24 juin 2023

Comment photographier des éclairs sans mourir : le guide ultime (matériel, réglages et composition)

Par Gaëtan Berthouly

24 juin 2023


Les orages, c’est comme les citrons, vous ne savez jamais dans quelle direction ça va partir.

Pecos Hank musicien, auteur-compositeur, cinéaste et chasseur de tempêtes professionnel aux États-Unis.

Aujourd’hui, à défaut d’avoir un éclair de génie on va apprendre à en photographier.

La photo d’orage (ou d’éclair), est un type de photographie assez spécial, pas évident à réaliser, et qui a lieu dans des conditions difficiles (froid, vent, humidité, pluie, peu de lumière etc). Je ne dis pas ça pour vous décourager, mais je préfère vous prévenir.

Ce genre photographique regroupe un peu toutes les difficultés qu’on peut retrouver dans les photos sous la pluie, sous la neige, les photos de traînées lumineuses ou le light painting. (Et oui vous avez bien compris, cette phrase me permet subtilement de faire la promotion d’autres articles).

Comme d’habitude, à travers cet article le but est d’écrire une véritable ressource sur ce sujet. Vous allez donc trouver beaucoup d’informations, que je mettrai à jour et remettrai en forme avec le temps !

Allez, en avant Guingamp !

Les bases de la photographie vous intéressent ?

Le matériel pour la photographie d’orage

Nous sommes dans une société de consommation, « Les choses que l’on possède finissent par nous posséder» Tyler Durden, Fight Club. Et la photographie n’y coupe pas, c’est une passion très matérialiste.

Et c’est pour cette raison que dans cette partie on va faire un petit point matériel. Je vous déconseille d’aller photographier des orages « la fleur au fusil » comme on dit.

Le matériel indispensable pour la photo d’éclairs et d’orages

Un trépied

Généralement, les éclairs frappent en pleine tempête. Et qui dit tempête dit vent. Et qui dit vent dit instabilité.

Ce qui ne fait pas nos affaires, car on sera sur des temps de poses assez longs, donc la moindre vibration sera enregistrée sous forme de flou de bougé sur vos photos. Et le flou de bougé, c’est comme les épinards, en général, on n’en veut pas. (À moins d’être sur du mouvement intentionnel, mais c’est autre chose).

Donc pour les longues poses le trépied est le parfait partenaire, et plus précisément dans ces conditions venteuses, je vous conseille d’avoir un trépied plutôt lourd. Donc pas de trépied de voyage par exemple, il sera trop léger.

Si vous n’avez pas de trépied lourd, vous pouvez toujours le lester avec des sacs de sables. Oui cet accessoire existe réellement pour les trépieds. Si votre trépied dispose d’un crochet sous son tube central vous pouvez aussi y accrocher votre sac d’appareil photo.

Vous pouvez aussi demander à tata Jacqueline de venir lester votre trépied !

Un boîtier photo

Nous serons dans des conditions compliquées de basse luminosité, et dans ces cas-là, plus le capteur est grand mieux c’est. En effet, cette caractéristique technique fait que ce type de matériel offre de meilleurs résultats en condition de basse luminosité, avec notamment moins de bruit numérique lors de la montée en ISO. Donc la photo au smartphone est plutôt déconseillée.

« Mais si j’ai un APS-C, c’est mort ? »

Non pas du tout, c’est aussi faisable. Vous aurez juste plus de mal à avoir une photo sans bruit numérique dans les zones les plus sombres notamment.

D’ailleurs, le crop factor d’un APS-C peut être utile pour vous rapprocher optiquement de l’action. Ce qui peut-être un avantage pour pouvoir prendre des photos d’orage tout en restant en sécurité à distance.

La cerise sur le gâteau serait que votre appareil photo soit équipé d’un mode de prise de vue manuel (bon, ça en général pas de soucis), mais surtout qu’il ait un mode Bulb ou un mode time lapse, ça serait vraiment parfait (j’y reviendrai plus tard).

Les objectifs pour la photo d’orage

Le choix de l’objectif va dépendre du rendu que vous voulez mais aussi de la distance à laquelle vous êtes de vos éclairs.

Pour schématiser :

  • si vous êtes loin et/ou si vous voulez isoler vos éclairs, leur faire remplir le cadre, utilisez un téléobjectif ;
  • si vous êtes près et/ou si vous voulez prendre un paysage orageux, utilisez un objectif grand angle.

Un objectif grand-angle vous facilitera la vie. Dans le sens où les éclairs peuvent bouger, et grâce au large angle de champ offert par un grand angle vous aurez moins tendance à devoir changer la distance focale, ou à devoir recadrer, ou à devoir (trop) changer d’endroit. Son large angle de champ vous laisse plus de marge. La contrepartie c’est que vous ferez plutôt de la photo de paysage orageux, que d’éclair. Avec un grand angle vos éclairs sembleront aussi plus fins. Sinon, pour vous concentrer sur les éclairs il faudra recadrer au post-traitement, ce qui peut entraîner une perte de netteté à cause la perte de pixels.

Avec un téléobjectif, vous pourrez bien plus vous concentrer sur les éclairs, les isoler, en être proche visuellement. En revanche, il est possible que vous deviez être plus mobile. Et d’autant plus si vous utilisez un téléobjectif à lentille fixe et non un zoom (= à distance focale variable).

« Et d’ailleurs, plutôt zoom ou focale fixe ? »

Je pense que si vous débutez, si vous n’êtes pas très à l’aise avec les orages, vous devriez plutôt choisir un objectif zoom. Que ça soit un grand angle ou non.

Les objectifs zoom sont généralement de moins bonne qualité et plus chers que les objectifs à lentille fixe, c’est vrai. MAIS, les objectifs zoom vous apportent plus de flexibilité et de confort pendant votre séance photo. Ce qui est rassurant quand on débute. Avec un zoom, vous aurez moins à vous déplacer physiquement, vous n’aurez qu’à changer de distance focale en un coup de poignet.

Un chiffon et/ou une serviette

Et non, vous n’allez pas faire le ménage ! Enfin pas tout à fait. De toutes façons vous ne le faîte jamais, et n’avez pas envie de commencer aujourd’hui.

Ces bouts de tissus seront pour votre cher et tendre matériel photo qu’il va falloir dorloter. En effet votre appareil photo n’est pas aussi résistant que vous aux intempéries.

En photo d’orage, généralement il pleut (si si je vous assure). Et la moindre goutte sur la lentille frontale de votre objectif ruinera tous vos efforts et votre cliché. Vous aurez une sorte de difformité pas très esthétique sur votre photo. Et en plus de ça, l’eau et l’électronique ne font pas bon ménage.

Ce que je vous conseille c’est d’avoir 2 types de tissus différents :

  1. un gros tissu comme une serviette pour nettoyer globalement votre appareil photo ;
  2. des petits chiffons microfibre pour la lentille frontale de votre objectif.

« Maintenant que j’y pense, ça ne craint pas trop pour mon appareil photo ce temps déchaîné ? »

Un peu. En fait, plus votre matériel est cher plus il est résistant aux intempéries. Mais notez bien qu’il n’est pas étanche ou imperméable. Je vous rappelle aussi que l’objectif et le boîtier photo doivent être tropicalisé pour que l’ensemble le soit.

Pour en savoir plus je vous conseille de lire mon article sur la résistance aux intempéries des appareils photos, et mon article sur la condensation au passage.

Une housse imperméable anti pluie

Dans le prolongement de l’équipement juste avant, je vous conseille vivement d’investir dans ce type de protection. C’est une sorte de bâches adaptée aux appareils photos. Si vous tapez « housse imperméable appareil photo » sur Google vous devriez trouver votre bonheur.

Finalement que votre appareil photo soit résistant aux intempéries ou non, ça ne lui fera pas de mal d’avoir une protection supplémentaire. Puis ce n’est pas toujours évident de connaître le degré de sensibilité de notre matériel à la pluie et à l’humidité. Avec une housse de ce type, là au moins vous bétonnez.

Et puis de mon côté, j’ai l’esprit tranquille, vous ne pourrez pas me dire que je ne vous l’avais pas conseillé.

Un déclencheur à câble ou à distance

Ce genre d’accessoire est souvent sous-estimé et a pourtant une réelle plus-value pour votre pratique, notamment pour les longues poses.

Une télécommande à distance permet de prendre des photos sans toucher à votre appareil. En effet, même si votre matériel est installé sur un trépied, le fait de toucher votre appareil photo pour déclencher peut introduire du flou de bougé induit par un léger tremblement du boîtier.

Une voiture

Oui, rien que ça.

Alors, je ne vous conseille pas d’acheter une voiture juste pour faire de la photo d’éclairs. Mais si vous êtes motorisé(e) et que vous décidez de photographier loin de chez vous, je vous encourage vivement à vous déplacer avec et de ne jamais rester loin d’elle.

Car la voiture est sans doute l’un des meilleurs abris contre le mauvais temps, et en plus de ça, vous pouvez vous déplacer avec. J’en reparlerai plus loin.

Le matériel facultatif pour la photo d’éclairs et d’orages

Une lampe de poche

Une lampe a trois utilités dans cette situation :

  1. voir où vous mettez les pieds (il fera assez sombre) ;
  2. être vu des autres si vous n’êtes pas loin d’une route par exemple (la sécurité c’est important) ;
  3. « peindre » avec la lumière votre premier plan pour le rendre visible sur la photo.

« Euh… je ne vois pas trop où tu veux en venir avec l’histoire du premier plan qu’on peint. »

En fait votre capteur est sensible à la lumière uniquement. Pas de lumière = pas d’information = pixel noir, trop de lumière = trop d’information = pixel blanc.

Dans notre cas, à part les éclairs, on aura sans doute très peu de lumière ambiante. Donc votre premier plan sera sombre, et probablement sous exposé. Ainsi, lui « mettre un petit coup de lampe » permet de le rendre plus visible aux « yeux » de l’appareil photo. C’est une technique qu’on utilise aussi en astrophotographie d’ailleurs.

Un filtre anti-UV

Comme on l’a déjà vu, il va pleuvoir, et je conseille donc fortement d’apporter des chiffons microfibre ainsi qu’une housse imperméable.

Certains photographes équipent leur appareil photo d’un filtre anti-UV pour protéger la lentille frontale des chocs ou de la pluie. Par ailleurs, si une petite particule dure se trouve sur la lentille frontale de l’objectif, et que vous la faite bouger avec un coup de chiffon, vous pourriez rayer l’objectif.

Alors, ne tombez pas dans la paranoïa, il y a peu de chance que ça se produise. Mais si vous essuyez souvent l’objectif, ce risque augmente quand même sensiblement. Dans tous les cas, le filtre anti-UV permet de protéger l’objectif.

Remarque

Il est aussi possible que le filtre anti-UV créait des images fantômes ou des reflets à cause la forte lumière des éclairs, comme pour les phares des voitures en photo de nuit. Soyez vigilant à ce propos.

Un déclencheur automatique

Un déclencheur automatique est un matériel photographique spécialisé qui va envoyer un signal à votre appareil photo dès qu’un éclair déchire le ciel. C’est un peu le même principe que les caméras animalières qui se déclenchent au moindre mouvement.

Un autre avantage est que vous pourrez vous éloigner de votre appareil photo et vous rendre dans un endroit plus abrité. Tandis que l’appareil continuera à prendre bravement des photos comme si vous étiez juste à côté de lui (il risque de vous faire la gueule quand il se rendra compte de la supercherie en revanche).

Ce type de dispositif permet d’éliminer le côté aléatoire de ce type de photo. Mais en pratique cet appareil ne fonctionne jamais à 100%, et il faut tout de même avoir un peu de chance avec sa composition.

Donc voilà, vous avez l’information, à vous de tester si ça vous intéresse (mais ça coûte assez cher en général).

Si vous faites beaucoup de photos d’éclairs, ou comptez vous spécialiser dans ce type de photo, ça pourrait être un investissement pertinent.

Un intervallomètre

C’est utile si vous décidez de prendre vos photos d’orage avec la méthode du time lapse (dont je vous parlerai plus pas) et si votre appareil photo n’a pas de fonction time lapse.

À ne pas prendre en photo d’orage

Une très grande tige métallique humide.

https://unsplash.com/fr/photos/2cDIzRnVq0Q

Le meilleur moment pour prendre des éclairs en photo

D’un point de vue calendaire, en France, la période où il y aurait le plus d’orage serait durant les périodes chaudes / caniculaires, vers juillet – août.

Au niveau de la journée, le coucher de soleil peut être un superbe moment qui va vous donner une ambiance différente de la plupart des photos d’éclairs (qui sont souvent prises la nuit). La lumière particulière de cette heure-ci va donner des couleurs de fonds incroyables pour vos éclairs.

Et vu qu’il restera encore pas mal de lumière, ça vous offrira aussi l’opportunité de ne laisser votre obturateur ouvert que quelques secondes ce qui limite l’échauffement du capteur, votre environnement sera plus visible ce qui facilite son exposition, et vous aurez moins de bruit numérique sur la photo.

La contrepartie de photographier quand il reste de la lumière c’est que les éclairs seront moins visibles, et le temps de pose plus court laisse moins de chance d’attraper un éclair sur ses photos. C’est pour ça que la nuit, même si c’est plus classique visuellement, est préférée pour la photographie d’éclair.

https://unsplash.com/fr/photos/5Mh8iz9vqpY

Trouver le bon endroit pour la photographie d’orages

Selon l’endroit où vous vivez, il sera plus ou moins facile de trouver des éclairs. Hop, voilà une petite carte du nombre de jours orageux par an en France.

Source : www.meteo-express.com – https://meteo-express.com/climatologie/climat-francais/orages-annuels
  • Plus c’est rouge, plus il y a de jours orageux par an.
  • Plus c’est beige, moins il y a de jours orageux par an.

Alors d’après météo Express, il y a un axe orageux “sud-ouest / Nord-Est”, ça serait la zone où il y aurait le plus d’instabilité météorologique, et donc d’orages et d’éclairs.

Bien sûr, vous pouvez aussi suivre les prévisions orageuses via la météo ou une application météo. Vous pouvez aussi suivre les prévisions en direct avec des sites comme zoom.earth.

Radar météo en direct zoom earth

Zoom earth est un radar en direct de la météo. En cliquant sur la gauche vous pouvez voir en direct diverses informations météorologiques : les vents, les précipitations, l’humidité, la température et la pression.

Pour information, un orage se produit quand :

  • la pression est basse (en dessous de 1 010 hPa, la valeur normale étant 1013,25 hPa) ;
  • le vent souffle (une tempête correspond à des vents moyens de 89 à 117 km/h et des rafales de 110 à 150 km/h selon Météo France) ;
  • l’humidité augmente (au-dessus de 80%).

Si vous avez ces conditions réunies sur votre source météo et qu’il fait très chaud depuis plusieurs jours, pas de doute : ça va péter !

Bon tout ça finalement c’est assez simple à savoir. Il suffit de bidouiller un peu sur internet. Le plus compliqué finalement c’est de trouver un endroit qui fonctionne bien pour la photographie d’orage. 

Généralement, un peu comme pour l’astrophotographie, vous chercherez à avoir un premier plan intéressant dans votre cadre. Et vous éviterez la simple photo prise depuis votre fenêtre (encore que, ça peut être pratique si vous avez un angle intéressant et le reflet des vitres c’est sympa, j’ai déjà testé).

Si vous voulez améliorer la qualité de vos photos de foudre comme un “pro”, alors va falloir les imiter.

Pour trouver un bon emplacement pour photographier la foudre vous devez apprendre à connaître le terrain, faire du repérage, étudier, anticiper et planifier à l’avance. Ce n’est pas quand l’orage éclate qu’il va falloir chercher un bon endroit dans la précipitation (sans jeu de mot).

NON !

Car non seulement ça sera une perte de temps, mais aussi potentiellement dangereux si vous êtes un peu paniqué(e) et que vous n’avez pas prévu d’endroit où vous abriter ou vous replier.

Le meilleur abris pour se protéger des orages

Une voiture c’est le top pour être à l’abris, car ses pneus sont de parfaits isolants. En plus de ça, c’est mobile. La voiture est l’un des outils phare du chasseur d’orage. Il leur arrive même souvent de photographier depuis leur voiture.

Donc au cours de vos diverses excursions pédestres autours de chez vous, gardez en tête de bons endroits que vous avez vu afin de pouvoir vous y rendre à tout moment pour photographier la foudre. Vous pouvez aussi vous servir de Google street view si vous avez la flemme de vous déplacer.

Si vous êtes en voyage en été, pensez à repérer de bons endroits pour photographier les orages au cas où… 

Le but, c’est de trouver un endroit avec une bonne vue d’ensemble sur une grande quantité de ciel, d’avoir une vue dégagée. Mais on cherche aussi à avoir quelques détails au premier plan intéressants à faible luminosité ou comme silhouette.

Et si vous n’avez pas de voiture, cet endroit doit comporter un abri. Je vous rappelle qu’un arbre n’est pas un abri, il attire plutôt la foudre. En fait la foudre a tendance à frapper ce qui le plus grand et le plus haut, donc tout élément qui a ces caractéristiques sont à fuir.

https://unsplash.com/fr/photos/1cJXplTxrmI

Les éclairs c’est bien, mourir foudroyé, c’est moins bien

Calculer sa distance de sécurité par rapport à l’orage

Bon alors, comme l’annonce ce titre, les éclairs sont dangereux. Mais pour être honnête, vous obtiendrez généralement de meilleures photos depuis l’extérieur. Alors dans cette partie on va voir comment maximiser sa sécurité quand on prend des orages en extérieur.

Déjà, pensez à prendre vos distances (comme avec votre ex), prenez vos photos depuis les bords de l’orage.

« Mais comment je fais pour rester au bord de l’orage ? »

Pour ça on va faire un petit calcul simple.

Le son se propage à une vitesse moyenne de 340 m/s.  Donc quand vous voyez un éclair vous comptez les secondes, quand vous entendez le bruit de l’éclair, vous arrêtez de compter. Vous multipliez le nombre de secondes comptées par 340, et vous avez votre distance par rapport à la foudre.

Cas concret. Je vois l’éclair tomber (je ne l’entends pas), je compte immédiatement « 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 » et là « CRAC »vous entendez la foudre. Vous faîtes donc le calcul suivant : 7 x 340 = 2 380 m. Vous êtes à peu près à 2 380 m de l’orage. Vous pouvez faire ce calcul régulièrement pour savoir si l’orage vous arrive dessus ou non.

Alors, oui il est possible que le temps que vous comptiez et que vous posiez votre retenu il soit déjà trop tard. Vous serez peut-être mort, mais vous aurez appris un truc, et ça c’est tout à votre honneur.

Les éclairs peuvent devancer l’orage de près de 15 km. Cela arrive rarement mais suffisamment pour vouloir se protéger rapidement. Une bonne distance de sécurité est de 6,8 km (donc 20 secondes entre l’éclair et son bruit). Mais attention à la direction de l’orage quand même.

Je vous mets ci-dessous un petit calculateur.

Les consignes de sécurité en cas d’orage

Si vous prenez des photos depuis votre jardin vous pouvez facilement vous replier chez-vous.

Pour les plus fougueux qui décideraient de s’éloigner de leur tanière : déplacez-vous en voiture et restez proche d’elle. Ses pneus en font un parfait isolant. La voiture close est donc un excellent abri anti-foudre.

Si par malheur vous vous retrouvez pris dans l’orage par surprise, ne vous abritez pas sous un arbre ou un poteau en métal, sauf si vous voulez finir au Darwin Award.

De manière générale tenez-vous à au moins 15 mètres de l’eau et des grands arbres, et évitez les endroits trop exposés, éloignez-vous d’au moins 100 m des sommets.

Ci-dessous je vous mets quelques recommandations ministérielles intéressantes que je tire du site mobile.gouv.fr. Pour plus de détails rendez-vous sur https://mobile.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-de-la-rubrique-Ma-securite/Se-proteger-en-cas-d-orage#:~:text=De%20bons%20abris%20prot%C3%A9geant%20contre,un%20pilier%20ou%20un%20mur.

  • « Il est impératif de ne jamais s’abriter sous un arbre, surtout si cet arbre est isolé ou ne fait partie que d’un petit groupe d’arbres. En pleine forêt, la position de moindre risque consiste alors à s’écarter le plus possible des troncs, et à éviter la proximité des branches basses. »
  • « En espace ouvert (champs, pré), ne portez aucun objet, en particulier métallique, qui émerge au-dessus de la tête: fourche, faux, club de golf… Surtout ne jamais s’abriter sous un parapluie ouvert.[…] Le risque de foudroiement d’une structure quelconque augmente en effet avec le carré de sa hauteur; un objet qui surélève de 1,4 fois la hauteur d’une personne double le risque. En outre, tout objet métallique pointu et allongé favorise le foudroiement. »
  • « Des personnes se trouvant en groupe doivent s’écarter les unes des autres d’au moins 3 mètres »
  • « Il faut penser à s’écarter de toute structure métallique, notamment de pylônes, de poteaux, de clôtures, afin de ne pas être victime d’une électrocution par « tension de toucher » « .
  • « Ne jamais se tenir debout les jambes écartées, ni marcher à grandes enjambées lorsqu’on se trouve sous un orage. On risque alors d’être commotionné, voire électrocuté, par une « tension de pas ». La meilleure position consiste à se pelotonner au sol, après avoir étendu sous soi un ciré ou toute autre pièce en matière isolante (par exemple en plastique). Même si l’on ne dispose pas de pièce isolante, la position couchée, jambes repliées sous soi, reste la position de moindre risque ».
  • « De bons abris protégeant contre la foudre sont de huttes de pierre. on s’abritera également dans une église ou une chapelle; mais si ces édifices ne sont pas protégés par un paratonnerre, il faut s’abstenir de s’appuyer contre ou de toucher un pilier ou un mur. […] il faut éviter de s’abriter dans un hangar »
  • « La première précaution évidente que doit prendre un alpiniste est donc de s’éloigner des pointes et des arêtes dès les premiers signes avant-coureurs d’un orage : lorsqu’il entend le bourdonnement ou le bruit d’abeilles caractéristiques de « l’effet de couronne », le champ électrique ambiant est déjà intense, et il faut de toute urgence quitter les crêtes. »
  • « Il peut être dangereux de s’abriter dans une petite anfractuosité ou une petite grotte: en restant debout près de l’entrée, on risque de provoquer l’amorçage d’un arc électrique entre le plafond et la tête, et en s’appuyant au fond, on risque d’être traversé par un courant dérivé. Se tenir accroupi le plus loin possible du plafond, des parois et du fond. »
https://unsplash.com/fr/photos/E-Zuyev2XWo

La pluie, ça mouille

Vous chassez les éclairs, que l’on trouve lors des tempêtes. Et qui dit tempête dit vent et surtout pluie !

Si vous êtes près de votre ciel orageux vous allez sans doute lever votre appareil et vous aurez probablement de petites gouttes qui viendront tranquillement se poser à la surface en verre de votre objectif. D’ailleurs, même sans ça, vous aurez probablement des gouttes d’eau sur votre objectif.

Le problème c’est que ces gouttes vont complètement déformer vos clichés. D’ailleurs ça a tendance à beaucoup plus affecter les objectifs grand angles à cause leur objectifs bombés et leur distorsion plus prononcée.

Pour pallier ce désagrément (je sais, l’eau est à l’origine de la vie, mais qui ici nous fait bien chier), pensez à apporter de quoi essuyer votre objectif. J’en parle déjà dans la partie matériel : une serviette pour l’appareil photo et des chiffons microfibre pour la lentille frontale.

Jetez quelques petits coups d’œil réguliers à l’avant de l’objectif, et essuyez quand c’est nécessaire.

« Mais ces petites gouttes d’eau, ça peut aussi être un style post-moderne iconoclaste vegan sans gluten sauce mayonnaise ketchup oignon, non ? »

Oui vous pourrez dire ça à vos proches et vos followers Instagram, mais je saurais que c’est de la négligence ! AHA !

Si il y a vraiment trop de pluie, il va falloir penser à investir dans une housse imperméable, ou vous créer de quoi seller votre équipement et l’imperméabiliser. Comme ça vous aurez l’esprit tranquille et pourrez vous concentrer sur votre art. (Je parle de la housse imperméable dans la partie matériel).

https://www.pexels.com/fr-fr/photo/coup-de-foudre-sur-la-ville-1114688/

Les réglages pour la photo d’éclair

Pour les réglages, eh bien, ça peut être un peu n’importe quoi. Ça va vraiment dépendre de l’intensité lumineuse de vos éclairs. Donc ici je vais vous donner quelques réglages repère que vous devrez ajuster avec le temps. 

Format de prise de vue

RAW. C’est un style de photo où l’exposition est compliquée et aléatoire. C’est pour cette raison que je vous conseille de photographier en RAW qui va vous permettre de collecter un maximum de données pour pouvoir développer votre photo. Alors, ça n’a rien de magique, car en numérique l’exposition se fait à la prise de vue uniquement, mais disons que ça vous donne le maximum de potentiel pour « compenser » cette exposition incorrecte. Ça va notamment nous permettre de jouer avec le curseur « Hautes Lumières » si on souhaite mieux définir nos éclairs (j’y reviens dans la partie post-traitement en fin d’article).

Mode de prise de vue

De nuit, de préférence il faudrait sélectionner le mode bulb, ou éventuellement le mode time lapse. En journée, le mode time lapse nous sera utile.

Si vous n’avez aucun des deux, dans ce cas choisissez le mode priorité à la vitesse. Je reviens plus en détail sur ce point dans la partie juste en-dessous.

ISO

Vous pouvez essayer avec les ISO les plus bas possibles comme 100-200 ISO. Des ISO bas limitent le bruit numérique et l’aspect granuleux qu’il peut provoquer sur vos photos.

Ouverture

Commencez autour de f/8. Dans les situations où vous avez un élément à intégrer au premier plan, vous devrez peut-être utiliser une petite ouverture (comme f/8) pour obtenir une plus grande profondeur de champ. Mais si vous n’avez rien de proche au premier plan, commencez avec une ouverture de f/5.6. Si l’ouverture est trop grande et que votre image semble surexposée, passez à f/8 ou plus fermé.

Si vous voulez jouer sur l’exposition avec l’ouverture voici la logique à suivre :

  • Si votre éclair est loin et qu’il n’est pas assez lumineux sur votre photo, élargissez votre ouverture (diminuer le chiffre f/) jusqu’à ce que les branches de l’éclair soient bien éclairées et visibles. 
  • Si malgré votre grande ouverture, on y voit autant que dans le cul d’un ours (comme le disent nos amis québécois), augmentez vos ISO.
  • Si la luminosité est trop importante et vous contraint à utiliser des ouvertures extrêmement petites comme f/16, alors votre meilleure option est d’utiliser un filtre ND pour réduire la quantité de lumière qui vient submerger votre capteur

Temps de pose 

Le temps que vous allez laisser votre obturateur ouvert va dépendre de la quantité de lumière ambiante et de ce que vous voulez inclure. Si il fait nuit noire vous pouvez laisser votre temps de pose courir pendant 10,20, 30 secondes ou bien même encore plus en mode bulb.

  • Un temps de pose longs (de 5 à 30 secondes, par exemple) vous donnera plus de chances de capturer des éclairs, voire même plusieurs éclairs. Cependant, une longue pose éclaircira également l’environnement (attention à ne pas surexposer).
  • Un temps de pose plus court (1 à 3 secondes, par exemple) vous donnera un premier plan beaucoup plus sombre si vous avez de la lumière ambiante, mais il sera plus difficile de prendre une photo avec des éclairs comme la fenêtre de prise de vue est plus courte.

Attention

Avec les appareils photos numérique, plus vous laissez votre obturateur ouvert plus le bruit aura tendance à s’accumuler, à cause notamment de la montée en température du capteur qui créera du bruit thermique.

Apprenez à connaître votre appareil pour connaître ses limites, zoomez sur vos photos en mode lecture, et si nécessaire utilisez la réduction de bruit sur Adobe Lightroom.

Mise au point

Avoir une bonne mise au point sera un défi probablement insurmontable pour votre mise au point automatique. Cela est dû au fait que la mise au point se repère souvent par rapport au contraste. sauf que de nuit ou en très basse lumière la mise au point automatique aura du mal à trouver un « point d’accroche ».

Pour la photo d’éclair, la mise au point sur l’infini (et au-delà !) ira bien. Pour ça plusieurs solutions possibles :

  • vous pouvez la régler manuellement en vous mettant sur le signe infini (8 penché) sur votre objectif ;
  • si vous n’avez pas de marquage infini, faîtes la mise au point sur un élément très lointain en automatique puis passez en mode manuel pour la bloquer. Faîtes directement la mise au point manuellement sur un élément lointain si l’AF ne fonctionne pas.

Prenez une photo d’essai, et assurez-vous que votre image est nette en zoomant sur l’écran LCD arrière.

https://unsplash.com/fr/photos/LYq7W1lRal4

Comment gérer l’exposition en photo d’orage

Comme pour le light painting, les feux d’artifice et les traînées de lumière l’exposition va être très aléatoire. Mais on va faire de notre mieux.

Gérer l’exposition quand on a un ciel lumineux

Déjà, rappelez-vous en numérique on expose pour les hautes lumières, c’est-à-dire, les parties les plus claires de la photo. Donc, si vous photographiez alors qu’il reste de la lumière, mesurez l’exposition pour le ciel en mesure spot, qui sera la partie la plus lumineuse. Pensez bien à bloquer la mesure de l’exposition, et à régler le temps de pose adéquate (entre 1 et 3 s pour commencer comme on l’a vu), compensez en fermant l’ouverture si nécessaire pour pouvoir allonger le temps de pose.

Faîte une photos tests.

Le but est d’avoir sur l’histogramme une bosse sur la droite non coupée, c’est ce qui s’appelle « exposer à droite », cela permet d’optimiser un peu l’exposition. Je rappelle, que c’est l’histogramme n’est pas un outil de la mesure de l’exposition, c’est très imprécis. Mais faute de mieux on fait avec ! Par ailleurs ça n’a d’intérêt que si vous photographiez en RAW et faîtes du développement.

Exemple d’histogramme quand on « expose à droite », on a une bosse sur la droite non coupée.

Si la bosse est trop à gauche il va falloir exposer plus pour la mettre à droite :

  • soit en allongeant le temps de pose, ce qui augmente les chances de capturer un éclair, mais peut aussi échauffer le capteur et produire du bruit thermique ;
  • soit en élargissant l’ouverture (chiffre f/ plus petit), ce qui va réduire la profondeur de champ, ce n’est pas un problème si vous photographiez les éclairs de manière isolée et cadrée, ça peut être un problème en photo de paysage, notamment si vous souhaitez inclure un premier plan ;
  • soit en augmentant les ISO (ce qui risque de rendre le bruit numérique visible).

Si la bosse est trop à droite et qu’elle est coupée, il va falloir exposer moins pour la mettre un peu plus à gauche :

  • soit en raccourcissant le temps de pose, ce qui diminue les chances de capturer un éclair, mais évite d’échauffer le capteur et de produire du bruit thermique ;
  • soit en rétrécissant l’ouverture (chiffre f/ plus grand), ce qui va réduire augmenter profondeur de champ, ce qui est bien en photo de paysage, notamment si vous souhaitez inclure un premier plan ;
  • soit en diminuant les ISO (ce qui diminue les risques rendre le bruit numérique visible).

Ça devrait vous permettre d’avoir le ciel correctement exposé. Les éclairs seront bien plus lumineux et se détacheront. Et au post-traitement vous pourrez diminuer les hautes lumières pour faire ressortir les éclairs.

Remarque

Si le ciel est vraiment très clair, vous pouvez utiliser un filtre neutre gradué et mettre la partie filtrante sur le ciel, comme on peut le faire pour la photo de paysage par temps couvert. Cela permet d’équilibrer la luminosité, d’avoir une gamme dynamique plus réduite et de permettre la capture de plus de détails dans la photo.

Gérer l’exposition quand on a un ciel nocturne

Pour le ciel nocturne, rien de plus que ce que j’ai écrit juste au-dessus pour le temps de pose. Les éclairs sont très lumineux par nature, donc vous devriez bien les voir sur vos photos.

Ici on ne peut pas se servir de l’histogramme, on aura rien de lumineux en guise de haute lumière pour se repérer.

Les éclairs ne tombent pas au même endroit, et si il n’y a pas de lumière ambiante, il ne devrait donc pas avoir de risque de surexposition dû à un temps de pose trop, car aucune lumière ne s’ajoutera en plus sur le capteur. Donc,

  • si vous trouvez vos éclairs trop lumineux, diminuez les ISO ou réduisez l’ouverture ;
  • si vous trouvez vos éclairs trop lumineux, agrandissez l’ouverture (profondeur de champ réduite, embêtant en paysage et si on a un premier plan ou augmentez les ISO (risque de bruit).

https://www.pexels.com/fr-fr/photo/photo-de-la-foudre-1114690/

Différentes techniques de prise de vue pour capturer des éclairs

1ère technique : le time lapse

Une des techniques possibles est de faire un time lapse avec votre appareil photo en gardant l’intervalle de prise de vue entre chaque photo le plus court possible. De cette manière vous augmentez les chances de prendre en photo un éclair.

Certains appareils photo sont équipés d’une fonctionnalité de time lapse que l’on peut trouver dans les menus. Si ce n’est pas votre cas il vous faudra investir dans un intervallomètre.

En gros, ce qui nous intéresse ici, ce n’est le time lapse en soi, mais plutôt le fait de prendre des photos régulièrement. On espère que dans le tas il y aura une photo avec un éclair.

En journée c’est une excellente technique, elle évitera la surexposition et vous n’aurez pas grand chose à faire. Il faudra faire une photo test avant de lancer le timelapse pour vérifier l’exposition.

Je ne vais pas détailler ici comment on fait, j’ai déjà écrit un guide complet sur le time lapse ici.

Remarque

Je vous disais que le but n’était pas vraiment de faire un time lapse, mais vu que vous allez prendre de nombreuses photos, avec le même cadrage les unes à la suite des autres, ça peut-être intéressante de les importer dans un logiciel de montage vidéo et de les mettre dans le bon ordre pour créer un time lapse haute résolution !

2ème technique : le mode Bulb

Une autre technique qui peut aussi fonctionner c’est de passer en mode Bulb. Ce mode peut se trouver sur la roue des prises de vue à la lettre « B ».

Mode bulb « B »

Vous pouvez aussi y accéder en mode manuel ou priorité à la vitesse d’obturation, une fois le mode sélectionné vous allez régler le temps de pose au-delà de 30 s, le mot « bulb » s’affichera.

« Mais, ça fonctionne comment le mode Bulb ? »

En mode Bulb, dès que vous appuyez sur le bouton pour prendre une photo l’obturateur reste ouvert (donc la lumière passe), et dès que vous relâchez le bouton, l’obturateur se ferme et l’exposition s’arrête. Donc en mode Bulb, l’obturateur restera levé tant que vous le souhaitez en restant appuyé sur le déclencheur. 

« Ok, mais c’est quoi l’intérêt du mode Bulb pour la photo d’orage ? »

Les éclairs de jour sont les plus difficile à capturer. Vous serez toujours entrain de vous démener pour avoir votre temps de pose de la bonne durée pour ne pas les surexposer. En effet, dans un mode classique de prise de vue, comme la priorité à la vitesse on est cantonné à une durée. Par exemple si on règle sur 10 s, on n’a pas le choix on doit attendre 10 s. Ce n’est pas un mode de prise de vue très flexible, et on n’est même pas sûr d’avoir un éclair sur notre photo.

En mode bulb vous pouvez faire vos réglages, puis lancer l’exposition, et l’arrêter dès qu’un éclair survient ou dès que votre exposition devient trop longue.

Remarque

Généralement au-delà de 2 min 30 d’exposition, vous obtiendrez des pixels chauds. Quand votre capteur chauffe, du bruit thermique ce créé.

L’avantage de cette technique en mode bulb est que vous allez prendre moins de photos comparé à la méthode du time lapse. Vous aurez aussi plus de chance d’avoir un éclair sur chaque photo, donc un meilleur taux de succès. Ça vous fera bien moins de tri à la maison !

Par ailleurs, une exposition qui dure plus longtemps permet aussi d’inclure plus de lumière ambiante dans votre photo. Cela va permettre de mieux exposer les zones sombres, habituellement sous-exposées et pleines de bruit numérique. Mais une longue pose peut aussi entraîner une surexposition, notamment dans le ciel si vous photographiez quand il fait encore jour, ce qui rendra d’ailleurs les éclairs moins visibles.

En mode bulb si votre trépied est assez stable, que vous avez un objectif court et que vous avez le doigté léger d’un proctologue, vous pouvez toucher directement votre appareil pour contrôler l’exposition. Mais si vous utilisez un objectif long et que vous comptez appuyer plusieurs secondes, optez plutôt pour un déclencheur à distance pour éviter d’intégrer du flou de bougé à vos photos.

Remarque

Le mode bulb permet aussi de faire des expositions multiple et d’additionner les éclairs sur une même photo, comme pour les photos de feu d’artifice.

3ème technique : le déclencheur automatique

Utiliser un déclencheur d’éclair vous permet, comme avec le mode bulb, d’avoir moins de photos à trier et un meilleur taux de réussite. Je vous ai déjà présenté ce dispositif dans la partie matériel.

Les inconvénients sont que :

  • ce type de matériel peut se révéler onéreux ;
  • trouver le bon déclencheur automatique n’est pas évident ;
  • ce n’est pas totalement fiable, donc vous n’êtes même pas sûr d’améliorer votre taux de réussite.

À moins d’être un professionnel spécialisé dans la photo d’orage, je vous conseille plutôt d’utiliser les 2 autres méthodes du dessus.

4ème technique : utiliser la vidéo

Pour capturer vos éclairs vous pouvez aussi tester de… tourner une vidéo. Oui, ça vous paraît peut-être étrange de prime abord, mais après tout une vidéo est une suite de photos.

Vous pouvez importer votre vidéo dans un logiciel de montage, la regarder image par image et voir si vous avez une bonne prise là-dedans.

Si c’est le cas, les logiciels de montage ont généralement un bouton qui va vous permettre d’enregistrer une image, utilisez-le.

Attention aux modes vidéos à entrelacement d’images. Avec ce type de vidéo, il est probablement possible que vous obteniez des photos avec des expositions partielles sous forme de rectangles lumineux.

https://www.pexels.com/fr-fr/photo/coup-de-foudre-pendant-la-nuit-371838/

Composition & plage dynamique

Les éclairs de nuit sont bien plus faciles à capturer. Le plus difficile, de nuit, sera de composer car vous prenez des photos dans l’obscurité totale et vous ne pouvez pas voir ce que vous faîtes. 

Il y a aussi le dilemme de la profondeur de champ :

  • d’un côté il faudra ouvrir assez grand pour laisser passer assez de lumière (ce qui diminuera la profondeur de champ) ;
  • d’un autre côté, si vous voulez une grande zone de netteté acceptable sur votre photo (donc une grande profondeur de champ), il faudra réduire votre ouverture (ce qui signifie capturer moins de lumière).

De plus c’est le genre de scène qui va avoir très grande plage dynamique parce que vous allez avoir des éclairs très brillants (même blancs) et des ombres très sombres. Et avec ce type de scène il est impossible d’obtenir des tailles dans toutes les zones de la photo. On va exposer pour les éclairs (ou le ciel si il fait encore jour). Ce qui que le reste de la photo sera sombre et sans trop de détails.

Ce que vous pouvez faire c’est trouver des éléments à mettre en premier plan pour en obtenir des silhouettes. Ça vous aidera parce qu’il ne sera pas nécessaire d’avoir des tonnes de détails dans ces ombres (vu que vous créerez juste une silhouette).

En composant, assurez-vous que votre ciel couvre la majeure partie de l’image. Il se peut que ce cadrage ne soit pas très beau quand vous allez regarder dans le viseur au début, mais une fois que la foudre frappe, votre sujet devient évident : c’est l’éclair. Visez entre 60 à 80 % de ciel pour 20 à 40 % de sol, la règle des tiers n’est pas forcément de mise ici.

Comme on ne sait jamais vraiment où la foudre va frapper, une bonne pratique est de composer vos photos plus larges que ce que vous feriez classiquement afin de pouvoir recadrer la composition plus tard au post-traitement

Imaginez, vous êtes là, vous avez planifié, vous vous êtes installé, vous passez 3 heures sous la pluie. Résultat des courses : vous avez 3-5 photos bonnes. Mais dans le tas vous avez 4 photos avec des éclairs coupés.

Tristesse. Désarroi. Mélancolie.

Donc on veut éviter ça : élargissez votre angle de champ pour élargir votre cadre. Donnez-vous une certaine marge de manœuvre dans la composition en prenant des photos avec une distance focale légèrement plus courte en incluant un peu plus de ciel dans votre photo.

Attention

Certains éléments ou objets paraissent négligeable, voire invisible tant que la foudre ne frappe pas. Mais quand ça s’illumine, ce n’est plus la même. Alors restez vigilant à ce propos !
https://unsplash.com/fr/photos/6ACcbfIycEg

Comment se passe la prise de vue de photos d’orage

Je vais récapituler ici comment on prend concrètement une photo d’orage.

1-Réunir le matériel nécessaire (voir la partie matériel).

2-Faire du repérage, et guetter la météo, notamment l’été quand il a fait très chaud (voir la partie sur trouver le bon endroit et le bon moment).

3-Prendre la photo de chez soi (ou pas loin), ou se déplacer de préférence en voiture. Essayez de garder une distance de sécurité d’environ 7 km soit 20 s entre l’éclair et son bruit (voir la partie sur la sécurité).

4-Installez votre trépied, connectez le déclencheur ou l’intervallomètre ou le déclencheur automatique (en fonction du choix de votre technique), équipez l’appareil photo de sa plus belle housse de pluie. Cadrez et composez.

5-Faîtes vos réglages, commencez à : ISO 100, une ouverture entre f/5.6 (isolation, peu de lumière, pas de premier plan) et f/8 (paysage, assez de lumière, premier plan) et un temps de pose entre 1 et 3 secondes (voir la partie sur les réglages).

6-Prenez une photo test. Et ajustez l’exposition pour les nuages si ils sont lumineux (voir la partie sur la gestion de l’exposition).

7-Quand tout semble ok vous allez pouvoir lancer le time lapse, le déclencheur automatique ou enchaîner vos prises de vue en mode bulb (voir la partie sur les différentes techniques de prise de vue).

8-Rentrez fièrement chez vous, et post-traitez (voir la partie sur le post-traitement ci-dessous).

Remarque

Pensez bien que si vous arrivez quand il fait jour, avec le temps qui passe il va faire de plus en plus sombre. Vous allez devoir régulièrement allonger de plus en plus votre temps de pose pour récupérer de l’exposition (ou ouvrir plus ou augmentez les ISO).
https://unsplash.com/fr/photos/AEP2CXjfjlM

Le post-traitement, c’est maintenant !

Après toute cette aventure éreintante, il est temps de valoriser votre photo à coup de curseurs, de lignes de codes et de scripts ! Oui c’est l’heure du post-traitement (sous Adobe Lightroom par exemple).

Réglages globaux :

  • activez la correction de la déformation de l’objectif ;
  • vous pouvez titiller la température de la lumière avec le curseur ou la pipette, si par exemple vous voulez rendre la composition plus réaliste vous allez refroidir l’image en l’amenant votre curseur vers le bleu, vous pouvez aussi toucher un peu la teinte ;
  • le curseur intéressant ici c’est celui des hautes lumières que vous pouvez réduire pour donner une forme un peu plus nette à vos éclairs surexposés ;
  • débouchez un peu les ombres (mais pas trop sinon le bruit peut devenir trop visible) en mettant un peu le curseur d’ombre vers la droite ;
  • vous pouvez diminuer un peu la clarté ;
  • pour finir, ajoutez un peu de vibrance et un poil de saturation si nécessaire.

Pour le ciel

Je vous conseille d’appliquer un filtre gradué pour un réglage localisé sur le ciel. Le but sera d’accentuer les détails pour le rendre plus menaçant (c’est comme vous voulez mais en général ça marche bien). Pour cela :

  • augmentez le contraste avec le curseur contraste ou en faisant une courbe en S avec la courbe des tonalités ;
  • augmentez la clarté ;
  • augmentez les blancs ;
  • diminuez un peu la saturation ;
  • poussez le curseur luminance du volet « réduction de bruit » vers la droite, compensez avec un peu de netteté si besoin.

Pour le centre et le reste

Vous pouvez aussi appliquer un filtre radial vers le milieu de l’image, à la limite entre le ciel et le sol, en centrant le filtre sur les éléments du sol et en prenant en compte les éclairs. En inversant le masque tout sera impacté sauf ce qu’il y a dans le filtre. Vous pouvez par exemple :

  • augmenter la clarté ;
  • augmenter un peu le contraste ;
  • plus en bas dans le panneau « Teinte Saturation Luminance », dans « Saturation », vous pouvez désaturer complètement du vert et du jaune pour refroidir la photo (plus simple que de la mettre au congélateur) ;
  • dans le panneau détail vous pouvez augmenter la quantité, diminuer le rayon, augmenter le détail et augmenter le masque.

Stacking

Si vous comptez faire du stacking de plusieurs photos n’oubliez pas de copier coller les réglages sur toutes vos autres photos.

Le stacking

Comme on l’a vu avec de longues poses on peut additionner les éclairs. Au post-traitement c’est aussi possible, vous pouvez obtenir une photo avec de multiples éclairs avec le “stacking”, ou « l’empilage » (en français).

  • Donc après avoir capturé une suite de photos avec le même cadrage, allez dans vos fichiers développés avec les mêmes réglages, il vous faudra ensuite les importer dans votre logiciel comme Photoshop par exemple.
  • Disposez les calques les uns en dessous des autres.
  • Ensuite choisissez une option de fusion qui convienne, “éclaircir” et “superposition” fonctionnent bien en général.
  • Photoshop va donc empiler toutes vos photos.

Parfois, vous obtiendrez des artefacts numériques au niveau des nuages et d’autres fois, si vos éclairs sont propres, ils se superposent parfaitement

https://unsplash.com/fr/photos/mnXt81sG68E

Conclusion

Nous arrivons à la fin de cet article sur les éclairs. Retenez bien que la sécurité c’est le plus important. J’espère que ça vous a plu et que vous prendrez de superbes photos d’orage et d’éclairs.

Moi je vous laisse ici à vos photos d’éclairs et je vous dis à bientôt sur les internets MONDIAUX !

J’ai aussi une chaîne YouTube !

  • Merci beaucoup pour cet excellent article, clair ,et émanant d’une personne compétente et directe. Cordialement. Lionel

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