avions sont tous pareils, il se disent : « C’est cylindre allongé avec des ailes… »

Fort de ce constat, je pense qu’une clef (qui sera aussi un défi) pour avoir « une bonne photo d’avion » c’est d’avoir une photo qui rend reconnaissable l’avion. Une photo où les caractéristique de l’avion sont mises en valeur.

D’ailleurs vous pouvez aussi montrer votre « intention artistique » en mettant en valeur ce qui vous attire VOUS dans cet avion.

« Mais concrètement, comment je mets de l’intention artistique ?« 

En faisant des choix, en prenant des décisions visibles, concrètement ça se joue beaucoup sur :

  • le cadrage,
  • la place occupée par le sujet dans le cadre,
  • l’action que fait le sujet,
  • comment on présente le sujet,

Par exemple, la photo peut se concentrer :

  • sur la texture des lignes de rivets sur un Warbird lors d’un spectacle aérien,
  • les traînées de condensation par temps brumeux,
  • la masse d’un gros turbofan GE (réacteur),
  • ou la silhouette d’un 747 au décollage sur fond de coucher de soleil.

Dans chacun de ses exemples, on a une réelle intention artistique, une prise de partie, un choix, une sélection ou une manière de présenter le sujet (ou ses caractéristiques spécifiques).

Et je pense que c’est ça qui fait qu’on obtient généralement une « bonne photo » d’avion, une photo marquante et reconnaissable.

Après, ce n’est que mon avis…

Mais vous pouvez aussi obtenir des photos intéressantes avec des photos où les caractéristiques sont moins mise en avant, avec des photos plus abstraites en fonction de la façon dont vous traitez la couleur, la forme, les textures, les lignes, les motifs, les espaces négatifs…

Vous pourriez par exemple prendre une photo avec un ciel énorme et l’avion en tout petit :

https://unsplash.com/photos/zjaWzPj9WjM

Dans ce cas là, les caractéristiques de l’engin ne sont pas mises en évidence, mais on a une intention artistique.

Conseil

On ne parle que d’avions depuis le début mais ils ne se pilotent et ne s’entretiennent pas tout seuls !

Alors n’oubliez pas non plus les personnes qui travaillent dans et autour des avions ! Leurs histoires et leurs photos sont tout aussi fascinantes que les avions.

https://www.pexels.com/fr-fr/photo/avion-blanc-et-gris-957768/

Bien se préparer pour réussir ses photos d’avion

La planification porte toujours ses fruits en photographie (en photo de paysage notamment). Et la photographie d’avion n’y coupe pas : une des règles d’or est de venir préparé(e).

Qu’il s’agisse d’un spectacle aérien ou d’une visite d’observation d’un aéroport, un repérage préalable peut faire une grande différence dans votre photo finale.

Pour la préparation vous pouvez :

  • repérez les lieux en fonction de leur position par rapport au soleil,
  • être attentif aux réglementations qui pourraient limiter vos possibilités,
  • repérez les meilleurs angles de prise de vue,
  • définir vos attentes, vos objectifs,
  • essayez d’obtenir des conseils de ceux qui étaient là avant vous,
  • vous renseigner sur les horaires de l’aéroport pour connaître les meilleurs moments pour prendre les photos d’un avion particulier, allez sur le site web de l’aéroport, vous y trouverez les horaires exacts et les noms des avions, ainsi que les heures auxquelles ils vont atterrir ou décoller,
  • vous renseigner sur les conditions météo locales, en effet la direction du vent peut influencer l’endroit où les avions décollent et atterrissent sur une piste, et des conditions météo très mauvaises annuleront tout décollage ou atterrissage.

Niveau matériel, vous pouvez amener :

  • votre matériel photo (j’y reviendrai juste après),
  • de la crème solaire et un chapeau pour les journées ensoleillées,
  • un délicieux pique-nique si vous comptez y passer la journée (ou au moins de l’eau),
  • des vêtements adéquats,
  • des chaussures confortables (la photographie d’aviation implique de marcher beaucoup),
  • des jumelles pour préparer à l’avance une prise de vue (certains avions passent en trombe, ne laissant qu’une fenêtre d’une ou deux secondes pour les photos),
  • une radio scanner (capable de capter les bandes militaires et civiles),
  • un gilet réfléchissant (pour votre sécurité),
  • votre chaise de camping (pour être confort),
  • une échelle (utile parfois pour avoir un meilleur point de vue),
  • des genouillères (notamment si vous vous agenouillez sur le tarmac),
  • votre carte d’identité (en cas de contrôle par la sécurité).
https://unsplash.com/photos/DQPP9rVLYGQ

S’entraîner avant le jour J

Je parlais juste avant de préparation matérielle et logistique, mais vous aussi vous devez être prêt. Car, comme je vous le disais au début, la photographie d’avion est exigeante (comme votre ex).

Et si c’est la première fois que vous photographiez des avions autour d’un aéroport ou que vous assistez à un spectacle aérien : soyez indulgent avec vous-même. Je vous conseille de considérer votre première journée comme un simple coup d’essai (comme votre ex).

En effet, vous allez avoir beaucoup de photos INEXPLOITABLES (et c’est normal).

Le deuxième et le troisième jour, vous verrez probablement une augmentation considérable du nombre de prises de vue réussies, car vous vous serez habitué à photographier les avions qui se déplacent rapidement.

« Mais moi je veux être opérationnel le jour même moi !« 

Pour passer une excellente première journée, une seule solution : entraînez-vous avant. Photographiez par exemple votre chien qui court derrière vos enfants qui font du vélo. Révisez aussi le panoramique (on utilise souvent cette technique pour la photographie aéronautique, j’y reviendrai).

https://unsplash.com/photos/n6i-4OrOL68

De quel matériel photo ai-je besoin pour photographier des avions ?

Boîtier

  • De préférence un boîtier à objectifs interchangeables qui vous permettra de jongler entre divers objectifs. Parfois avoir 2 boîtiers avec 2 objectifs qui couvrent des plages focales différentes c’est plus rapide et pratique (comme pour les mariages).
  • Les boîtiers à capteur APS-C ont la côte pour ce type de photographie grâce à leur facteur d’agrandissement entre x1.5 et x1.6 (comparé aux boîtiers 24×36) : par exemple avec un 300 mm vous aurez l’angle de champ équivalent d’un 450 mm (environ).
  • Enfin un boîtier avec une fréquence de prise de vue élevée est aussi un atout pour mitrailler les avions en action (j’en reparlerai dans la partie réglages).

Objectifs

Objectifs zoom

Les objectifs zooms (donc à distance focale variable)vous permettent de zoomer ou de dézoomer pour adapter facilement la taille apparente des avions dans le cadre.

Certains photographes aiment n’avoir qu’un seul objectif comme un zoom 100 mm-400 mm ou 80 mm-400 mm qui répondra à 90 % de vos besoins en matière de photographie d’avion : qu’ils soient en vol ou sur la piste.

Si le budget est serré, un 70mm-300mm fera l’affaire sur un boîtier à crop factor. Et un objectif 55 mm-250 mm ou 80-200 mm constitue déjà un bon début, ça sera adéquat pour photographier les avions sur une piste depuis la clôture (tant que vous êtes relativement proche).

Un meeting aérien est l’endroit idéal pour s’essayer à la prise de vue avec un super téléobjectif (objectif de 300 mm et plus). Je vous recommande de l’emprunter ou le louer afin d’éviter d’acheter du matériel coûteux que vous n’utiliserez peut-être pas beaucoup.

Stabilisation

Dans la photographie à des distances focales aussi élevées, la moindre secousse produit du flou de bougé, ainsi un stabilisateur d’image intégré sera vital.

MAIS !

Obtenir de bonnes photos avec ces objectifs demande beaucoup de pratique, une main expérimentée et stable (sans ça vos photos seront floues ou totalement manquées). Ce sont plutôt des objectifs réservés aux professionnels.

Et même avec un tel appareil, vous devez tout de même être assez proche de l’action (mais ne dépassez jamais la ligne de vol et ne tentez jamais de prendre des photos dans l’environnement de la piste).

(RE) MAIS !

Les longs objectifs, en plus d’être difficiles à utiliser, sont chers et lourds. Et certains photographes dégainent même rarement leur objectif long, et préfèrent utiliser des zooms plus courts comme un 18-135 mm pour la plupart de leurs photos (air-air inclus). Par exemple l’objectif Canon EF 24-105 mm a une bonne portée, est relativement léger et constitue un excellent objectif d’usage général. C’est idéal pour parcourir les salons aériens toute la journée.

Rappel

Les objectifs couvrant une large plage focale ont tendance à donner des photos de moins bonnes qualité que ceux couvrant des plages focales plus réduites.

D’autres photographes préfèrent avoir 2 objectifs :

  1. un 200-500 mm pour photographier à la clôture et en vol,
  2. et un zoom à plage courte/normale comme un 16-80 mm, 24-70 mm ou un 55-200 mm si des avions roulent proche d’eux.

« Mais ça sert VRAIMENT d’avoir un objectif aussi court ?« 

C’est vrai que quand on pense avion on pense « loin ». Mais détrompez vous : au roulage ils ne sont pas si loin et ils peuvent même être très proches quand ils sont statiques au sol (comme dans les musées ou à certains évènement aéronautiques par exemple).

Vous aurez donc l’air bien démuni(e) avec votre énorme objectif ! « Plus c’est gros, mieux c’est » n’est pas toujours vrai (notamment en photo).

Et gardez en tête que sur APS-C la distance focale est allongée, ainsi pour les distance encore plus courtes que certains roulages un objectif grand angle peut être utile pour les avions proches, voire un ultra grand angle si vous souhaitez faire quelques photos d’architecture à l’intérieur d’un terminal. Par exemple : un 18-35 mm ou 16-35 mm peuvent faire l’affaire pour ces types de situations.

Parlons maintenant ouverture brièvement. Si vous vivez dans une région où le temps est souvent couvert : les objectifs rapides à distance focale fixe vous permettront de capturer plus de lumière grâce à leur grande ouverture. L’inconvénient est que vous perdrez en flexibilité. Généralement vous photographiez souvent à des petites ouvertures comme f/11, vous n’en n’avez donc pas besoin.

En revanche vous voulez l’autofocus le plus rapide que vous pouvez vous permettre.

Bien choisir son matériel

La clé pour le choix de votre objectif et de votre boîtier est d’avoir une idée du rendu de leur combinaison et de connaître votre distance par rapport à votre sujet pour savoir « si ça va le faire » niveau cadrage et remplissage du cadre. Faîtes des tests !

Quelques équipements supplémentaires intéressants…

Trépied et/ou monopode : à moins de vouloir faire le time-lapse d’une piste ou d’un terminal, il n’y a pas beaucoup d’occasions d’utiliser un trépied. En effet, la photographie d’avion est très dynamique : vous devrez pivoter votre buste pour suivre les avions, tester différents angles, marcher… À la limite un monopode peut ajouter un peu de stabilité sans trop amputer votre mobilité.

Pare-soleil : très utile par temps ensoleillé car il empêche les reflets du soleil et protège l’objectif en cas de pluie.

Cartes mémoire : on prend souvent en rafale les actions et les cartes se remplissent vites. Prenez une marque fiable comme SanDisk ou Lexar (ça serait con de perdre toutes vos photos pour quelques euros d’économisés). Choisissez aussi une carte mémoire avec une vitesse d’écriture adaptée pour ne pas brider votre mode rafale. Vérifiez ce que recommande le fabricant de votre boîtier. Toutes les cartes ne sont pas égales en termes de qualité et de vitesse.

Batteries supplémentaires : à ne pas oublier si vous prévoyez de faire une session d’une demi-journée ou plus.

Kit de nettoyage : les avions ça brasse beaucoup d’air, de poussière et de résidus en tous genres, alors prévoyez de quoi nettoyer au moins vos objectifs !

Harnais/sangle à double appareil photo : dans le cas où vous faîtes le choix d’amener deux boîtiers avec chacun un objectif couvrant une plage focale différente.

https://unsplash.com/photos/EC_GhFRGTAY

Comment se rapprocher des avions ?

« Je n’ai pas de téléobjectif, la photo d’avion c’est mort pour moi du coup ?« 

Non, mais vous ne pourrez pas photographier d’avion à grande distance. Dans ce cas il faudra adapter votre stratégie et vous rapprocher physiquement.

  • Certains terminaux disposent de zones d’observation qui vous permettront de réaliser des prises de vue rapprochées de taxiways et de rampes.
  • Visitez les petits aéroports de votre région. La sécurité est moins intense et les gens sont plus amicaux lorsque vous montrez de l’intérêt pour ce qu’ils font et ce qu’ils pilotent. Les pilotes privés seront peut-être ravis de voir une belle photo d’eux en train de faire atterrir leur propre Cessna ou Piper !
  • N’oubliez pas les meetings et les rassemblements aériens. Ils sont parfaits pour s’approcher d’avions rares et intéressants que vous ne verrez pas souvent dans les grands aéroports.
  • Vous pouvez également visiter ou rejoindre un musée ou une société de restauration d’avions : en échange du bénévolat, vous bénéficiez d’un accès inestimable et d’une expérience pratique étonnante avec des machines merveilleuses et parfois même de vols gratuits !
  • Enfin, vous pouvez effectuer un vol de familiarisation à votre aérodrome local. Les vols de familiarisation coûtent généralement entre 50 et 100 € et constituent un excellent moyen de prendre des photos aéronautiques depuis un point de vue interne unique !
https://unsplash.com/photos/N10auyEVst8

Tenir correctement un appareil photo

Comme on l’a vu, il vous arrivera un moment ou un autre de prendre des photos avec un (super)téléobjectif. Et plus l’objectif est long plus la moindre instabilité se répercutera sur vos photos créant des images floues (d’autant plus par faible luminosité si vous allongez votre temps de pose).

Pour améliorer la stabilité de votre appareil photo, vous avez 3 possibilités :

  1. Activer la stabilisation de l’image si vous êtes à main levé.
  2. Dégainer un trépied ou un monopode. Mais, en photo d’avion on a besoin de mobilité, on n’a pas forcément la place ni le temps, et ça peut même être dangereux, donc ce n’est pas le top.
  3. Améliorer VOTRE stabilité (le sujet de cette partie).

La technique suivante doit devenir instinctive alors pratiquez, pratiquez (Et ? PRATIQUEZ).

  • L’index de votre main droite doit être légèrement appuyé sur le déclencheur,
  • vos trois autres doigts sont enroulés autour de la poignée du boîtier et votre pouce est placé à l’arrière de l’appareil,
  • votre main gauche doit soutenir l’objectif, pomme vers le haut,
  • vos coudes doivent être repliés en appuie contre votre buste,
  • vos pieds doivent être légèrement écartés, largeur d’épaule, voire un pied devant l’autre.

Ce sont les bases d’une bonne position pour vous donner une meilleure stabilité et réduire les vibrations de l’appareil.

À la prise de vue :

  • appuyez doucement sur le déclencheur, ne soulevez pas votre doigt de haut en bas,
  • utilisez un œilleton en caoutchouc pour ramener l’ensemble de l’appareil contre votre visage.
  • avant de déclenchez, expirez la majeure partie de l’air de vos poumons et retenez votre respiration, ça devrait vous aider à réduire les tremblements l’appareil.

Entraînez-vous jusqu’à ce que vous soyez à l’aise pour photographier un objet immobile à 1/30 s et obtenir une photo nette. Si vous y arrivez, c’est que ça commence à venir !

Le téléobjectif est indispensable pour photographier des avions ?

Non.

Cela peut surprendre, mais vous n’avez pas forcément besoin d’un « super méga ultra téléobjectif géant » pour faire de bonnes photographies d’aviation.

Vous devrez simplement opter pour une stratégie logique adaptée à votre matériel et ses possibilités.

Donc, si vous n’avez pas de « super méga ultra téléobjectif géant » voici quelques stratégies :

  • Recherchez les moments où les avions volent plus bas, comme au décollage ou à l’atterrissage dans les aéroports.
  • Ou encore lors des meetings aériens, profitez des passages « bas et lents » souvent effectués pour que le public puisse bien voir l’avion en vol.
  • Placez-vous en dessous ou légèrement sur le côté des trajectoires de vol autour de l’aéroport grâce aux radars gratuit dont on a déjà parlé, avec vos réglages faits.
  • Rapprochez-vous à quelques mètres et photographiez les détails complexes d’un avion. Cela donne un aperçu unique de la composition de l’appareil.

En fait, le schéma de pensé qu’on a c’est : avion = aérien = vol = loin = « super méga ultra téléobjectif géant »

Or, la photographie d’aviation NE SE LIMITE PAS aux prises de vues aériennes. En plus de ça, réaliser aussi vos photos avec des avions AU SOL, cela offre trois avantages :

  1. Vous pouvez vous concentrer sur les qualités les plus subtiles des avions.
  2. Beaucoup de gens n’ont pas l’occasion de voir un avion de près, et si vous photographiez les détails d’un avion, vous offrez un aperçu UNIQUE à vos spectateurs.
  3. Cette approche permet de vous différencier, ou au moins d’apporter un peu de variété à vos photos

Chaque avion est différent, alors si vous êtes proche concentrez vous sur certaines bizarreries, formes, motifs ou textures intéressants. Vous pourrez ainsi créer des photos plus abstraites.

« Et si je suis loin mais que je n’ai pas d’objectif long, qu’est-ce que je fais ?« 

Dans ce cas tirez aussi parti de votre environnement. Ajoutez du contexte avec un objectif court et un angle de champ plus large.

Observez autour de vous et voyez quels détails vous pourriez ajouter comme des flaques d’eau qui ajouteraient un reflet, des nuages, des montagnes, des bâtiments, des êtres humains pour donner un sens de l’échelle. Tout cela peut être incorporé dans votre photo pour lui donner plus de consistance et d’intérêt sans qu’un téléobjectif soit nécessaire.

https://unsplash.com/photos/w33-zg-dNL4

Avec un smartphone c’est possible ?

Oui c’est possible, mais vous allez être très limité.

Le seul type de photos où le smartphone est pertinent c’est quand vous êtes dans l’avion, pour photographier :

  • la terre en dessous de vous en plein vol,
  • le tableau de bord (un smartphone est plus facile à utiliser qu’un gros appareil photo).

Et le smartphone peut aussi permettre de photographier :

  • les divers détails de l’avion, de la casserole à l’empennage, à l’extérieur comme à l’intérieur,
  • les avions statiques au sols si vous êtes proches d’eux.

En revanche, un smartphone est totalement inutile pour photographier des avions à partir de distances moyennes, ils n’ont pas l’optique pour. Et il est probable qu’il en sera toujours ainsi.

Cependant je sais qu’il existe des accessoires de type « téléobjectifs », et que certains smartphones sont doté de zooms optiques, mais vous resterez tout de même limité.

Et comme il est difficile de contrôler le temps de pose et l’ouverture sur l’appareil photo d’un smartphone, vous ne pouvez pas adapter les réglages au sujet comme vous pouvez le faire avec votre fidèle appareil photo reflex ou hybride.

https://unsplash.com/photos/wwnSkb9Z0sM

Les réglages pour la photographie d’avions

Pour les réglages ce n’est pas évident d’en donner car la photographie d’aviation peut se faire à l’intérieur (comme dans les musées) ou à l’extérieur, les avions peuvent être en mouvement ou non, et la météo va aussi influencer les réglages.

Mais, je vais faire de mon mieux.

Format de prise de vue

Sélectionnez le format RAW, il vous permet de capturer un maximum d’informations brutes, de vous donner un maximum d’armes et de marge de manœuvre pour développer tout le potentiel de votre photo au post-traitement (exposition, balance des blancs, couleur, réduction du bruit…). Cela va de pair avec l’utilisation d’un logiciel de développement, sinon ça n’a aucun intérêt.

Au format JPEG, votre appareil effectue son propre post-traitement tout en compressant l’image. Une exception où vous pouvez envisager d’utiliser le format JPEG c’est pour les panoramiques, car cela permet d’obtenir un nombre d’images par seconde supplémentaire et de ménager la mémoire tampon interne de l’appareil.

Mode de mesure d’exposition

Mesure matricielle (la mesure de l’exposition se fait sur l’ensemble de l’image) :

  • vous êtes perdus et n’avez pas le temps,
  • la luminosité globale est homogène,
  • vous souhaitez exposer pour la scène globalement.

Mesure pondérée centrale (la mesure de l’exposition se fait sur la zone centrale de l’image) :

  • l’avion occupe une grande partie de la photo et l’on souhaite exposer pour l’avion,
  • vous souhaitez mesurer sur la partie centrale du cadre.

Mesure spot (la mesure de l’exposition se fait sur une zone très réduite au centre de l’image) :

  • l’avion occupe moins de place dans le cadre et l’on souhaite exposer pour l’avion,
  • l’exposition de l’environnement ne vous importe pas,
  • si la lumière sur la carlingue est très contrastée (mesurez toujours sur les hautes lumières, pas les ombres).

Astuce pour les modes de mesure concentrés

Vous pouvez faire la mesure en centrant le sujet dans le cadre avec une demi-pression sur le déclencheur, bloquer la mesure de l’exposition (ou passer en mode manuel M pour la bloquer), recadrer et déclencher.

Avion VS ciel

Choisir un mode de mesure plus « concentré » (spot et pondéré central) permet de privilégier l’exposition sur l’avion si on le vise. En effet, le ciel peut perturber le posemètre. Par exemple, les jours où le ciel est gris, il peut être difficile d’exposer correctement l’avion.

Lorsque vous prenez des photos d’un avion contre un ciel blanc et principalement nuageux, vous pouvez aussi rechercher des « taches de ciel bleu » à l’écart du soleil et mesurez l’exposition dans ces « taches bleues ». Cette technique devrait vous aider à vous rapprocher d’une exposition globale correcte.

Compensation d’exposition

Vous pouvez ajuster votre exposition avec la compensation d’exposition.

Les avions plus sombres peuvent nécessiter une surexposition pour être correctement exposés. À l’inverse, si vous souhaitez conserver certains détails dans le ciel, vous pouvez sous-exposer l’avion.

Éviter les éblouissements

Optimisez votre angle de prise de vue pour réduire les reflets. L’éblouissement peut également perturber le posemètre et créer un halo lumineux ou un orbe sur vos photos.

Mode de mise au point

  • La mise au point continue est adapté aux sujets en mouvement (AI Servo sur Canon et AF-C sur Nikon), utile pour les avions en vol.
  • La mise au point unique (mode One-Shot) est adaptée aux sujets statiques, l’appareil ne fasse la mise au point qu’une seule fois lorsque vous appuyez sur le déclencheur, utile pour les avions posés au sol.

Back button AF-ON

Vous pouvez aussi combiner le « back-bouton » AF-ON avec la mise au point continue : tant que vous restez appuyé sur le bouton votre appareil photo effectue et ajuste constamment la mise au point sur le sujet, quand vous relâchez le bouton la mise au point se bloque. Cette méthode de mise au point est souvent utilisée par les photographes d’action.

Temps de pose

La vitesse apparente de votre sujet va varier en fonction du type d’avion et de la distance de prise de vue.

Figer le mouvement

Les avions se déplacent à des vitesses comprises entre 200 et 300 km/h au décollage et à l’atterrissage. Et donc si vous souhaitez avoir une photo la plus nette possible d’un avion sans hélices vous devez choisir un temps de pose court entre 1/500s et 1/1000 s avec un objectif de 300-400 mm. C’est aussi un bon point de départ pour les avions en vol. À ajuster en fonction de la vitesse de l’avion et de la distance focale de votre objectif.

Hélas, ce choix n’est pas toujours possible sans quelques sacrifices en raison de la météo. En effet, s’il n’y a pas assez de lumière : ouvrez l’ouverture et/ou montez les ISO pour maintenir un temps d’exposition court. Et parfois vous serez limité par les capacités de votre matériel.

Pour les avions à hélices, essayez d’éviter les temps de pose plus courts que 1/1000 s, et visez plutôt entre 1/150 s et 1/25 s, ou plus lent pour obtenir un bon flou des hélices. Un temps de pose trop court fige le mouvement des pales et donne l’impression que l’avion est sur le point de tomber du ciel ! (Sale ambiance…)

Capturer le mouvement avec le panoramique

J’ai déjà écrit un article dédié au panoramique. Mais pour la faire courte : c’est une technique de prise de vue qui rendra l’avion net (si c’est bien exécuté), mais le premier plan et l’arrière-plan seront flous.

  • réglez votre temps de pose autour de 1/100 s, mettez vous en mise au point continue, sélectionnez le mode rafale et activez la stabilisation de l’image.
  • faîtes la mise au point sur l’avion dès le début, placez le collimateur sur une zone spécifique de l’avion (comme une porte ou un logo)
  • suivez l’avion d’un mouvement régulier en le gardant au centre du viseur, faites une rotation au niveau de la taille, ne bougez pas l’appareil photo avec vos mains, mais faites pivoter l’ensemble de votre tronc, cela donne à votre appareil photo une plate-forme stable et un axe lisse sur lequel tourner (c’est le mouvement de panoramique) tout en appuyant sur le déclencheur à mi-course.
  • Assurez-vous que la mise au point est toujours sur la zone souhaitée.
  • Appuyez à fond sur le déclencheur pour prendre la photo et veillez à bien garder votre appareil photo horizontal.
  • puis continuez à faire un panoramique régulier même après avoir pris votre/vos photo(s).

Cette technique requiert une certaine habileté dans l’utilisation de votre équipement, ainsi qu’une bonne dose d’entraînement. Si vous avez l’impression de maîtriser, vous pouvez allonger le temps de pose à 1/80 s ou 1/60 s.

Donc pour les avions à hélice on utilise souvent le panoramique en combinaison d’un temps de pose long pour avoir l’avion net mais les hélices floues.

Remarque

Les extrémités d’une hélice tournent beaucoup plus vite que les racines, et plus l’hélice est longue, plus cet effet est prononcé.

Et lorsque l’hélice commence à ralentir, vous commencez à voir un effet bizarre, parfois appelé effet Go-Pro ou rolling shutter, dans lequel l’hélice semble être faite de caoutchouc.

L’effet rolling shutter à droite – https://www.adobe.com/fr/creativecloud/video/discover/rolling-shutter-effect.html

Calculer le temps de pose pour le flou d’hélice parfait

Plus le nombre de pales de l’hélice est faible et/ou plus le régime du moteur est bas, plus le temps de pose devra être allongé pour obtenir un effet de flou sur l’hélice « en cercle complet ».

Une bonne formule d’estimation est : Régime du moteur / 60 X (nombre de pales) = temps de pose.

Une fois que vous avez déterminé le type de moteur de l’avion, la recherche du régime devrait être assez simple. Par exemple, un moteur de 3000 RPM avec une hélice à deux pales serait : 3000 / 60 * 2 = 100, donc réglerez le temps de pose à 1/100 s.

Entraînez-vous en photographiant un chien qui court après une balle ou des voitures passant dans la rue. Utilisez différents temps de pose pour voir leur impact sur le flou de l’arrière-plan et pour constater l’amélioration de votre panoramique.

Assurez-vous d’avoir un arrière-plan « à panoramique ». Votre arrière-plan doit avoir un certain contraste. Par exemple : faire panoramique avec un ciel bleu sans nuage ne montrera aucun mouvement.

Les spectacles aériens peuvent être des endroits parfaits pour travailler les techniques de panoramique et obtenir le bon « flou d’hélice » sur les avions concernés. Les aéroports locaux peuvent également être des endroits idéaux pour s’entraîner (à condition que vous puissiez trouver un endroit d’où vous pouvez photographier en toute légalité).

Rappel

Allonger le temps de pose laisse entrer plus de lumière jusqu’au capteur. Vous devrez donc fermez votre ouverture (avec un chiffre plus élevé) pour compenser et/ou baisser vos ISO.

Par temps très lumineux, vous devrez peut-être utiliser un filtre polarisant ou un filtre à densité neutre pour filtrer la lumière.

Allonger le temps de pose (en plus de l’utilisation d’un téléobjectif) rend aussi la photo plus sensible aux petites secousse, nous laissant déçu devant des photos floues. Si vous utilisez un temps de pose un peu long, comme 1/100 s à main levée, vous devez être très stable pour ne pas obtenir une photo floue.

La stabilisation de l’image intégrée au boîtier ou à l’objectif permet aussi d’améliorer un peu la situation.

Vous pouvez également utiliser un trépied ou, mieux encore, un monopode, ou vous appuyer sur quelque chose de stable et solide. Mais il sera plus difficile de trouver l’avion dans le viseur et de suivre l’action ou de faire un panoramique.

Smartphone

Si vous utilisez un smartphone, vous pouvez inciter l’appareil photo à utiliser un temps de pose plus long en recouvrant l’objectif d’un filtre à densité neutre. Sur certains smartphones ou avec des applications, vous pouvez passez en mode manuel.

Mode de prise de vue

Je vous conseille de jongler entre deux modes de prise de vue :

Le mode priorité à la vitesse (S ou Tv) : comme vous avez pu le voir, le temps de pose est un vrai dilemme en photographie d’avion et c’est sur ce paramètre qu’on va principalement jouer pour photographier des avions en mouvement (et à hélices). Le mode priorité à la vitesse vous permet de passer rapidement d’un temps de pose à un autre et de ne pas louper une occasion ! Il faudra quand même vérifier l’ouverture et éviter qu’elle ne descende sous f/5.6, si c’est le cas, ne pas hésiter à augmenter les ISO.

Le mode priorité à l’ouverture (A ou Av) : ce mode est plutôt utile pour les avions statiques, en effet dans ces conditions si le temps de pose n’est pas adéquat vous pouvez réessayer et plutôt vous concentrer sur la profondeur de champ.

Mode « paramètre utilisateur »

Certains appareils photo reflex numériques disposent de « paramètres utilisateur » appelés C1, C2, etc. sur les appareils Canon et U1, U2, etc. sur les appareils Nikon.

Cela peut être très utile pour avoir des réglages pour les avions sans hélices dans C1 (temps de pose court), et des réglages pour les avions avec hélices dans C2 (temps de pose long) pour pouvoir passer rapidement d’un réglage à l’autre.

Vous pourriez aussi avoir des réglages pour les avions statiques dans C1 et les avions volants dans C2, par exemple.

Ouverture

On évitera les ouvertures très larges qui rendront les erreurs de mise au point plus visibles. Une petite ouverture donne plus de profondeur de champ et permettra de rentrer plus d’avion dans la zone de netteté acceptable. Il faudra bien surveiller son impact sur le temps de pose

Pour les photos plus créatives, comme les photos de détails ou abstraites une ouverture plus grande peut donner des résultats intéressants avec la faible profondeur de champ qu’elle offre. Une grande ouverture est parfois nécessaire pour compenser un temps de pose très court (surtout en basse lumière).

ISO

Augmenter les ISO est utile dans des conditions de faible luminosité pour maintenir un temps de pose court et/ou éviter que l’ouverture ne soit trop grande.

De préférence on essaie de maintenant une valeur ISO la plus basse possible pour limiter le bruit numérique. Mais si nécessaire on peut les augmenter jusqu’à 800-1600 ISO sur APS-C et 1600-3200 ISO sur 24×36.

Mode d’acquisition

Pour les avions en mouvement je conseille de choisir le mode rafale avec le plus d’image par seconde de votre boîtier. Ce mode d’acquisition permet de capturer une série de photos en succession rapide tant que le déclencheur est maintenu enfoncé. C’est le mode d’acquisition naturel que l’on choisit pour la photographie d’action et de sport (et les panoramique des avions à hélices).

La philosophie du mode rafale c’est : « plus vous prenez de photos, plus vous avez de chances d’obtenir une photo réussie« .

https://unsplash.com/photos/67o4qfvtR1M

Sécurité et aéroports

Au fil des années la sécurité dans les aéroports s’est renforcée et il est PRIMORDIAL de savoir où vous pouvez et où ne pouvez pas être dans un aéroport (histoire ne pas vous faire embarquer par la sécurité !).

N’entrez pas dans les zones interdites (généralement indiquées par des panneaux) et gardez toujours votre carte d’identité sur vous.

Généralement on peut se garer sous la trajectoire de vol sans trop de problème. Les agents de sécurité peuvent s’approcher par curiosité mais ne devrait pas être trop embêtant…Mais ce n’est pas forcément le cas dans tous les aéroports.

Peu importe ce qu’il se passe : coopérez TOUJOURS avec la sécurité, et tout ira bien.

Attention

En dehors de l’Europe, il convient d’être particulièrement prudent en matière de photos aériennes. Dans certains pays, le planespotting à l’aéroport est une infraction pénale.

Renseigner vous toujours à l’avance pour savoir si le planespotting est autorisé sur l’aéroport de votre choix.

https://unsplash.com/photos/lmebMJb_3Aw

Comment photographier les décollages et les atterrissages ?

Pour de nombreux photographes, le décollage (avec sa trajectoire plus raide), et l’atterrissage dans un nuage de fumée (c’est là qu’il y a le plus d’action)sont des moments clefs de la photographie aéronautique.

Et c’est compréhensible, ce sont des moments symboliques en aviations car ils sont critiques ( notamment le décollage).

Vous pouvez aussi prendre des photos intéressantes lors du roulage et des manœuvres avec de possibles photos de 3/4.

« Alors comment je m’y prends pour prendre les décollages et les atterrissages ?« 

Idéalement, vous devez vous positionner pour avoir une vue (à peu près) de face, pour cela placez vous :

  • pour l’atterrissage, à un tiers de la piste à partir de l’extrémité de l’atterrissage (c’est à peu près là que se situe le point cible où les avions atterissent),
  • pour le décollage, à mi-chemin pour les petits avions et au ¾ de la piste pour les gros avions de ligne.

Pour vous aider, voici quelques indications sur les zones d’atterrissage et de décollage tirées du site lavionnaire.fr.

TODA = la distance de décollage
LDA = la longueur maximum pour l’atterrissage
https://www.lavionnaire.fr/PistesMarquagesSol.php

Sur les pistes vous avez aussi le point cible qui est l’endroit où normalement le train d’atterrissage prend contact avec le sol.

Sur les pistes dont la LDA (distance d’atterrissage disponible) est inférieure ou égale à 2400 m le point cible est disposé à 300 m du seuil de piste. En plus une deuxième paire de triple est rajoutée avant le point cible.
Sur les pistes dont la LDA (distance d’atterrissage disponible) est supérieure 2400 m le point cible est disposé à 400 m du seuil de piste. En plus une deuxième paire de triple est rajoutée avant le point cible.

Mais vous pouvez aussi prendre des photos de côté. C’est vous qui décidez après tout !

Un kilomètre à pied…

Sachant qu’une une piste moderne peut faire plus de 3 km de long, cela peut signifier beaucoup de marche pour obtenir le meilleur angle (mais vous serez fier de vos prises).

« Ok, je suis posté au bon endroit, c’est bon, je suis prêt !« 

Vous êtes sûr(e) que vous êtes vraiment prêt(e) ? Vous devriez vérifier :

  • que votre mise au point est en continue,
  • votre exposition (passer en manuel si les conditions d’éclairage sont difficiles).
  • que vous utiliser un temps de pose court entre 1/500 s et 1/1000 s,
  • que votre horizon est droit.

Ah et aussi : prenez autant de photos que possible. L’idéal serait au moins 7 images par seconde. C’est aussi le moment pour s’essayer aux panoramiques (comme on l’a déjà vu).

Lors du tri à la maison sélectionnez la meilleure en tenant compte de l’action, la mise au point et de la netteté de l’arrière-plan.

Si aucune photo n’est convaincante vous pouvez toujours essayer de recadrer la photo sur un détail sexy comme une aile ou un moteur.

https://unsplash.com/photos/twIzCL3YSRI

Composition

Détails et caractéristiques

Comme je l’ai déjà mentionné, il est important de se concentrer sur les détails pour explorer la nature inhabituelle de ces machines volantes.

Les photographies en gros plan de rivets, de peinture et de mécanique peuvent créer des images abstraites. Les photographies d’avions prises de loin peuvent mettre en valeur des formes élaborées.

https://unsplash.com/photos/luWsLycZH10

Le côté humain

Et ne vous limitez pas qu’à la photographie d’avions. La symbiose entre les avions et les personnes est une relation fascinante. Essayez de photographier des personnes interagissant avec des avions et voyez si vous pouvez créer une série de photos plus dynamiques.

https://unsplash.com/photos/IgtV6LCnHvQ

Depuis les airs ?

Le saviez-vous : certaines de vos photos sol-air peuvent ressembler à des photos air-air.

« Oh !« 

Souvent, les avions qui participent à des spectacles aériens se trouvent à environ 30 mètres au-dessus du sol, et quand ils s’inclinent et tournent pour effectuer un virage serré, en fonction du point d’observation, vous pouvez obtenir un plan qui donne l’impression de photographier l’avion depuis le dessus avec la verrière et le pilote visibles.

« C’est quoi l’intérêt ?« 

Habituellement on prend les photos depuis le sol (photos sol-air) et donc on obtient des photos du dessous de l’avion, et ces photos sont généralement moins intéressantes que les photos avec vue de dessus (souvent des photos air-air).

Photo de Moose Peterson – https://www.nikonusa.com/en/learn-and-explore/a/tips-and-techniques/taking-great-photographs-at-airshows.html#:~:text=For%20jets%2C%20aperture%20priority%20works,not%20hanging%20from%20a%20string

La place dans le cadre

Une photographie : c’est un sujet… et éventuellement du contexte.

L’avion que vous photographiez est-il en train de réaliser à un spectacle aérien ? Traverse-t-il une étroite vallée suisse ? Un peu de contexte peut parfois rendre une bonne photo excellente.

Vous avez de nombreuse possibilités :

  • Si l’avion est sur le côté ou de 3/4 vous pouvez laisser de l’espace devant, et le positionner sur un côté de manière excentrée
  • Si l’avion est dans le ciel, vous pouvez jouer avec l’espace négatif et le mettre par exemple dans un coin.
  • Si l’avion est de face au sol ou en l’air, vous pouvez jouer avec la symétrie et le centrer.
  • Si un élément en plus de l’avion est intéressant, vous pouvez positionner l’avion sur une intersection et l’élément important sur une autre intersection de la grille des tiers.
  • Et il existe sans doute d’autres possibilités…
https://www.pexels.com/fr-fr/photo/photo-a-faible-angle-de-l-avion-1154619/

La taille dans le cadre

Je parlais de cadrage et de place sujet mais on peut aussi parler taille apparente du sujet dans vos photos.

En effet, les avions sont petits et le ciel est grand. À moins d’avoir un ciel exceptionnellement intéressant et/ou de vouloir jouer sur l’espace négatif : personne n’a envie de voir une photo du ciel avec un petit point en plein milieu. (D’ailleurs je fais souvent cette blague à mes proches désespérés, je fais un point sur une feuille et je dis que j’ai dessiné un lion mais de très loin).

Deux solution :

  • Vous rapprocher physiquement (avec vos petits pieds)
  • ou vous rapprocher optiquement avec un boîtier à crop factor et/ou un téléobjectif

On choisit souvent le téléobjectif par facilité, mais il sera alors plus difficile de maintenir l’appareil photo stable et de trouver l’avion dans le viseur (je vous conseille de dézoomer, regardez hors de votre viseur, diriger votre appareil photo vers l’avion, puis de zoomer).

Par ailleurs, retenez quand même que le téléobjectif n’est pas une solution magique. Si l’avion est vraiment petit dans le ciel, un objectif long ne sera pas d’une grande aide.

Si vous photographiez avec votre téléphone : vous êtes condamnés aux photos pourries. Désolé d’être aussi radical, mais il n’y a pas grand-chose à faire pour résoudre ce problème de distance, à moins de vous rapprocher.

Et justement parlons-en. Se rapprocher physiquement est une autre possibilité plus ou moins viable (ça va être difficile de se rapprocher d’un avion de ligne qui vole à plus de 5 000 m d’altitude).

Donc, pour vous rapprocherez, d’avion vous zonerez sans doute dans les alentours des aéroports. Mais quoi que vous fassiez, respectez les règles de l’aéroport et ne violez pas les zones interdites. Plus d’un photographe enthousiaste s’est retrouvé à l’arrière d’une voiture de police.

Pour résumer le mieux est de :

  • s’équiper d’un boîtier à capteur APS-C et / ou d’un téléobjectif,
  • se rapprocher physiquement autant que possible (en toute légalité),
  • attendre que l’avion se rapproche de nous,
  • on a aussi la possibilités des meetings aériens.
https://unsplash.com/photos/zq5FTx9cj5Q

Avoir des arrière-plans propres

Faites attention aux arrière-plans gênants, en particulier pour les photos de décollage et d’atterrissage, et assurez-vous que l’appareil photo est tenu horizontalement pour éviter une piste en pente.

2 mots : planification et anticipation.

Ça ne sera pas une mince affaire, vous aurez beaucoup d’ennemis face à vous : les poteaux nazes, les bâtiments moches, les fils électriques qui cassent tout…

Pour les avions en mouvement sur une piste, vous allez devoir déclencher entre les obstacles tout en suivant leur mouvement. Vérifiez vos résultats avant l’avion suivant. Les grands obstacles, comme les bâtiments hideux, ne peuvent être minimisés qu’en changeant votre position.

https://unsplash.com/photos/-YO_BVmZlS0

Les angles

Recherchez des angles intéressants. Alors, plus facile à dire qu’à faire, notamment avec les avions dans le ciel, mais avec les avions statiques, vous pouvez trouver des angles très créatifs.

Essayez de vous allonger sur le sol, ou de photographier un détail ou depuis une partie intéressante de l’avion.

Avec les cartes mémoire de grande capacité d’aujourd’hui, le nombre de photos que vous prenez ne devrait pas poser de problème. Si vous n’aimez pas l’angle, effacez la photo plus tard.

https://unsplash.com/photos/OAePEg3V93A

Soignez la découpe

Au fil des ans, certaines conventions sont apparues sur ce que vous pouvez et ne pouvez pas couper dans le cadre.

Par exemple, il est possible de couper la partie extérieure des ailes sur une photo, mais il ne faut jamais couper le nez ou le train d’atterrissage.

« Pourquoi ?« 

C’est un peu comme avec les humanoïdes, vous pouvez par exemple couper un peu le haut du front mais pas les côtés du visage ni le menton.

Gardez également à l’esprit qu’il ne suffit pas de s’assurer que le train d’atterrissage ou le nez est dans le cadre… vous devez lui donner un peu de marge, on dit qu’il faut « laisser respirer » un peu, on laisse un peu d’espace avec les bords pour 2 raisons :

  • l’encombrement des marges crée un sentiment de malaise chez le spectateur.
  • Si vous devez recadrer à cause d’un changement de ratio par exemple.
https://unsplash.com/photos/oCsQLKENz34

Rester simple

Vous connaissez sans doute déjà ce conseil de composition : simplifier, ne pas avoir trop d’éléments dans sa photo, et surtout des éléments qui volent la vedette à votre sujet.

En l’air c’est assez simple de simplifier sa photo, mais vous prendrez sans doute une bonne partie de vos photos d’aviation au sol sur les pistes des aéroports ou lors de meetings aériens.

L’avantage (lorsqu’ils sont au sol) c’est que vous êtes posé, vous avez le temps, et vous pouvez donc allonger votre temps de pose si vous le souhaitez (attention au flou de bougé à main levée quand même).

L’inconvénient, c’est qu’à un rassemblement eh bien… il y a beaucoup d’humanoïdes ! Une foule de vos pairs sont agglutinés autour des avions que vous voulez photographier tel des mouches sur du miel.

Ils gâchent votre photo ! Personne ne veut voir une photo d’avion avec une douzaine d’autres personnes qui s’agitent dans leurs shorts kaki et leurs chapeaux à larges bords, bloquant la vue et perturbant la mise au point.

Heureusement, il existe quelques solutions :

  • Tombez du lit ! Je m’explique : si vous vous levez tôt et que vous partez à la chasse aux photos juste après l’aube, non seulement vous serez récompensé par une lumière exceptionnelle, mais vous limiterez aussi l’apparition d’êtres humains sur vos œuvres.
  • Être patient : cadrez votre photo et attendez que la scène se dégage, vous devrez prendre vos photos pendant les « trous » d’une demi-seconde laissant le champ libre.
  • Changer de stratégie : concentrez-vous sur un détail particulièrement intéressant, ce détail qui différence cet avion des autres, comme les cheminées d’échappement d’un Merlin V-12 sur un P-51 ou les lignes de rivets sur un Spartan Executive. Les logos, les reflets, les vrilles, les ferrures de porte, les formes intéressantes de la queue font partie des innombrables possibilités de détails.
  • Allonger le temps de pose : si la foule n’est pas trop statique et dense vous pouvez tenter un pose longue de 10 s ou plus pour « l’effacer » de la photo. Faîtes aussi attention à la surexposition si c’est une journée ensoleillée !
https://www.pexels.com/fr-fr/photo/personne-debout-devant-un-avion-518950/

L’eau

L’eau peut être utilisée de manière créative en capturant le reflet de la lumière du soleil sur le ventre de l’avion. Et comme pour la neige, l’eau fait office de réflecteur en éclairant le dessous de l’avion.

Si vous savez que votre avion passe assez proche au dessus d’une étendue d’eau, c’est un truc à tester !

Le niveau d’agitation de d’eau impactera également le rendu sur l’avion.

En fonction du niveau du soleil jouez avec vos paramètres de compensation d’exposition en surexposant pour capter le reflet du soleil sur l’eau. Et même si vous êtes en plein soleil, surexposer d’un diaphragme peut donner de bons résultats.

Utilisez par exemple une valeur d’ouverture moyenne (F/6.3 ~ F/8.0) en combinaison avec un temps de pose court.

https://blog.klm.com/6-tips-for-creative-aviation-photography/

Capturer l’action

Si vous débutez la photo d’avion, au début, vous serez comme un enfant émerveillé à la simple vue d’un appareil. Vous prendrez de nombreuses photo, peu importe si il se passe quelque chose d’intéressant… ou non, et vous en serez satisfait.

MAIS

Avec le temps et l’expérience ça ne suffira plus. Et avec du recul, vous vous direz même que la plupart de vos photos n’ont pas réellement un grand intérêt.

Alors photographiez plutôt l’action !

  • le cadrage de plusieurs avions ensemble,
  • atterrissage, décollage, roulage
  • acrobaties,
  • versement de l’eau (pour les canadairs par exemple)
  • ouverture du train d’atterrissage,
  • réchauffage complet/postcombustion et vapeur s’échappant des ailes,
  • ajoutez des éléments au sol (montagnes à l’arrière-plan, foule au regard émerveillé ou traînées de fumée).

Un mot spécial sur la fumée : Les photographes l’adorent ! Les artistes de spectacles aériens utilisent la fumée pour la bonne raison qu’elle ajoute un intérêt visuel pour les spectateurs au sol, loin en dessous. Les artistes savent que leurs avions sont petits et ne sont pas particulièrement impressionnants de loin. La fumée ajoute des éléments d’action, de mouvement et de temps, qui se conjuguent pour donner vie à un plan fixe.

https://unsplash.com/s/photos/airplane

Prendre du recul

Il est parfois facile d’être pris par la photographie d’un événement. Au point d’oublier d’apprécier ce qui nous entoure en dehors du cadre de l’appareil photo.

Même si vous cherchez à obtenir la photo parfaite, n’oubliez pas de prendre le temps de regarder autour de vous (comme les hiboux).

En évitant de rester le nez dans votre appareil photo, vous verrez votre environnement d’un œil neuf, ce qui vous permettra de découvrir des plans qui vous auraient échappé auparavant. Cela peut également vous permettre de repérer d’autres opportunités photographiques.

https://unsplash.com/photos/crdXa0op5bI

Météo et lumière pour la photographie d’avion

La meilleure météo pour les photos d’avion ?

Que ça soit un ciel bleu et clair avec un soleil radieux ou des nuages et de la pluie : des photos impressionnantes d’avions peuvent être réalisées dans presque toutes les conditions météorologiques.

Seule exception : une épaisse couches de brouillard qui bloque TOTALEMENT la vue sur l’avion.

De la pluie et des avions

Si il pleut, vous avez plusieurs possibilités :

  • des reflets peuvent apparaître sur l’avion ou la piste,
  • des gouttelettes peuvent se déposer sur la carlingue ou la verrière, ce qui peut donner un peu de texture à vos photos si vous êtes assez proche,
  • de loin, l’eau peut être soulevée par les avions au roulage, au décollage ou à l’atterrissage, et ajouter un élément visuel intéressant.

Prendre soin de son matériel

Pensez toujours à protéger votre appareil photo des conditions climatiques. Même si il est tropicalisé, l’appareil photo peut être endommagé en cas de pluie prolongée.

Utilisez une housse imperméable par exemple ou un sac plastique. En cas de forte pluie, il est plus prudent d’arrêter d’utiliser l’appareil photo et de le ranger dans un sac étanche.

https://unsplash.com/photos/ZGRyaOgv1oo

Le soleil, un faux ami ?

Évitez de photographier des avions sous un fort soleil entre midi et 14h. À ces heures la lumière est très directe, très contrastée (avec beaucoup d’écarts de luminosité) et vous aurez sans doute des zones d’éblouissements sur la carlingue ou la verrière.

Bref, toutes les conditions pour rendre une exposition difficile (et ratée !) avec le posemètre interne de votre boîtier.

Seule exception : si les avions sont au sol et que vous disposez d’un posemètre externe que vous savez utiliser dans ce cas allez-y !

Le filtre polarisant pour les journées ensoleillées

Par une journée ensoleillée, un filtre polarisant peut s’avérer utile pour prendre des photos d’avions statiques, afin d’éliminer l’éblouissement de la lumière du soleil sur la voilure et de donner au ciel bleu et aux nuages un contraste beaucoup plus important. Un filtre polarisant fonctionne mieux lorsque votre appareil photo est orienté à 90 degrés par rapport au soleil.

Pensez aussi vous perdrez également deux stops de lumière avec un filtre polarisant, vous obligeant à allonger votre temps de pose, ouvrir plus ou augmentez les ISO.

https://www.pexels.com/fr-fr/photo/silhouette-d-avions-47044/

Photographier hors de ces heures fait que l’avion sera éclairé de manière plus homogène et avec des ombres moins denses : ce qui est plus simple pour la mesure de l’exposition. En effet, comme pour les paysages, la meilleure lumière pour la photographie se situe tôt le matin et tard le soir, lorsque le soleil est bas dans le ciel et que vous obtenez de belles couleurs riches et chaudes.

Se lever tôt

Vous le savez, la lumière impacte beaucoup vos photos. Aussi bien les réglages que le rendu visuel. Certains photographes se lèvent entre 4h et 5h du matin pour prendre des photos d’avion le matin.

Le trafic en approche qui atterrit sur la piste est magnifiquement éclairé par le soleil se levant face à la piste. La lumière éclaire alors directement l’avion en approche, et la carlingue et les moteurs sont parfaitement éclairés.

Une fois que l’avion vous a dépassé, vous pouvez prendre des photos de silhouette (si vous avez le temps de vous retourne). On mesure normalement l’exposition sur le ciel pour obtenir une silhouette, mais si vous n’avez pas le temps, utilisez la compensation d’exposition pour sous-exposer de quelques stops (-2 stops).

Remarque

De nombreux salons aériens prévoient des heures d’ouverture matinales pour les photographes : profitez-en !

https://blog.klm.com/6-tips-for-creative-aviation-photography/

Ou se coucher tard

Ceux d’entre vous qui ne trouvent pas la force de quitter leur nid douillé avant l’aube peuvent toujours se rattraper en attendant le coucher du soleil.

Le soleil couchant, lorsqu’il plonge au-delà de l’horizon, peut produire des images étonnantes. Les rayons de lumière dorés et rasants génèrent une agréable sensation de chaleur sur les photos.

Trouver un endroit où vous pouvez voir l’avion décoller au soleil peut donner de superbes résultats.

https://blog.klm.com/6-tips-for-creative-aviation-photography/

Bien se positionner par rapport au soleil

Évitez de photographier à contre-jour à moins que vous souhaitiez réaliser une silhouette sur fond de coucher de soleil, (faire passer la lumière du soleil par la verrière où est assis le pilote ça peut être sympa.)

Essayez plutôt d’avoir le soleil derrière vous (plus simple à faire pour les avions statiques). C’est aussi plus facile de se positionner par rapport au soleil en début et en fin de journée quand le soleil est bas dans le ciel.

Position du soleil

Rappelez-vous que le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest. (Je me dis dans ma tête « se LÈÈÈve à l’ÈÈÈst et se cOUUUUUche à l’OUUUUUest »)

Vous pouvez utiliser des applications comme « La trajectoire du soleil » ou « PhotoPills » pour suivre l’angle du soleil, obtenir les heures de lever et de coucher du soleil, connaître l’angle du soleil à l’avenir, etc.

https://unsplash.com/photos/CU-HAhcKZ1o

Obtenir de bonnes photos par mauvais temps

Sortez aussi par mauvais temps !

Les cieux sombres et les nuages dangereux ajoutent vraiment beaucoup de « drame » à des photos d’atterrissage ou de décollage (qui peuvent sembler répétitives avec le temps).

Et il n’est pas nécessaire qu’il pleuve à l’endroit où vous vous trouvez pour donner l’impression d’un orage, il suffit qu’il soit en arrière-plan.

Veillez à toujours rester en sécurité et à vous mettre à l’abri en cas de foudre !

Les prises de vue dans un ciel sombre peuvent produire de très belles photos d’ambiance, notamment lorsque le soleil perce les nuages.

Si le temps est couvert et que vous ne pouvez pas obtenir un temps de pose court, pensez à agrandir l’ouverture du diaphragme ou augmentez les ISO. Vous devrez être précis dans votre mesure de l’exposition en choisissant le mode adapté (voir la partie réglage) ou faîtes en sorte que l’avion remplisse le cadre afin que la mesure se fasse sur l’avion et qu’il soit correctement exposé.

https://unsplash.com/photos/T1X-OSze47A

Les nuages

Lorsque nous regardons les avions en vol, nous voyons souvent des nuages derrière eux. pareil lorsque vous regardez un film, les avions volent généralement à travers les nuages.

Et donc, naturellement notre esprit associe les avions avec les nuages, qui sont ainsi de bons éléments naturels à intégrer à vos photos.

  • S’il y a beaucoup de nuages, prenez une photo avec un large angle de champ et jouez sur l’espace négatif.
  • S’il y a peu de nuages, prenez une photo cadrée serrée et placez-vous de manière à faire apparaître en arrière-plan avec les quelques nuages disponibles.
  • Si l’avion est en vol, vous pouvez faire un panoramique pour incorporer les nuages à l’arrière-plan. C’est une option intéressante pour donner une sensation de mouvement lorsque vous photographiez des avions sans hélice. Avec un peu de chance, les nuages seront bas, et vous pourrez obtenir des filé de nuages en l’arrière-plan.
https://www.pexels.com/fr-fr/photo/avion-blanc-et-rouge-a-cote-de-nuages-photographie-en-contre-plongee-46148/

Bravez le froid !

L’hiver est une saison idéale pour la photographie. Le soleil reste relativement bas tout au long de la journée. Par conséquent, la lumière tombe magnifiquement sur le sujet : l’avion !

Habillez-vous chaudement (sauf si vous êtes un viking). Si le froid vous saisit, il vous sera pratiquement impossible d’utiliser votre appareil photo à cause du tremblement de vos mains qui donneront l’impression que vous êtes sur une machine à laver.

Utilisez de préférence des gants qui permettent à vos doigts et à vos paumes de bien s’agripper à votre appareil photo pour ne pas qu’ils vous glisse entre les doigts !.

Si le carburant est nécessaire aux avions, c’est aussi votre cas. Une réserve de café ou de chocolat chaud vous sera certainement utile si vous prévoyez de rester à l’extérieur pendant plusieurs heures.

Si vous avez de la chance, vous pourrez vous servir de la neige comme d’un réflecteur brillant, donnant au ventre de l’appareil une lumière supplémentaire lorsque le soleil se reflète sur le sol. Si vous êtes entouré de neige, il sera sans douté nécessaire de surexposer de 1 ou 2 stops pour se rapprocher d’une exposition correcte et capturer plus de détails.

https://blog.klm.com/6-tips-for-creative-aviation-photography/

Développer et afficher ses meilleures photos

Soyez sélectif : ne diffusez que vos meilleures photos. Celles avec le plus d’action, de netteté, d’effets atmosphériques, d’arrière-plans propres. Ou simplement celles pour lesquelles vous avez ce coup de cœur indescriptible.

Ne vous fiez pas aux photos RAW à la « sortie de l’appareil », la case post-traitement avec un logiciel de développement comme Adobe Lightroom est obligatoire si vous photographiez dans un format brut pour avoir une « vraie » photo.

Vous pouvez traiter :

  • la couleur, restez réaliste, mais vous pouvez certainement jouer avec la vibration et la saturation pour les faire ressortir un peu, le noir et blanc peut parfois ajouter un peu d’éclat ou d’intensité,
  • le cadrage, retravaillez votre composition si nécessaire avec les grilles, éliminez les zones mortes ou supprimer les éléments gênants,
  • le flou, en accentuant la netteté,
  • les éléments indésirables, parfois, un lampadaire, une personne, une branche d’arbre ou tout autre objet peut nuire à la photo, il faudra donc les supprimer.
  • la luminosité, Il est facile de la modifier, et d’ajouter du contraste si nécessaire
  • les zones trop sombres ou trop claires pour améliorer les détails,
https://www.pexels.com/fr-fr/photo/photo-regarder-boite-boite-de-conserve-6924357/

Imprimer des photos et développement de votre réseau

Une photo en dit long, et lorsque vous offrez à un propriétaire d’avion ou à un pilote une photo d’eux et de leur avion : les portes du hangar s’ouvrent.

Les avions, c’est aussi de l’humain : les humanoïdes qui les font voler, qui les possèdent et qui les font fonctionner ! Ce sont les personnes avec lesquelles vous voulez établir des relations.

Vous les rencontrez dans les salons aéronautiques, les aéroports, lorsque vous parlez d’avions à quelqu’un d’autre. Ils sont incroyablement passionnés par leurs compétences et leur métier, et c’est quelque chose que vous voulez exploiter.

Vous ne trouverez pas de meilleurs amis que les pilotes entre les mains desquels vous avez mis une photo de leur avion. Une fois que vous avez fait cela, « the sky is the limit » !

tout tourne autour des pilotes qui pilotent ces avions et des personnes qui les restaurent et les entretiennent. Même si les personnes ne sont pas sur les photos, leur travail, leur passion et leur sens de la préservation de l’histoire le sont. Ils seront ravis de vous parler si vous êtes sincèrement intéressé(e), et ils sont très serviables.

https://www.pexels.com/fr-fr/photo/plaine-de-combat-gris-au-dessus-du-ciel-pendant-la-journee-40753/

Quelques mots sur la photo aérienne air-air

La photo aérienne « air-air » est un type de photo qui consiste à prendre en photo des avions depuis… un avion.

C’est un type de photo très spécialisé. Je n’y connais donc pas grand chose (je n’en ai jamais fait) donc cette partie est issue d’un article de Nikon USA qui se base sur une interview de Moose Peterson.

Moose est à l’origine un spécialiste de la photo animalière, puis il s’est mis à la photo aéronautique depuis quelques années.

« Tout le monde ne sera pas capable de faire de la photographie en vol, bien qu’il existe des avions à louer et des ateliers de photographie en vol« .

Moose Peterson a pu commencer la photo air-air après avoir rencontré et discuté avec le propriétaire d’un avion. Moose a posé des questions au sujet de l’avion et pris quelques clichés.

Moose a ensuite donné sa carte professionnelle de photographe au propriétaire et lui a dit que s’il lui envoyait un e-mail, il lui enverrait des photos. Par la suite, le pilote lui a envoyé un e-mail, Moose lui a bien envoyé les photo. Et finalement le pilote l’a « invité à monter avec lui et à photographier en vol« .

D’après Moose, les gens de l’aviation sont des « gens formidables, et si on se montre sincère, ils le sauront« . Il conseille seulement de bien livrer les photos si on le promet.

C’est ce que Moose a fait, et très vite, le mot s’est passé et il a reçu d’autres invitations.

La plupart du temps, la photographie aérienne est réalisé depuis un avion T6. C’est un avion biplace, un à l’avant, un à l’arrière.

Moose prend des photos air-air à main levée avec des objectifs VR, comme le 24-120 mm et le 70-200 mm, et règle son boîtier sur la mesure matricielle, parce que « la lumière change presque toujours là-haut« .

« Quand on est dans un avion, on se déplace à la même vitesse que l’appareil que vous photographiez, donc c’est comme-ci l’avion ne bougeait pas du tout. En revanche, il peut y avoir des turbulences (l’avion monte et descend), donc, si votre objectif le propose, activez la stabilisation« 

Moose nous avertit aussi : « Lorsque vous prenez des photos depuis le siège arrière d’un avion, la verrière est ouverte, il est donc important de tenir l’appareil photo près de vous, les coudes serrés contre votre corps pour plus de stabilité« .

Moose utilise le mode rafale à haute vitesse et la priorité au sujet le plus proche pour la mise au point AF (ce sont les mêmes réglages que pour ses prises de vue sol-air).

La plupart des vols de photographie air-air « durent environ 20 minutes« , et « c’est une expérience intense« .

https://www.pexels.com/fr-fr/photo/elevation-de-l-avion-a-reaction-bleu-et-jaune-264416/

Conclusion

On arrive à la fin de ce guide méga ultra complet sur la photo aéronautique. J’espère que ça vous sera utile, vous trouverez forcément quelques informations utiles. Vous allez pouvoir photographier sereinement ces oiseaux mécaniques !

Rappelez-vous que le plus important c’est toujours votre sécurité et celles des autres !

Moi je vous laisse ici à vos photos d’avions et je vous dis à bientôt sur les internets MONDIAUX !

J’ai aussi une chaîne YouTube !

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